Une centaine de proches de victimes d'homicides dans les quartiers populaires se sont réunis, mercredi, à Marseille.
Ils ont marché pour crier leur colère et réclamer justice.
Un événement qui s'est tenu quelques heures seulement après un double meurtre dans une cité lyonnaise.

Des cercueils blancs et un slogan : "Justice pour tous". Mercredi à Marseille, une centaine de proches de victimes d'homicides dans des quartiers populaires se sont regroupés à Marseille. Une marche pour demander que "la justice passe et que les assassins soient arrêtés" et qui est intervenue quelques heures seulement après un double meurtre dans une cité lyonnaise. Un malheureux hasard du calendrier puisque l'événement était prévu bien avant que n'éclate la fusillade dans la capitale des Gaules.

CLEMENT MAHOUDEAU / AFP

Les manifestants se sont dirigés vers le tribunal de Marseille où les cercueils en carton ont été déposés sur place pour symboliser la vie brisée de ces habitants tués dans des quartiers sensibles gangrénés par les trafics. 

Manifestation des familles contre les homicides dans les quartiers populaires à Marseille
Manifestation des familles contre les homicides dans les quartiers populaires à Marseille - CLEMENT MAHOUDEAU / AFP

Plus de moyens

"Je veux que les coupables soient arrêtés", témoigne ainsi à l'AFP Laetitia Linon. Elle est la tante de Rayanne, 14 ans, tué le 18 août 2021 dans la cité des Marronniers à Marseille. Le jeune adolescent, sans antécédents judiciaire, avait été tué au fusil d'assaut près d'un point de vente de drogue alors qu'il était avec des amis. Les tireurs, qui se sont enfui à moto, n'ont jamais été arrêtés. Une situation qui provoque la colère de sa tante : "Ils ne peuvent pas continuer à mener leur vie après avoir ôté la vie en toute impunité à Rayanne, victime collatérale d'une fusillade". 

Laetitia Linon et la famille du jeune homme, qui a dû être exfiltrée de la cité des Marronniers en raison de menaces des trafiquants, demande que plus de moyens soient octroyés à la police et aux magistrats pour résoudre ce type d'affaires. D'autant que la cité phocéenne est régulièrement endeuillée par ces tragédies, alors que certains habitants des quartiers sensibles craignent que, face à la situation, les familles ne soient tentées de se faire justice elles-mêmes.

Marche homicides Marseille
Marche homicides Marseille - CLEMENT MAHOUDEAU / AFP

Une colère partagée par Nora Djermoune, dont la sœur Nadira, 51 ans, a été tuée à Martigues à l'été 2014. "Nous payons des impôts comme tout le monde, nous avons le droit d'obtenir justice", dénonce ainsi la sexagénaire alors que l'assassin de sa sœur est un chauffard jamais identifié. "Il y a des caméras, comment ça se fait qu'on ne l'ait toujours pas retrouvé. Il est descendu de la voiture, des gens l'ont vu", affirme-t-elle. "Je ne lâcherai jamais. Mon père a balayé les rues de la ville toute sa vie, il est parti comme ma mère, morte de douleur sans que justice soit rendue", insiste Nora Djermoune.

13 homicides depuis le début de l'année

Depuis le début de l'année, 13 personnes sont mortes par balles et deux par armes blanches dans les Bouches-du-Rhône, sur fond de règlement de comptes. Et si le département affiche un taux de résolution des affaires de narcobanditisme supérieur à la moyenne nationale - plus de 50% contre 35% sur les dix dernières années - les enquêtes sont souvent très longues. "En moyenne, l'élucidation prend un an", explique à l'AFP le directeur de la zone Sud de la police judiciaire Eric Arella. 

Il précise toutefois que "beaucoup d'enquêtes" effectuées en amont des faits eux-mêmes permettent de déjouer les règlements de comptes. "Depuis 2016, 28 règlements de comptes ont été déjoués avant d’être commis. Soit autant de vies épargnées. Mais je peux comprendre le sentiment des familles", poursuit le policier. 

Un fléau qui ne concerne pas que Marseille. À Lyon, dans le quartier de La Duchère, connu pour abriter des points de deal, deux jeunes de 20 et 16 ans ont été tués dans la nuit de mardi à mercredi lors d'une fusillade.


A.B. avec AFP

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