Vers l’âge de deux ans, les crises de colère en série de votre petit ange le font se transformer en petit monstre.
Bien qu’elle soit éprouvante, cette phase n’a rien d’anormale puisqu’elle permet à votre enfant de gagner en assurance et en indépendance.
En tant que jeunes parents, mieux vaut s’armer de patience et adopter le bon comportement afin de franchir cette étape sans y laisser des plumes.

68 % des mères de jeunes enfants se définissent fatiguées physiquement et 57 % moralement épuisées. Réalisées en 2022 par Ifop pour l’application Malo, cette étude sur la charge mentale des jeunes mamans montre à quel point la vie parentale n’a rien d’un long fleuve tranquille. Avant d’affronter les remous de l’adolescence, les jeunes parents sont confrontés très tôt à la première crise de leur enfant, celle des deux ans.  

Pourquoi le "Terrible two" intervient vers l’âge de deux ans ?

Aux alentours de deux ans, votre enfant atteint une étape charnière dans sa croissance. Plus tout à fait un bébé, il devient un petit garçon ou une petite fille en quête d’autonomie. Ce désir d’indépendance se manifeste par une forte opposition aux parents. Votre progéniture refuse de faire ce que vous lui demandez et utilise le "non" de manière abusive. Figure de proue de l’éducation positive, la psychothérapeute Isabelle Filliozat explique dans son livre "J’ai tout essayé" (édition Marabout) qu’il s’agit d’une période où les enfants se montrent très réactifs. 

Mais ce qui retient surtout l’attention, ce sont les crises de colère qui accompagnent le Terrible two. Généralement soudaines, elles permettent à votre bout de chou d’exprimer ses émotions comme la déception ou la frustration. Parce qu’il ne peut pas mettre des mots sur ce qu’il ressent, il se met vite en colère. En plus de crier et pleurer, votre progéniture peut taper du pied ou jeter ce qui lui passe sous la main. Assez impressionnantes, ces crises montrent à votre enfant qu’il a du pouvoir sur son environnement. Plutôt que de vous alarmer, vous devriez vous réjouir dans une moindre mesure puisque cela prouve qu’il évolue sur les plans intellectuel, social et émotionnel. Autrement dit, il s’agit d’un signe qu’il grandit normalement et se sent exister, souligne la thérapeute. 

La crise des deux ans, une phase à durée variable

Il n’existe aucune règle absolue. Relativement courte chez certains enfants, la crise des deux ans se prolonge parfois jusqu’à trois ans voire davantage chez d’autres. Il arrive que des petites filles et des petits garçons de 5/6 ans soient encore sous le joug du Terrible two. 

Bien accompagnée, cette étape appelée aussi "phase du non", peut durer simplement quelques semaines. Elle peut passer très vite lorsque vous évitez la confrontation et recherchez avant tout l’écoute. Pour Isabelle Filliozat, les enfants deviennent surtout terribles lorsque les parents se braquent dans une autorité sans se soucier des émotions vécues.  

Comment gérer le Terrible two en tant que jeunes parents ?

Les crises de votre enfant, qui interviennent le plus souvent aux moments du repas, du coucher ou au supermarché, peuvent vous paraître démesurées, inadaptées, inexplicables voire insurmontables. Pourtant, il existe des astuces à appliquer pour ne pas s’arracher les cheveux pendant cette période orageuse. En proie à des tourbillons d’émotions, votre enfant a besoin de soutien. Afin de l’accompagner et de l’aider à réguler ses sautes d’humeur qui ne relèvent en aucun cas du simple caprice, il est important d’identifier ses émotions et de lui apprendre à les gérer. Dès que vous avez compris quelle émotion le traverse, nommez-la explicitement, par exemple "Je sais, tu es énervé parce que tu voulais le faire tout seul". Lorsque votre enfant se sent écouté et compris, il retrouve plus facilement son calme. 

Comme l’explique la psychologue Aurélie Callet sur Francetv, mieux vaut rester ferme et camper sur ses positions. Ne cédez pas, peu importe le regard des gens autour de vous. Cela ne signifie pas se mettre en colère. Bien au contraire, il convient de rester calme même si la situation s’avère délicate, et ce, afin de montrer l’exemple. Le mieux reste de trouver un compromis quand cela est possible. N’hésitez pas non plus à faire participer votre enfant en lui laissant des choix à faire. Il peut s’agir de sa tenue du jour, à sélectionner parmi deux ou trois propositions. Cela lui confère un certain pouvoir et l’aide à rétablir sa confiance en lui. 


Emilie CARTIER pour TF1 INFO

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