SNCF : un modèle économique "dans l'impasse" ?

La rédaction de TF1info
Publié le 9 mars 2022 à 22h16, mis à jour le 10 mars 2022 à 17h12
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

Un rapport rédigé par deux sénateurs et présenté ce mercredi à la commission des finances du Sénat dresse un bilan sévère du modèle économique de la SCNF et, plus largement, du secteur ferroviaire.
Selon ce document, la compagnie souffre d'un "déficit de compétitivité".
Les sénateurs estiment que le groupe doit "faire sa révolution".

La SNCF irait-elle droit dans le mur ? Un rapport sénatorial présenté ce mercredi matin à la commission des finances du Sénat dresse un constat fracassant du modèle économique du groupe et du secteur ferroviaire en général. Selon Stéphane Sautarel (LR) et Hervé Maurey (Union centriste), les deux auteurs du rapport, le mécanisme est "dans l'impasse", incapable de permettre le redressement du groupe public et d'assurer la modernisation du réseau.

Un modèle "ni sain, ni viable"

Ce "modèle de financement, qui fait dépendre la situation et les perspectives financières de SNCF Réseau ainsi que le renouvellement des infrastructures ferroviaires, des bénéfices de SNCF Voyageurs et du TGV, n'est ni sain, ni viable et les conséquences de long terme de la crise sur la profitabilité de la grande vitesse pourraient en affecter l'équilibre", écrivent les rapporteurs. Or, SNCF Voyageurs n'a dû sa survie qu'aux concours des régions et d'Île-de-France Mobilités pendant la crise sanitaire. 

La hausse du prix des péages ferroviaires risque de faire dérailler la SNCF

La compagnie publique souffre, selon Hervé Maurey (Union centriste, Eure) et Stéphane Sautarel (LR, Cantal), d'un "déficit de compétitivité". Sa dette a augmenté, ses investissements se sont effondrés et le poids croissant des péages –  les droits de passage pour faire passer les trains – pose la question de leur soutenabilité à moyen terme, insistent-ils.

Plus généralement, la hausse annoncée des péages, de 3,6% par an ces prochaines années, les inquiète, alors qu'ils sont déjà les plus élevés d'Europe. "Ce n'est pas ça qui va favoriser l'offre", a relevé Hervé Maurey devant des journalistes, prônant une remise à plat du mode de financement du réseau.

Une "révolution" attendue

La SNCF doit, selon les deux sénateurs, "faire sa révolution" et réaliser "d'importants gains de productivité" en supprimant davantage d'emplois, en assouplissant l'organisation du travail et en rendant les cheminots plus polyvalents. Tant côté Réseau que Voyageurs.

Quant à l'État, il doit avoir les moyens de ses ambitions, disent-ils, regrettant les "injonctions contradictoires" fréquentes du gouvernement. "Le déficit d'engagements financiers dans les infrastructures ferroviaires est manifeste", accusent-ils, pointant en particulier le manque d'ambition du "contrat de performance" qui doit être signé avec SNCF Réseau.

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Il faut selon eux "sortir SNCF Réseau du groupe SNCF", afin qu'il puisse "être rendu réellement indépendant de l'opérateur historique", et lui donner davantage de moyens pour rénover et moderniser le réseau.


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