Le monde du travail reste perçu comme inégalitaire et sexiste, selon un nouveau baromètre.
Plus des trois quarts des femmes ont notamment été exposées à des blagues sexistes dans ce cadre.
4 sur 10 ont reçu des compliments sur leur physique qui les ont mises mal à l’aise.

Si le sexisme ordinaire au travail recule lentement, le chemin est encore long pour en finir avec cette forme de discrimination. 8 femmes sur 10 estiment ainsi que les attitudes et décisions sexistes sont "régulières au travail", selon le deuxième baromètre publié jeudi 15 juin par le collectif d'entreprises Stop au sexisme ordinaire en entreprise (#StOpE).

Dans le détail, 79% des femmes interrogées et  57% des hommes considèrent que "les femmes sont régulièrement confrontées à des attitudes ou des décisions sexistes dans le monde du travail". Une proportion en léger recul par rapport au premier baromètre en 2021, lorsque ce taux atteignait respectivement 82% et 60%. 

Blagues sexistes et propos dégradants

En outre, plus des trois quarts des femmes et deux tiers des hommes ont été exposés à des blagues sexistes dans leur environnement de travail, tandis que 6 femmes sur 10 ont déjà entendu des propos dégradants s'appuyant sur des représentations stéréotypées de la féminité (-8 points par rapport à 2021). 4 femmes sur 10 ont par exemple reçu des compliments sur leur physique ou leur tenue vestimentaire qui les ont mises mal à l’aise. 

S'agissant de la maternité, près de 7 sondées sur 10 font état de propos qui montrent qu'elle continue d'être perçue comme un "problème" pour l'entreprise et un "handicap" dans la carrière des femmes. Soit une proportion égale à 2021. Chez les plus jeunes, les femmes de moins 35 ans font autant face au sexisme ordinaire que leurs aînées et 6 sur 10 disent mettre en place des "stratégies d’évitement".

Pour 53% des femmes, les entreprises ne s'impliquent pas assez

Parmi les personnels de direction, une femme manager sur deux déclare également avoir été confrontée à des attentes de qualités et de comportements managériaux spécifiques du fait de son genre.

À noter enfin que pour 53% des femmes et 32% des hommes, les entreprises ne s'impliquent pas suffisamment dans ce combat. Jugement encore plus sévère à l'égard de l'État, qui n'en fait pas suffisamment, selon 60% des femmes et 39% des hommes.

Pour rappel, l'initiative #StOpE a été lancée en 2018 par Accor, Ernst & Young et L'Oréal, rejoints depuis par quelque 200 entreprises et organisations, afin notamment de "mesurer et mettre en place des indicateurs de suivi pour adapter la politique de lutte contre le sexisme ordinaire".

* Méthodologie : ce baromètre a été établi à partir d'une consultation auprès de grandes entreprises françaises membres de #StOpE, menée par internet du 6 mars au 15 avril auprès de 88.560 salariés, et d'un sondage national mené aux mêmes dates auprès d'un échantillon représentatif de 1.000 salariés d’entreprises publiques et privées (hors salariés de la fonction publique) de 200 salariés et plus.


A. LG avec AFP

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