Sécheresse : 2022, une année déjà historique

Sécheresse record : les agriculteurs français peinent à nourrir leurs animaux

Léa Prati | Reportage M. Giraud, R. Hellec
Publié le 3 août 2022 à 19h23, mis à jour le 3 août 2022 à 19h33
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Source : JT 13h Semaine

La sécheresse et les restrictions d'eau sont un casse-tête pour les agriculteurs et les éleveurs qui peinent à nourrir leurs animaux.
Ils font déjà face à une baisse des rendements et craignent une pénurie de fourrage pour l'hiver.

Forêts brûlées, lacs et étangs asséchés, inondations : les images de paysages ravagés par la sécheresse se multiplient en France et dans le monde. "Le mois de juillet 2022 est le plus sec que nous avons eu depuis juillet 1959", a annoncé Météo France, dans un communiqué publié le 2 août. Et ces vagues de chaleur entraînent de lourdes conséquences, notamment sur les agriculteurs français. Particulièrement exposés au manque d'eau, ils peinent en effet à mener à bien leurs récoltes et à nourrir leurs animaux. 

Dans le Maine-et-Loire, les vaches d'André Leclerc, éleveur à Chambellay, n'ont plus de quoi se nourrir dans leur prairie, le sol et l'herbe y étant complétement asséchés. Il n'a quasiment pas plu depuis le mois de mai et les fortes chaleurs n'ont pas aidé. L'Hexagone a connu un déficit hydrique de 85% en juillet. L'éleveur tente alors de trouver d'autres solutions. "On les nourrit à l'auge. On puise sur les stocks qu'on a pu faire avec le maïs l'année précédente, explique-t-il. Je suis inquiet parce que c'est récurrent et il va falloir qu'on trouve une solution.". En temps normal, les éleveurs commencent à nourrir les bêtes avec du fourrage à partir d’octobre ou novembre, quand l’herbe n’est plus assez abondante. Son usage si précoce suscite l'inquiétude des agriculteurs qui craignent une pénurie pour l'hiver. 

Baisse des rendements

L'éleveur cultive aussi du maïs pour ses bêtes. Mais là aussi, la sécheresse provoque des conséquences désastreuses. "Beaucoup de pied de maïs, ne font pas d’épis du tout", regrette-t-il. C'est pourtant la période où la plante a le plus besoin d'eau. D'habitude, André irrigue. Mais depuis quelques jours, la préfecture du Maine-et-Loire l'interdit. En effet, mercredi 27 juillet, de nouvelles mesures de restrictions des usages de l'eau ont été prises. Parmi elles : l'interdiction d’irriguer en journée, pour les zones en alerte, à celle totale de prélever de l’eau, pour les zones en alerte renforcée – voire en crise. Un nouveau coup dur pour l'agriculteur qui n'a pas "arrosé depuis un mois". Le manque à gagner est conséquent :  "de 16 tonnes par hectares que je faisais en année normale, cette année on va peut-être récolter 7 à 8 tonnes de matière sèche, à l’hectare".

À quelques kilomètres de là, Hugues Sauloup déplore aussi la taille de ses pieds de maïs. Il estime qu'il va perdre 40% du maïs qu'il destinait à ses bovins. "En plus de ça, il n'y a pas de qualité. On sera obligé de complémenter avec des céréales ou de l'aliment acheté" qui, avec la flambée du prix des matières premières, reviennent à quasiment 50% plus chers que l’année précédente, explique-t-il. Face à la récurrence des sécheresses, ces agriculteurs envisagent de stocker l'eau lorsqu'elle est en surplus en hiver.

Au 1er juillet 2022, on observait déjà une baisse des rendements nationaux par rapport à la moyenne nationale 2016-2021 : moins 13,4% pour les pois protéagineux purs, -12% pour l'orge de printemps et -7% pour le blé dur. Pour aider les agriculteurs en difficultés, les ministres ont présenté, le 15 juillet lors d'un comité national sur la sécheresse agricole, un plan d'actions déployé autour de cinq axes principaux. "La résilience de notre monde agricole face aux effets de changement climatique est l’un des plus grands défis de notre siècle, il en va de la pérennité de nos productions et donc de notre souveraineté alimentaire. Nous ne lâcherons rien", a alerté Marc Fesneau, ministre de l'Agriculture lors de cette réunion. Parmi les priorités annoncées : anticiper les enjeux liés à l’alimentation animale pour la disponibilité du fourrage et l’abreuvement du bétail.


Léa Prati | Reportage M. Giraud, R. Hellec

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