Vacances au ski : mieux vaut s'assurer d'être assuré

Publié le 16 février 2024 à 9h00

Source : JT 20h Semaine

Les variations de température fragilisent les domaines skiables.
Résultat, les accidents se multiplient sur les pistes.
Êtes-vous bien assurés en cas de blessure, d’évacuation ou de rapatriement ? Faisons le point.

Entorses ligamentaires, traumatismes crâniens, fractures… Plus de 110 000 accidents traumatiques (avec blessure) ont été recensés par l'association Médecins de montagne lors de la saison 2019-2020. Ce même rapport montre également que les collisions restent à l'origine d'un quart des blessures à la tête.

Ce vendredi, la zone A rejoint la zone C sur les pistes. Autrement dit, le monde s’accumule en station et les risques de blessure se multiplient. Or, s’il faut vous évacuer, l’addition peut se révéler salée. Notez que si les secours en montagne restent gratuits sur le domaine public, ils deviennent tarifés sur le domaine skiable et dans les secteurs hors-pistes accessibles par remontées mécaniques. Dans une étude publiée en 2020, la banque en ligne Boursorama évalue à 50 € en moyenne une intervention au pied des remontées mécaniques, 200 € pour une prise en charge médicale en pleine piste, auxquels il faut ajouter 300 € pour le trajet du bas des pistes vers l’hôpital. La banque précise qu’une évacuation par hélicoptère peut atteindre 1 800 €.

Êtes-vous bien assuré en cas de pépin ? Avant de contracter une assurance, faites d’abord le point sur ce que couvre votre mutuelle, assurance habitation et carte bancaire.

Les garanties étendues de l’assurance multirisque habitation

En cas de blessure grave sur une piste, l’assurance multirisque habitation peut se révéler utile. D’abord, si vous vous faites bousculer par un skieur en dévalant les pistes, c’est la responsabilité civile de l’assurance habitation de la personne en cause qui s’applique. De votre côté, assurez-vous de disposer d’une responsabilité civile qui couvre les dommages posés à un autre skieur ou à son matériel.

Si des équipes de secours sont mandatées pour vous évacuer de la piste, voire vous ramener à votre domicile, certaines assurances habitation couvrent ces interventions d’urgence, y compris pour vos enfants. 

La mutuelle toujours active

Dans un deuxième temps, votre mutuelle peut entrer en piste. Dans le cadre du parcours de soins coordonnés, la mutuelle prend en charge les dépassements d'honoraires relatifs à une consultation médicale, des radios, des IRM et des traitements prescrits par un médecin. Si vous partez régulièrement au ski ou si vous pratiquez des activités sportives intenses, demandez une extension de votre contrat pour qu’il prenne en charge un rapatriement ou une aide à domicile en cas d’immobilisation prolongée.

Souvenez-vous que la mutuelle ne rembourse que si la sécurité sociale participe aux frais médicaux. En l’occurrence, la sécu ne rembourse pas les frais de secours aériens sur les pistes.

Si vous partez en vacances dans un pays de l’Union européenne ou en Suisse par exemple, n’oubliez pas de demander à votre caisse d’assurance maladie ou directement sur le site www.ameli.fr, la carte européenne d’assurance maladie.

Les assurances carte bancaire au diapason

Vous avez réglé votre forfait, vos cours de ski ou votre hébergement de montagne avec votre carte bancaire ? Vous bénéficiez de l’assurance prévue par votre carte. Si une blessure vous oblige à annuler le reste de votre séjour sur place, celle-ci peut vous rembourser les jours restants dans certaines conditions. Attention, toutes les gammes de cartes bancaires ne se valent pas sur ce point. À noter que les garanties fonctionnent la plupart du temps uniquement sur le domaine skiable français. Si vous chutez en dehors des pistes, l’assurance de carte bancaire peut lésiner sur votre prise en charge.

L’assurance accidents de la vie en action

Si vous détenez une assurance individuelle accident ou une garantie des accidents de la vie (GAV), sachez également qu’elle intervient en cas de dommage corporel. La garantie "frais de secours et de recherche en montagne" prend en charge le coût de votre évacuation en civière ou par hélicoptère. Vous pouvez retrouver cette extension de garantie dans votre assurance multirisque habitation ou dans la GAV.

L’assurance spéciale neige en dernier recours

Si les contrats ci-dessus ne suffisent pas, penchez-vous sur une assurance spéciale ski ou neige. Selon la formule, elle garantit le remboursement des frais médicaux ou d’hospitalisation, les frais de secours et de rapatriement, l’interruption de séjour et le bris de ski. Certaines formules prennent en charge les forfaits de remontées mécaniques ou les cours à l’école de ski déjà payés et non utilisés après votre blessure. D’autres vous remboursent les nuits d’hôtel ou de location d’un chalet non occupées. Il existe même une garantie manque ou excès de neige si vous réservez votre séjour en avance.

Généralement, le prix de l'assurance Carré Neige oscille autour de 3 euros par personne et par jour. Attention, toutes ces garanties varient d’un contrat à l’autre et les niveaux de remboursement peuvent vous sembler décevants au regard des frais engagés. Avant de signer votre contrat, analysez l’étendue des garanties dont vous profitez déjà et étudiez les exclusions parfois nombreuses. Méfiez-vous également du montant des franchises.

Pour conclure, n’oubliez pas que pour activer les prises en charge, il faut prévenir l’assurance dans les cinq jours qui suivent l’accident et si possible avant d’engager toute dépense. Gardez près de vous les numéros utiles proposés par votre assurance.


Geoffrey LOPES

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