Tirs sur les loups menaçant les troupeaux : le protocole "simplifié" dès cette semaine

par T.G.
Publié le 21 février 2024 à 12h42

Source : JT 20h Semaine

Le protocole régissant les tirs sur les loups menaçant les troupeaux sera "simplifié" via un arrêté publié "d'ici la fin de semaine", a indiqué le ministère de l'Agriculture.
Objectif : réduire la population lupine, en hausse ces dernières années.

Les éleveurs ont obtenu gain de cause. Le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau a annoncé, mercredi 21 février, une simplification du protocole régissant les tirs sur les loups menaçant les troupeaux. L'arrêté sera publié ces prochains jours, selon le ministre. "Nous aurons un arrêté de tir d'ici la fin de semaine, qui est simplifié conformément aux demandes qui avaient été formulées par beaucoup d'éleveurs", a déclaré Marc Fesneau lors d'une conférence de presse à trois jours du Salon de l'agriculture, aux côtés du Premier ministre.

12.000 bêtes attaquées en 2022

Selon Marc Fesneau, le plan loup pour la période 2024-2029 a été présenté mardi "dans sa version définitive". L'événement ne figurait pas à son agenda. La version présentée en septembre prévoyait déjà une simplification des protocoles des tirs destinés à abattre les loups attaquant les troupeaux. Par exemple en éliminant l'obligation pour les louvetiers - chargés officiellement de la régulation des espèces nuisibles - d'éclairer l'animal avant de tirer. Il était aussi envisagé d'ouvrir la "possibilité d'avoir deux tireurs sur le tir de défense simple voire trois de manière exceptionnelle après autorisation du préfet".

Les représentants des éleveurs du syndicat majoritaire FNSEA demandaient une "évolution radicale du protocole de tir" pour réduire la population lupine. Après avoir un temps disparu en France, le loup est réapparu au début des années 1990 en traversant les Alpes depuis l'Italie, et ses rangs ont progressivement grossi. Les éleveurs ont déploré plus de 12.000 bêtes attaquées en 2022.

Les écologistes, eux, sont vent debout contre le texte. Déjà, lors de la présentation du plan en septembre dernier, six associations de défense de l'environnement - France Nature Environnement (FNE), Ferus, Humanité et diversité, la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), l'Association de protection des animaux sauvages (Aspas) et le Fonds mondial pour la nature (WWF) -, avaient jugé "inacceptable" le texte. Tous avaient alors quitté le Groupe national loup. "Cette instance consultative n'a plus aucun sens. Ce n'est pas nouveau que l’État écoute (les syndicats agricoles) FNSEA, FNO (Fédération nationale ovine, NDLR) et les chambres d’agriculture, mais à ce niveau-là de déséquilibre, on s’est dit 'on sert à rien', donc il faut que l'État assume ça", avait jugé Jean-David Abel, représentant de la FNE.


T.G.

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