Sécurité : après les ex-militaires, d'anciens policiers dénoncent une "situation gravissime" dans une pétition

La rédaction de LCI avec AFP
Publié le 14 mai 2021 à 18h52
Sécurité : après les ex-militaires, d'anciens policiers dénoncent une "situation gravissime" dans une pétition

Source : PATRICK KOVARIK / AFP

INITIATIVE - Dans une pétition adressée au président de la République, 93 policiers retraités demandent de "tout mettre en œuvre pour mettre fin à la situation gravissime que traverse la France". Pour le directeur général de la police nationale, l'initiative "fragilise l'institution".

Après les tribunes de militaires, voici la pétition d'anciens policiers. Dans un message adressé au président de la République, aux membres du gouvernement et aux parlementaires, 93 policiers retraités demandent "solennellement de tout mettre en œuvre pour mettre fin à la situation que traverse la France en matière de sécurité et de tranquillité publique".

Selon eux, l'autorité de l'État est actuellement "battue en brèche par des minorités violentes", tandis que "les lois ne sont plus appliquées dans les territoires perdus de la République". Ils réclament un réarmement "matériel, moral et juridique" des policiers "pour leur permettre de mener à bien leurs missions sans risquer leur vie à tous les coins de rue", ainsi qu'une réponse pénale "adaptée de manière que les condamnations soient réellement exécutées et à la hauteur". Plus de 28.000 signatures ont été récoltées au vendredi 14 mai.

"Votre initiative fragilise notre institution plus qu'elle ne la renforce"

Mais selon le directeur général de la police nationale (DGPN), Frédéric Veaux, cette pétition "fragilise l'institution". "Votre initiative fragilise notre institution plus qu'elle ne la renforce", écrit le DGPN dans un courrier daté du 12 mai, dévoilé par Europe 1 et consulté par l'AFP. Il rappelle également aux anciens policiers que leur statut ne les "exonère pas de l'obligation de réserve".

Le DGPN les invite à "prendre connaissance" des mesures prises par le ministre de l'Intérieur, qualifiées "d'avancées importantes". Elles donnent aux policiers "les moyens de leur autorité" et leur permettent d'"agir avec une meilleure efficacité", argumente Frédéric Veaux.

Au sujet de la réponse pénale, il les renvoie vers les "récentes annonces" du gouvernement, qui sont "de nature à faire évoluer positivement les choses" et à "répondre aux attentes de nos concitoyens et des policiers". "La police nationale a plus que jamais besoin aujourd'hui de confiance en elle, d'unité, de cohésion dans ses rangs, sans esprit partisan", écrit encore le DGPN. "Il me semble que nos aînés pourraient y contribuer par un discours constructif et fédérateur."

Jean Castex a annoncé lundi 10 mai un durcissement des peines encourues par les agresseurs de policiers et de gendarmes, sous la pression de syndicats de police en colère, dans le contexte du meurtre d'un policier à Avignon. Le gouvernement s'est engagé à faire passer à 30 ans la peine de sûreté pour les personnes condamnées à perpétuité pour un crime commis contre un policier ou un gendarme, à limiter strictement les réductions de peine pour les agresseurs des forces de l'ordre et à créer un "délit spécifique".  Le rappel à la loi, décrié par les policiers, sera abrogé pour être remplacé par des travaux d'intérêt général ou des amendes forfaitaires. Chaque parquet devra en outre désigner "un référent de la réponse pénale  responsable de l'amélioration de la réponse pénale lorsque l'agression concerne un policier ou un gendarme".


La rédaction de LCI avec AFP

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