Manifestation sous tension de plusieurs milliers de personnes pendant la visite de Macron à Lyon

par M.L (avec AFP)
Publié le 8 mai 2023 à 21h48

Source : JT 20h Semaine

À l'occasion du 8-Mai, Emmanuel Macron s'est rendu à Lyon pour rendre hommage à Jean Moulin et à la résistance française à la prison de Montluc.
La préfecture du Rhône avait interdit les manifestations autour du site.
Jusqu'à 4000 personnes ont participé à une manifestation émaillée de tensions dans l'agglomération.

Près d'un mois après la promulgation de la réforme des retraites, les appels à la mobilisation continuent de trouver un écho. En marge d'un déplacement d'Emmanuel Macron à Lyon à l'occasion d'une commémoration du 8 mai 1945, plusieurs milliers de personnes ont manifesté dans une ambiance tendue lundi après-midi pour protester contre le texte, tout en rendant hommage aux résistants de la Seconde Guerre mondiale. Le président de la République participait à une cérémonie au Mémorial de la prison de Montluc à Lyon, où Jean Moulin et d'autres figures de la Résistance furent détenus, une visite sous haute sécurité.

Tenues à bonne distance, jusqu'à 4000 personnes ont manifesté au plus fort de la mobilisation selon la préfecture, 5000 selon la CGT. Elles ont pris part à la manifestation, émaillée de tirs de gaz lacrymogènes et de quelques dégradations : vitres de la porte de la mairie de l'arrondissement cassées, comme des vitres de voitures et plusieurs abribus, palettes enflammées, ont constaté des journalistes de l'AFP. Plusieurs incendies ont été déclenchés dans des poubelles et une agence BNP Paribas a par ailleurs été vandalisée par des casseurs près de cette mairie, selon Actu.fr

Une mairie prise pour cible

La préfecture a indiqué de son côté à LCI que la majorité des manifestants se sont réunis dans le IIIe arrondissement, et que "jusqu'à 500 individus à risque" étaient présents. Elle relève que du mobilier urbain a été dégradé, tout comme la porte de la mairie de cet arrondissement et celle de la cité administrative. Les forces de l'ordre ont eu recours à plusieurs reprises à des gaz lacrymogènes et trois personnes ont été interpellées. 

Selon la presse locale, des individus se sont introduits dans la mairie du IIIe arrondissement. La maire de celle-ci, Véronique Dubois-Bertrand, "condamne ces violences inacceptables". "C'est le service public de proximité, notre maison commune qui sont attaqués", a-t-elle écrit sur Twitter. La préfète de la région Auvergne-Rhône-Alpes a quant à elle déploré en début de soirée "des dégradations inacceptables" au niveau de cette mairie et de la cité administrative. Elle a ensuite signalé que "le calme est rétabli" dans le secteur.

La préfecture du Rhône avait interdit tout rassemblement dans un large périmètre autour du mémorial, où le président a rendu hommage à la Résistance, et notamment à Jean Moulin. Les participants ont été contraints de défiler en bordure de la zone interdite, alors que les forces de l'ordre déployées en nombre repoussaient toute tentative d'incursion en zone prohibée par des tirs de gaz lacrymogènes, d'après l'AFP. Le tribunal administratif de Lyon avait rejeté dans la matinée un recours en référé-liberté déposé la veille par des syndicats, dont la CGT du Rhône, contre l'interdiction préfectorale de manifester près du mémorial.

"Commémorer la Résistance c'est défendre ses conquêtes"

La CGT a maintenu son "appel à commémorer l'œuvre sociale de la Résistance", comme FO, le PCF, une intersyndicale de l'éducation et d'autres organisations. "8 mai : commémorer la Résistance c'est défendre ses conquêtes ! Pas touche à nos retraites !", clamait une des nombreuses banderoles déployées par les manifestants. La marche a rassemblé des personnes aux profils différents et de tous âges : syndicalistes arborant leurs drapeaux, personnes munies de casseroles, devenues un objet symbolique des protestations contre la réforme des retraites, et quelques dizaines de jeunes vêtus de noir.

Elle avait débuté dans une ambiance bon enfant vers 14h devant des barrières dressées par les forces de l'ordre. Vers 17h les manifestants se sont rassemblés sur une place non loin de la bordure du périmètre avant de se disperser sous la surveillance étroite des forces de l'ordre.

À plusieurs centaines de mètres des manifestants, Emmanuel Macron a quant à lui effectué sans encombre sa visite. "Jean Moulin, les enfants d’Izieu et les millions de morts de la Seconde guerre mondiale méritent le silence et le respect. Pas l’indignité. Il y a un temps pour tout", a tweeté en fin de journée le garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti, présent à la cérémonie. Une référence aux 44 enfants juifs du pensionnat d'Izieu, dans l'Ain, qui ont transité une nuit à la prison de Montluc avant d'être acheminés de Lyon à Drancy, d'où ils ont tous été déportés et assassinés.

Dans la matinée, les commémorations sur les Champs-Élysées ont aussi été très encadrées par les forces de l'ordre. Le chef de l'État, escorté par la Garde républicaine, a remonté, en voiture, une avenue quasiment vide, avant de se recueillir sur la tombe du Soldat inconnu, de raviver la flamme et de serrer quelques mains dans la tribune officielle.


M.L (avec AFP)

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