La commune de La Flotte-en-Ré est sommée de retirer une statue de la Vierge Marie du domaine public, avant de l'enlever complètement "dans un délai de six mois".
La cour administrative d'appel de Bordeaux a rejeté la contestation de la mairie, estimant que cette décision est justifiée par la loi de séparation de l'Église et de l'État 1905.
Un nouveau rebondissement dans cette polémique qui dure depuis plusieurs mois.

En dépit des protestations, la justice a tranché : une statue de la Vierge Marie n'a plus sa place sur l'île de Ré. La cour administrative d'appel de Bordeaux a ordonné à la commune de La Flotte-en-Ré, le déplacement hors du domaine public de cette statue située au milieu d'un carrefour, en vertu de la loi de séparation de l'Église et de l'État de 1905, a appris l'AFP vendredi. Confirmant une première décision du tribunal administratif de Poitiers, en mars dernier, elle l'a par ailleurs enjoint de "procéder à son enlèvement dans un délai de six mois", dans un communiqué de presse. 

Cette statue de la discorde, qui comporte la mention "vœux de guerre", a été réalisée après la Seconde Guerre mondiale pour une famille reconnaissante de voir un père et son fils rentrer vivants du conflit. D'abord exposée dans un jardin privé, elle a ensuite été donnée à cette commune de Charente-Maritime de 2800 habitants, qui l'a installée en 1983 à un carrefour. Mais au printemps 2020, la statue blanche est endommagée après avoir été percutée par un automobiliste. La municipalité décide alors de la reconstruire à l'identique, au même emplacement, sur un promontoire.

"Un personnage important de la religion chrétienne"

Suite à cette décision, la Libre pensée 17, association de défense de la laïcité, avait saisi la justice pour réclamer ce retrait, en invoquant la loi de 1905 qui interdit l'installation de monuments à caractère religieux sur le domaine public. Une "polémique ridicule", avait balayé auprès de l'AFP le maire Jean-Paul Héraudeau, qui soutenait que l'édifice faisait "partie du patrimoine historique" de la commune, s'agissant "plus d'un mémorial que d'une statue religieuse".

Le tribunal administratif de Poitiers avait alors donné raison à l'association en mars 2022, estimant que la statue incarnait "un symbole principalement religieux" et obligeant la ville à la déboulonner du domaine public. En réponse, la commune avait contesté cette décision en appel, "à l'unanimité" de son conseil municipal. L'édile assurait avoir "reçu des milliers d'appels et de courriers de soutien, même de l'étranger". Une pétition exigeant son maintien, toujours active, rassemble actuellement plus de 33.300 signatures.

Une requête à nouveau rejetée par la justice en appel : "La cour relève (...) que la commune n'avait pas l'intention d’exprimer une préférence religieuse en l'y installant en 2020 (...) Toutefois, elle constate également que la figure de la Vierge Marie est un personnage important de la religion chrétienne, en particulier catholique, et que la statue présente par elle-même un caractère religieux", a arbitré vendredi la cour administrative de Bordeaux.

Un autre feuilleton judiciaire impliquant une statue religieuse a aussi marqué l'actualité ces derniers mois. Le tribunal administratif de Nantes avait enjoint en décembre 2021 la commune des Sables d'Olonne, en Vendée, de retirer une statue de Saint-Michel d'une place publique, au nom de la laïcité. D'après Ouest-France, le dossier est renvoyé au Conseil d'État, après un pourvoi de la commune en novembre dernier.


M.L (avec AFP)

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