Orages violents : après la grêle, les dégâts à réparer

Intempéries : après les orages, les fabricants de tuiles débordés

Léa Tintillier | Reportage TF1 Victoria David, Julia Gardet
Publié le 30 juin 2022 à 17h22
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Après les orages, les sinistrés doivent surmonter un obstacle supplémentaire : la pénurie de tuiles.
C'est le cas notamment dans le Sud-Ouest.

Il y a un peu plus d'une semaine, la maison d'Hubert Bagès, un habitant à Nousty (Pyrénées-Atlantiques), a été ravagée par les grêlons. "En trois minutes, le travail d'une vie s'est écroulé", dit-il. Toute la toiture est à refaire. Mais son charpentier lui annonce au moins six mois de délai avant de débuter les travaux.

Les tuiles sont en rupture de stock. "On n'a pas d'autres solutions que de rester en pensant que ça puisse tenir", lance-t-il. Sans tuiles, Hubert ne peut pas non plus commencer les réparations à l'intérieur de sa maison. "Ici, c'est la chambre dont le plafond s'est écroulé. On pourra commencer les travaux à l'intérieur quand le toit sera fait. Mais tant qu'il n'est pas couvert, on ne peut rien faire", souligne-t-il.

Autour de chez lui, près d'un millier d'habitants se retrouvent pris au piège. Depuis le début de l'année, les tuiles se font rares dans toute la France. Et les intempéries ont aggravé la situation. "Ces sortes de toitures là, on va l'avoir d'ici trois à six mois", pévient Cédric Boyer, charpentier-couvreur-zingueur à EBC en Pyrénées-Atlantiques à son client. Trois à six mois pour ce propriétaire et pour certains clients, il est même impossible de donner une date. "C'est une vraie pénurie. Sur certains matériaux, on n'a pas de délais parce que les fabricants ne savent pas, tout simplement", poursuit Cédric Boyer. 

Des tuiles 20% plus chères qu'en 2021

Une pénurie liée à une très forte demande depuis la fin du premier confinement. Une entreprise landaise fabrique plusieurs milliers de tuiles chaque jour et peine à honorer les commandes. "En situation normale, vous avez des palettes bleues partout sur le parc et aujourd'hui, le peu de palettes que l'on a encore de disponibles sont déjà réservées pour les clients, prêtes à partir", explique Nicolas Fiolet, directeur d'exploitation de l'entreprise. 

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Les lignes tournent pourtant à plein régime. Huit personnes ont été recrutées mais cela ne suffit pas. Il y a jusqu'à trois mois de délais pour certains modèles. "La crise de 2008 nous a mis pendant une décennie en sommeil, donc il a fallu prendre des décisions, fermer certaines lignes de production pendant cette décennie et réduire le personnel", reprend Nicolas Fiolet. La hausse des prix de l'énergie n'arrange rien. Dans cette entreprise, les tuiles coûtent déjà 20% plus cher qu'il y a un an. 


Léa Tintillier | Reportage TF1 Victoria David, Julia Gardet

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