L'assemblée générale de TotalEnergies perturbée par des militants écologistes

Maëlane Loaëc (avec AFP)
Publié le 25 mai 2022 à 12h27
JT Perso

Source : JT 20h WE

Des militants d'ONG environnementales ont bloqué l'accès à la salle Pleyel à Paris, où se tient ce mercredi l'assemblée générale du groupe pétrolier français.
Ils critiquent son activité en Russie et sa politique climatique, jugée insuffisante.
L'assemblée s'est finalement tenue, mais en distanciel.

"On est là, même si Total ne veut pas nous on est là !", "Totalement irresponsables !" : plus d'une centaine de militants d'ONG environnementales bloquaient mercredi l'accès principal à l'assemblée générale du pétrolier français TotalEnergies à Paris, pour lutter contre la politique climatique du groupe, qu'ils considèrent bien en deçà des enjeux actuels et sa présence en Russie. 

Assis devant la salle Pleyel, dans le VIIIᵉ arrondissement de Paris, des manifestants de plusieurs associations dont Greenpeace France, Alternatiba, ANV COP 21 ou les Amis de la Terre bloquaient l'accès des actionnaires à l'assemblée générale (AG) par l'entrée principale de la salle Pleyel, malgré une sécurité renforcée en amont de l'événement. Certains se sont même menottés entre eux. Environ 150 actionnaires ont été redirigés vers une porte adjacente et patientaient en attendant de pouvoir rentrer. 

Mais le groupe a indiqué sur Twitter qu"il ne sera malheureusement pas possible pour nos actionnaires de nous rejoindre, les accès étant maintenant totalement bloqués". L'AG s'est tout de même tenue, avec la possibilité d'être suivie à distance. "Nous regrettons les désagréments que cela entraine pour tous ceux qui voulaient participer", a-t-il écrit.

Quelques militants ont déployé une banderole d'environ cinq mètres devant la salle, stipulant "Pas de retrait, pas d'AG", en référence à la présence du géant français du gaz et du pétrole en Russie, où il exploite notamment du gaz naturel liquéfié. Le groupe s'est seulement engagé à ne plus acheter de pétrole dans le pays d'ici à la fin de l'année 2022, tout en conservant ses actifs dans le gaz dans le pays. La banderole a été retirée par des agents de sécurité. 

Les militants "dénoncent le danger que représente la stratégie de TotalEnergies pour le climat, la paix et les droits humains, ainsi que le soutien que lui apportent pourtant Emmanuel Macron et son gouvernement", a affirmé pour sa part l'association Les Amis de la Terre dans un communiqué sur leur site. Les ONG revendiquent 250 participants à l'opération. Sur Twitter, le hashtag "#BlocageTotal" s'est hissé en tendance, suscitant plus de 4600 publications.

Les manifestants critiquent aussi la politique climatique du groupe avec des pancartes "Stop projets énergies fossiles", alors que les actionnaires doivent se prononcer lors de l'assemblée générale sur le plan climat du groupe. Il faut convaincre les actionnaires de "voter contre le faux plan climat de TotalEnergies", avait indiqué en amont de l'action Eva Sadoun, coprésidente du mouvement Impact France. L'eurodéputé Pierre Larrouturou, présent parmi les militants, y "tente de convaincre les 'petits' actionnaires de l’urgence climatique", a-t-il écrit sur Twitter. 

De petits actionnaires reprennent la contestation contre le plan climat du groupe

Ce vote consultatif risque d'être houleux, plusieurs actionnaires ayant annoncé qu'ils voteraient contre le plan climat. Un collectif d'actionnaires représentant 0,78% du capital du géant pétrolier avait également déposé une résolution demandant au groupe de se conformer à l'Accord de Paris sur le climat, résolution qui ne sera finalement pas inscrite à l'ordre du jour, le conseil d'administration s'y étant refusé.

"Il y a des actionnaires qui prennent conscience de l'urgence climatique mais d'une manière générale ils sont encore trop passifs", a déclaré auprès de l'AFP Edina Ifticene, chargée de campagne pour Greenpeace France. 

De son côté, TotalEnergies a cherché à se défendre dans une série de Tweets en réponse à ses détracteurs. "Plus de 60 Mds (milliards) d'investissements verts" seront déployés par l'entreprise "d'ici à 2030", a notamment répondu l'entreprise à un message d'Hélène Bourges, responsable de campagne chez GreenPeace, qui l'accusait de "petit pas" en matière d'énergies renouvelables. 

"Dès 2030, le mix énergétique de nos ventes va fortement évoluer et pourrait représenter en 2030 50 % de gaz naturel, 30 % de produits pétroliers, 15 % d’électricité en majorité renouvelable et 5 % de biomasse et hydrogène", a aussi assuré le groupe en réponses de plusieurs Tweets, arguant avoir "l’ambition de devenir l’un des 5 premiers producteurs mondiaux d’électricité renouvelable".


Maëlane Loaëc (avec AFP)

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