Le Sénat examine ce mardi une proposition de loi LR sur l'encadrement de la transition de genre des mineurs.
Elle vise notamment à renforcer l'encadrement du recours au traitement dit des "bloqueurs de puberté".
De quoi s'agit-il ? Qui sont les jeunes concernés ? Comment sont-ils prescrits ? TF1info fait le point.

C’est l’un des points clés de la proposition de loi LR sur l’encadrement de la transition de genre avant 18 ans, débattue ce mardi au Sénat. Dans le texte qu'elle va défendre devant ses pairs, la sénatrice Jacqueline Eustache-Brinio recommande le contrôle strict de la prescription de bloqueurs de puberté. "Un nombre croissant d’enfants et d’adolescents s’interrogent sur leur identité sexuelle", se justifie-t-elle. "Or il faut se poser les bonnes questions, pour ne pas accompagner trop tôt certains enfants vers des choses souvent irréversibles." À gauche, en revanche, la socialiste Laurence Rossignol, ancienne ministre des Droits des femmes dénonce "l'instrumentalisation d'une question médicale à des fins réactionnaires".

De quoi s’agit-il ?

Les bloqueurs de puberté sont des hormones de synthèse qui, en imitant les vraies hormones de la puberté, empêchent la stimulation des gonades (ovaires, testicules) et la sécrétion des stéroïdes sexuels (œstrogènes, testostérone). Certaines de ces molécules sont indiquées dans le traitement du cancer de la prostate et de l’endométriose. Mais aussi à des enfants atteints de puberté précoce. Les bloqueurs de puberté ne doivent pas être confondus avec les hormones sexuelles, prescrites à partir de 16 ans à des jeunes en transition, et qui ont des effets permanents comme la mue de la voix.

Pourquoi sont-ils prescrits ?

Lorsqu’un enfant ne s’identifie pas à son genre biologique – on parle de dysphorie de genre - les bloqueurs de puberté permettent de suspendre le développement des caractères sexuels secondaires comme la poitrine, la pilosité, la voix. D’après les psychiatres référents sur la question, ce traitement permet de gagner du temps et de permettre à l’enfant de savoir s’il souhaite plus tard effectuer une transition de genre. Dès qu’il est arrêté, l’évolution de la puberté reprend son évolution naturelle.

Comment sont-ils prescrits ?

D’après le protocole néerlandais qui fait référence, notamment en France, les bloqueurs de puberté doivent être prescrits dans un cadre strict. Pour être éligible, le patient doit avoir atteint le stade 2 de la puberté de Tanner, en général autour de 12 ans, mais qui peut commencer dès 8 ans. Le protocole commence par un diagnostic visant notamment à détecter si le jeune patient présente des troubles psychiatriques ou autistiques. Il précède un suivi au long cours par une équipe pluridisciplinaire composé de psychologues, psychiatres, endocrinologues et travailleurs sociaux.

Combien de mineurs sont concernés ?

En France, une équipe spécialisée de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris a suivi 240 jeunes au cours des dix dernières années, rapporte Le Monde. Parmi eux, seuls 11 ont eu accès à des bloqueurs de puberté après un délai moyen de 10 mois entre la première consultation et la mise en place du traitement. Quel est le nombre de jeunes concernés au total ? Aux États-Unis et au Canada, le phénomène toucherait 1% des mineurs. Chez nous, impossible à dire faute de statistiques. Mais un rapport de l'Igas de 2022 pointe une demande de transition en forte croissance et une réponse médicale qui a du mal à suivre.

Quel est l’objectif du texte de loi LR ?

Après avoir réclamé dans un premier temps l’interdiction des bloqueurs de puberté aux mineurs, la loi LR demande désormais que leur prescription soit encadrée au sein de "centres de référence pluridisciplinaires" et seulement après un suivi médical d’une durée d’au moins deux ans. Le texte demande en revanche toujours l’interdiction des traitements hormonaux à caractère définitif aux moins de 18 ans.


Jérôme VERMELIN

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