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Alerte aux poulpes en Bretagne : l'invasion qui inquiète

LT
Publié le 26 août 2021 à 14h48, mis à jour le 26 août 2021 à 14h57
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

PRÉDATEURS - Les poulpes prolifèrent dans les eaux du Morbihan, menaçant crustacés et coquilles Saint-Jacques. Une invasion qui inquiète les pêcheurs.

Depuis quelque temps, une inquiétante disparition des crustacés et coquilles Saint-Jacques sévit dans le Morbihan. Le principal coupable : le poulpe. Ce céphalopode, qui vit en moyenne entre deux et trois ans, n’a jamais été aussi présent dans les eaux bretonnes. Une invasion qui inquiète les pêcheurs car le poulpe est un prédateur.

"Cette année, pour les crustacés, c’est foutu, surtout pour les crabes. Et ça mange les homards et les langoustes dans les casiers", explique Simon Le Gurun, pêcheur à Quiberon. Un autre montre le résultat de l’attaque d’une pieuvre dans le reportage de TF1 en tête de cet article. "Il est rentré dans le casier et il l’a mangé entièrement", déclare Patrice Douaré en montrant un homard découpé en deux. 

Conséquence de cette surpopulation : le manque de revenus pour les professionnels. "Aujourd’hui, la moitié de mes homards ont été mangés donc forcément à cette période de l’année où le prix est quand même assez élevé avec la fréquentation touristique, automatiquement c’est un manque à gagner", poursuit Patrice Douaré. Le prix du homard tout juste pêché oscille entre 30 et 35 euros le kilo. 

Le réchauffement climatique en cause

Selon Dominique Barthélémy, conservateur du milieu vivant à l’Océanopolis de Brest, la météo est en cause. "Si on a des hivers doux, eh bien la température de l’eau va favoriser le développement des juvéniles qui sont nés cette année-là et on peut avoir des populations qui augmentent dans ce cas-là très rapidement", explique-t-il. 

Cette situation inédite a des répercussions. Faute de crustacés et de Saint-Jacques, la quantité de poulpes pêchés explose avec 17 tonnes cette année contre une seule l'an dernier. Malgré cette quantité astronomique, la pieuvre - qui se vend en moyenne cinq euros le kilo- trouve preneur mais surtout à l’étranger. "C’est un produit qui s’exporte essentiellement en Italie en Espagne et au Portugal", affirme David Hybois, responsable d’exploitation à la criée de Quiberon. 

En revanche, l’animal est peu consommé en Bretagne. Stéphane Le Nain, poissonnier, en propose néanmoins régulièrement à ses clients et aux restaurateurs. "Ça se cuisine à l’Armoricaine comme on fait de la sèche ou du calamar. C’est un produit qu’on peut valoriser", assure-t-il. Ainsi, la valorisation est peut-être la solution pour trouver de nouveaux débouchés économiques pour le poulpe. 


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