Tribune de militaires : quelles conséquences pour les signataires ?

La rédaction de LCI
Publié le 29 avril 2021 à 12h04, mis à jour le 29 avril 2021 à 14h56
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Source : JT 13h Semaine

SOCIÉTÉ – La semaine dernière, plusieurs dizaines de militaires ont signé une tribune controversée dénonçant le "délitement" de la France et appelant à "soutenir les politiques" œuvrant contre. Le chef de l'État-major des Armées a détaillé les sanctions envisagées, après la demande de la ministre Florence Parly.

Ils dénoncent le "délitement" de la France, ils réclament le "retour de l’honneur de nos gouvernants" en menaçant à bas mot de "l'intervention de nos camarades d'active dans une mission périlleuse de protection de nos valeurs civilisationnelles". La tribune publiée dans Valeurs Actuelles le 21 avril et signée par une vingtaine de généraux, une centaine de hauts-gradés et plus de 10.000 autres militaires a suscité et suscite encore bien des polémiques.  

Si, selon un sondage LCI, 58% des Français soutiennent l'initiative des militaires, ça n'est pas le cas de leur hiérarchie. Au sommet de l'État-major comme à la tête de l'exécutif, on rappelle que les troupes sont astreintes à un "devoir de réserve" et on a ainsi promis des sanctions à l'égard des signataires identifiés. Voici ce qu'ils risquent. 

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Radiation ou mise en retraite d'office

La vingtaine de généraux en "deuxième section" signataires - proches de la retraite mais qui peuvent toujours être rappelés - risquent "la radiation, donc la mise à la retraite d'office", assure le général François Lecointre au Parisien. "Ces officiers généraux vont passer chacun devant un conseil supérieur militaire. Au terme de cette procédure, c’est le président de la République qui signe un décret de radiation", précise-t-il. "Je souhaite que leur mise à la retraite d'office soit décidée", relève ce dernier en évoquant "une procédure exceptionnelle", lancée à la demande de la ministre des Armées. Florence Parly avait en effet demandé ce lundi des sanctions à l'encontre des signataires, jugeant leurs "actions inacceptables" et "irresponsables".

Sanctions disciplinaires

Les 18 soldats d'active identifiés - dont quatre officiers - parmi les centaines de signataires recevront pour leur part "des sanctions disciplinaires militaires", poursuit le général François Lecointre, qui parle de sanctions "plus fortes pour les plus gradés". "Je considère que plus les responsabilités sont élevées, plus l’obligation de neutralité et d’exemplarité est forte", martèle-t-il.

Les retraités aussi sanctionnés

Ce mardi, la ministre des Armées Florence Parly a rappelé que pour les militaires retraités signataires, également "astreints à un devoir de réserve", des sanctions étaient aussi possibles Elle a rappelé le cas du général Christian Piquemal, ancien patron de la Légion étrangère et également signataire de la tribune, qui avait été radié en 2016 des cadres de l'armée pour avoir participé à une manifestation interdite contre les migrants à Calais.

Fin des avantages sociaux

La fin du statut de militaires pour certains signataires mettra aussi fin à leur rémunération bien sûr mais également à leurs avantages sociaux. Parmi ces avantages qui prendront fin en cas de radiation : l'accès à des logements conventionnés défense à loyers attractifs, le transport gratuit dans les trains dans le cadre de l'exercice des fonctions et la carte SNCF avec 75% de réduction à titre personnel, les neuf semaines de congés, l'accès à des installations sportives gratuites, et l'accessibilité à des places en crèches.


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