Le 13H

VIDÉO – "Agressif", "moche", "nuisance visuelle" : quand les panneaux publicitaires gâchent les entrées de villes

Léa Tintillier | Reportage TF1 Mathilde Guénéguan, Antoine Pocry
Publié le 3 novembre 2022 à 14h45
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

De nombreuses entrées de villes sont remplies de panneaux publicitaires.
Et tout le monde est d’accord : c’est moche.
Alors certaines communes ont décidé de passer à l’action pour au moins les réduire.

Des panneaux de toutes les tailles à perte de vue, des publicités en tout genre… Quand on arrive sur la commune de Saint-Priest, le constat est sans appel pour ses habitants. "C’est agressif, c’est trop gros, c’est éblouissant en fait", déplore une riveraine. "C’est une nuisance visuelle, ça ne sert à rien. C’est moche", dénonce un homme. "Entre la télé, la radio, les pubs qu’on reçoit dans les boîtes aux lettres… Je pense que ça suffit", estime une jeune femme dans le reportage en tête de cet article. 

Les affiches publicitaires sont absolument partout. Sur la route qui mène au centre-ville, il y a une douzaine de panneaux en seulement moins d’un kilomètre. Ils sont sur les façades des maisons ou dans les jardins des habitants, comme Mohamed Djoudi. "Ça fait entre dix et quinze ans que j’ai ce panneau", relate-t-il. Mohamed l’admet : ce n’est pas très esthétique. Mais cela lui rapporte 800 euros par an. "Ce n’est pas négligeable et ça peut payer une partie de ma taxe foncière. Vous demanderez à n’importe qui, quand ils mettent des tableaux, c’est financier, c’est rien d’autre. Ce n’est pas pour l’esthétique qu’ils vont mettre ça", sourit-il. 

Comment contrôler ?

Mais alors, comment éviter que les communes et les campagnes se transforment en publicités géantes ? Certaines municipalités passent à l’action. À Villefranche-de-Rouergue (Aveyron), en quatre mois, l’horizon s’est un peu éclairci. 230 panneaux ont été retirés de l’espace public et le maire ne compte pas s’arrêter là. "Là, on voit une pré-enseigne. Ce n’est pas une publicité. Le but, c’est aussi de pouvoir réglementer la taille de ces pré-enseignes", montre Jean-Sébastien Orcibal, dans le reportage du 13H de TF1 en tête de cet article. 

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C’est le prochain combat : la municipalité prépare un nouveau règlement pour les panneaux installés sur les propriétés privées. "On va essayer de faire en sorte de pouvoir les réduire peut-être à un mètre de large et d’avoir une harmonie aussi sur l’ensemble de l’entrée de ville", poursuit Jean-Sébastien Orcibal. 

Mais ce projet est loin de ravir certains commerçants comme Yannick Pailhoux. Car cet horticulteur a changé son panneau il y a seulement deux ans. "Un panneau, ça se rentabilise au moins sur cinq ans ou dix ans et ça vaut entre 4000 et 5000 euros. Donc s’il faut le changer l’an prochain ou dans deux ans, on verra", soupire-t-il. Ainsi, de plus en plus de communes tentent d’harmoniser les réclames sans les interdire pour que les forêts de panneaux laissent un peu plus de place à la nature. 


Léa Tintillier | Reportage TF1 Mathilde Guénéguan, Antoine Pocry

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