Vacances d'hiver : entre inflation, manque de neige et crise agricole, les réservations en baisse de 10%

Publié le 1 février 2024 à 18h05

Source : JT 13h Semaine

Selon une étude de PAP Vacances publiée ce jeudi, les réservations pour les vacances d'hiver sont en baisse de 9,4% par rapport à la même période l'année dernière.
En cause, l'inflation et la crainte d'un manque de neige, mais pas seulement.
Car les Français craignaient aussi les conséquences du mouvement des agriculteurs, explique à TF1info Laetitia Caron, directrice générale de PAP.

S'ils soutiennent massivement le mouvement de colère des agriculteurs, les Français se veulent prudents quant à leurs déplacements. En attestent les travaux publiés ce jeudi 1ᵉʳ février par PAP Vacances, destiné aux locations saisonnières. D'après cette étude, réalisée avant les annonces de Gabriel Attal et la suspension des blocages par une partie des syndicats agricoles, pour les vacances d'hiver (entre le 10 février et le 10 mars), les réservations sont en baisse de près de 10%.

Si "l'inflation et la baisse du pouvoir d'achat", ainsi que le manque de neige dans certaines stations de ski, sont assurément en cause, le mouvement de colère des agriculteurs, ponctué de nombreux blocages de routes et d'autoroutes, freine également les potentiels vacanciers, détaille à TF1info Laetitia Caron, directrice générale de PAP.

Ceux qui le peuvent reportent leurs vacances

TF1info : Quel a été l'impact du mouvement des agriculteurs sur les réservations ?

Laetitia Caron : Ces derniers mois et ces dernières années, on observe qu'un certain nombre de vacanciers ont pour habitude de réserver plutôt en dernière minute. C'est à la fois lié à une évolution des comportements, ainsi qu'à l'inflation et au fait que les gens attendent d'avoir de la visibilité sur un certain nombre de critères. Or, actuellement, on observe que les réservations pour les vacances d'hiver sont en baisse de 9,4% par rapport à la même période en 2023, probablement à cause des barrages qui ont lieu sur la route.

Quelles destinations sont les plus touchées ?

Il s'agit essentiellement des Alpes et de toutes les routes qui mènent aux stations de ski, notamment autour de la région lyonnaise. Ce jeudi matin encore, un certain nombre d'éléments montraient à quel point toute l'agglomération - par laquelle passent beaucoup de gens pour aller vers les stations des Alpes - était impactée. Plus largement, d'autres massifs, comme le Massif central, les Vosges et le Jura, sont aussi très touchés, encore plus que les Alpes, puisqu'on parle de volumes allant jusqu'à -40%. Il faut toutefois mentionner qu'il ne s'agit pas nécessairement de la crainte de rencontrer des problématiques d'accès. Les clients peuvent redouter l'éventuel manque de neige. 

Quels autres mouvements sociaux redoutent les vacanciers ?

Il y a, dans le pays, un ras-le-bol exprimé par plusieurs corporations et l'une des craintes des potentiels vacanciers est que le mouvement des agriculteurs s'élargisse, qu'il y ait un effet boule de neige.

Les clients qui renoncent à leurs vacances renoncent-ils totalement à partir ? 

On observe que toutes les personnes qui peuvent envisager de partir hors vacances scolaires, ce qui est loin d'être le cas de toutes les familles, ont plutôt tendance à reporter qu'à annuler. Ainsi, le nombre total de réservations pour le mois de mars progresse de 34,8% par rapport à la même époque en 2023. On observe aussi que des destinations comme l'Espagne sont plutôt prisées pour février. Or, il s'agit de lieux où l'on se rend plutôt en avion, ce qui limite les chances de se retrouver bloqué sur les routes. 

Étude basée sur 32.023 demandes de réservations effectuées pour la période du samedi 10 février 2024 au dimanche 10 mars 2024 inclus, comparées aux réservations effectuées pour les vacances d’hiver 2023.


Maxime MAGNIER

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