Un vol Air France frôle le crash à Roissy : la responsabilité des pilotes pointée par l'enquête

Y.R.
Publié le 27 avril 2022 à 20h23
JT Perso

Source : TF1 Info

Début avril, un avion d'Air France a frôlé la catastrophe à l'approche de l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle.
Les commandes du Boeing 777 n'avaient plus répondu, obligeant les pilotes à réaliser une manœuvre d'urgence.
L'enquête du BEA sur cet "incident grave" écarte, mercredi 27 avril, toute "anomalie" sur l'appareil.

Le crash avait été évité de justesse. Le 5 avril dernier, le vol AF011, reliant New York à Paris, était en approche finale de l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle, lorsque les commandes de l'appareil, virant à gauche, n'avaient plus répondu aux pilotes. En phase d'atterrissage, le Boeing 777 avait dû redécoller, après une remise de gaz à 370 mètres de la piste, provoquant un certain stress chez les 177 passagers et 15 membres d'équipage à bord. "L'équipage a maîtrisé la situation et atterri normalement après une seconde approche", avait communiqué la compagnie aérienne, saluant le sang froid et la maîtrise des pilotes.

Trois semaines après "l'incident grave", dont il s'est saisi, le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) a diffusé, mercredi 27 avril, les premières conclusions de ses investigations. L'analyse minutieuse des boîtes noires, contenant l'enregistrement des données du vol (FDR) et des conversations dans le cockpit (CVR), semble écarter tout problème technique. "Aucune alarme de dysfonctionnement n'a été déclenchée lors de l'événement. Aucune anomalie n'a été constatée sur l'avion", indique le BEA. 

Une perception différente à l'intérieur du cockpit

L'enquête préliminaire pointe vers la responsabilité des pilotes. Toute l'action s'est déroulée en moins d'une minute, détaille-t-il. Alors que le vol AF011 se trouvait à 340 mètres d'altitude, une perception différente de la situation entre le commandant de bord et le copilote les a poussés à interrompre la descente et à remettre les gaz. Une action injustifiée, selon le bureau d'enquête, car "jusqu'à la remise des gaz, la trajectoire est restée dans les critères de stabilisation de l'exploitant."

L'assiette, c'est-à-dire l'angle de remontée de l'appareil, a ensuite été trop importante pour ce type de manœuvre. Cela a entraîné une désynchronisation des commandes de tangage du Boeing 777 - qui permettent de déterminer l'angle de l'assiette - "en raison d'efforts opposés". "Le commandant de bord maintient la commande de tangage légèrement à piquer pendant que le copilote applique à plusieurs reprises des actions plus marquées à cabrer", expliquent les enquêteurs. Une fois stabilisée, l'équipage "analyse la situation, sans avoir perçu les actions antagonistes sur les commandes", conclut le BEA.

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Sollicitée par l'AFP, Air France "continue d'apporter sa pleine collaboration à l'enquête". "La procédure de remise de gaz est définie par les constructeurs aéronautiques et Air France comme une procédure normale, qui va dans le sens de la sécurité", a-t-elle affirmé. "Les équipages sont formés et régulièrement entraînés à ces procédures pratiquées par l'ensemble des compagnies aériennes", a-t-elle ajouté, rappelant que "la sécurité des vols, de (ses) clients et de (ses) équipages est un impératif absolu"


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