#Anti2010 : que cache ce hashtag qui cible des élèves de 6e depuis la rentrée ?

ALG
Publié le 17 septembre 2021 à 12h01, mis à jour le 17 septembre 2021 à 20h03
JT Perso

Source : TF1 Info

EN BREF - Un hashtag #Anti2010 a vu le jour ces dernières semaines sur les réseaux sociaux, atteignant 40 millions de vues sur la plateforme TikTok, et des comptes de "brigade anti 2010" ont aussi été créés. De quoi parle-t-on et quel est le point de départ du mouvement ?

#Anti2010. Derrière ces quelques lettres et chiffres accolés qui évoquent a priori bien peu de choses au grand public, se cache un hashtag qui empoisonne la vie de collégiens depuis plusieurs semaines. Au point que Jean-Michel Blanquer a jugé urgent et nécessaire d'intervenir ce jeudi.

#Anti2010 : Blanquer monte au créneauSource : TF1 Info
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Le ministre de l’Éducation nationale a ainsi demandé aux chefs d'établissement de collèges de "renforcer la vigilance" contre le harcèlement, après des menaces et insultes proférées ces derniers jours sur la Toile à l'encontre d'élèves de sixième nés en 2010 et qui se sont amplifiées depuis la rentrée. Mais quel est le point de départ de cette campagne de dénigrement ?

Une haine des plus vieux contre les plus jeunes

Comme le note Le Parisien, ce mouvement s'est particulièrement installé sur le réseau social Tiktok, sous différents noms : "brigade anti2010", 'brigade contre les 2010" ou encore "contre 2010". Selon nos confrères, l'origine de cette animosité est liée au jeu vidéo Fortnite. Les plus anciens joueurs reprocheraient notamment aux enfants nés en 2010 arrivés récemment dans les parties du jeu, de l'avoir rendu désuet et de ne pas respecter les codes. De ce fait, les néo-collégiens seraient parfois appelés les "Fortkids", note de son côté BFMTV

Mais un autre élément est par la suite venu s'ajouter à cette gronde contre les "2010". Début août, dans sa chanson "Pop it Mania", Pink Lily chante notamment "on est les queens de 2010". Ainsi, dans une volonté de montrer leur supériorité et marquer leur territoire, certains enfants plus vieux que les nouveaux sixièmes ont fait de l'humiliation un challenge, cristallisant ainsi les peurs.

Quelle ampleur ?

L'ampleur du phénomène prête à diverses interprétations. Face à l'inquiétude de certains parents, la principale fédération de parents d'élèves FCPE a, elle, demandé mercredi au gouvernement via un communiqué d'"agir en urgence" car "les enfants de 2010 sont devenus la cible de campagnes d'insultes, de harcèlement et de cyberharcèlement". Et de poursuivre : "Si un grand nombre d’enfants ne fréquentent pas les plateformes, pour celles et ceux qui y passent du temps, il est évident que leur santé mentale et psychologique est en réel danger".

De son côté, le principal syndicat des chefs d'établissement (SNPDEN) tend à minimer le phénomène. "Nous n'avons pas du tout constaté d'incidents de ce type dans les établissements, et aucun des 70 chefs d'établissement réunis en conférence nationale cette semaine n'avaient entendu parler de ce mouvement sur les réseaux sociaux", a affirmé à l'AFP Bruno Bobkiewicz, son secrétaire général. De fait, plusieurs pères et mères de famille d'élèves en classe de 6e nés en 2010 contactés par l'AFP ont affirmé que leurs enfants "n'étaient pas du tout concernés par cette campagne harcèlement".

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Le ministre de l'Éducation nationale demande néanmoins aux proviseurs "d'être très attentifs et de mettre en place les procédures de signalements et de prise en charge adéquates, comme encourager les familles à contacter le 3018 pour demander le retrait de la vidéo en ligne et des commentaires et atténuer ainsi la viralité ; rédiger un 'fait établissement' de niveau 2 ou 3 ; contacter si besoin l’équipe mobile de sécurité afin de ne pas laisser un traumatisme s’installer ou encore rappeler que si un élève de la classe ou de l'établissement est identifié comme harceleur, il est passible de sanction disciplinaire".


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