Les opérations de recherche se poursuivent ce mardi pour retrouver le sous-marin touristique partis visiter l'épave du Titanic, au large de l'Amérique du Nord.
L'océanaute français Paul-Henri Nargeolet, grand spécialiste du Titanic, figure parmi les cinq passagers qui se trouvent à bord du petit submersible.

Grand spécialiste du Titanic, Paul-Henri Nargeolet a plongé sur le site où repose le mythique paquebot des dizaines de fois. A trente-cinq reprises, avec celle en cours. L'océanaute français se trouve à bord d'un petit sous-marin touristique Titan, porté disparu depuis le 18 juin alors qu'il visitait l'épave du Titanic, au large de l'Amérique du Nord. Cumulant à lui seul plus d’une centaine d’heures d’observations, l'explorateur avait annoncé dimanche sur son compte Instagram qu'il participait à une expédition opérée par la société américaine OceanGate. Il apparaît d'ailleurs sur une photo (en veste jaune) postée par l'opérateur de l'expédition touristique, trois jours avant le départ. 

Expert de la plongée en eaux profondes, il est notamment connu pour avoir participé, le 25 juillet 1987, à la toute première expédition de récupération d'objets, à bord du "Nautile", un sous-marin de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer), capable de plonger jusqu'à une profondeur de 6.000 m. C’est également lui qui sera aux commandes du submersible lors de l’expédition suivante, en 1993. Depuis 2017, ce passionné d'archéologie maritime est responsable des recherches sous-marines au sein de la compagnie américaine RMS Titanic-Phoenix International, seule société légalement autorisée à récupérer des objets dans la zone de naufrage.

L'océanaute français Paul-Henry Nargeolet
L'océanaute français Paul-Henry Nargeolet - JOEL SAGET / AFP

Originaire de Haute-Savoie et aujourd'hui âgé de 77 ans, Paul-Henri Nargeolet effectué la première partie de sa carrière dans la Marine nationale française. Commandant du groupe de plongeurs-démineurs de Cherbourg (Manche), il devient ensuite pilote de sous-marins au Groupe d'intervention sous la mer (Gismer). De là, il passe à l'archéologie maritime, avec la fouille de plusieurs épaves, au sein de l'association du Groupe de recherche d'archéologie navale. En 1986, l'explorateur rejoint l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer), où il prend la tête du département des engins sous-marins. Un an avant, une équipe menée par le scientifique Robert Ballard, en coopération avec l'Ifremer, a trouvé l'épave du Titanic.

De l'Atlantique à la mer de Chine, en passant par les Antilles

Dès 1987, Paul-Henri Nargeolet côtoie l'épave à bord du sous-marin français Nautile. S'ensuivront, au fil des ans, des dizaines de plongées ayant permis de remonter des centaines d'objets, allant de la simple assiette en métal argenté à des pièces d’or et des liasses de billets. Les dernières remontent à l'été 2021, raconte le sous-marinier dans une longue interview publiée sur le site du musée de La Cité de la Mer de Cherbourg. Ce qui ne l'a pas empêché d’effectuer des missions sous d’autres latitudes, en mer de Chine, au Japon, aux Antilles, dans l’Atlantique Sud, ainsi qu’au large de l’Irlande, sur ce qu’il reste du "Carpathia", le navire qui avait secouru les 705 rescapés du Titanic, et qui, six ans plus tard, fût coulé par un sous-marin allemand.

Le petit submersible Titan disparu dimanche à proximité de l'épave du Titanic effectuait sa troisième sortie depuis que la société OceanGate a commencé à proposer ce type d'excursion touristique, en 2021. Parmi les autres passagers à bord figurent Hamish Harding, PDG de l'entreprise de vente de jets privés Action Aviation ainsi que l'homme d'affaires pakistanais Shahzada Dawood et son fils. Les sièges-passagers, au nombre de quatre à bord du petit submersible, sont affichés à 250.000 dollars (soit environ 230.000 euros, sur le site internet de la compagnie. Paul-Henri Nargeolet participait lui à l'expédition en tant qu'explorateur.


Matthieu DELACHARLERY

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