Ces derniers jours, les agriculteurs manifestent un peu partout en France pour exprimer leur mécontentement.
Prix du lait, respect difficile des normes, manque d'aides de l'État... Les raisons de la colère sont multiples.
L'autoroute A64 était toujours bloquée ce vendredi au sud de Toulouse par des dizaines de tracteurs.

Leur colère continue de monter. Ces derniers jours, les agriculteurs français ont mené plusieurs actions pour dénoncer un quotidien devenu trop difficile, entre hausse des charges, difficultés à respecter les normes, maladies qui déciment le bétail... Jeudi, ils ont bloqué plusieurs routes en Occitanie, notamment l'A62 et la N20. Mais aussi l'A64, au sud de Toulouse, dont l'accès était toujours entravé ce vendredi matin par les dizaines de tracteurs présents sur les différentes voies. La préfecture de la Haute-Garonne a autorisé le survol de la zone par des drones en raison "du risque de troubles à l'ordre public" causé par ce rassemblement.

Parmi les revendications des agriculteurs depuis le début de leur mobilisation ? Un prix du lait jugé trop bas par les éleveurs laitiers, qui doivent faire face à des coûts de production en hausse ces derniers mois. Pour certains, les charges explosent. "Ce qui nous coûte cher, c'est le gasoil, les engrais, le matériel qu'il faut amortir, la main d'œuvre, souffle Cyril Bousquet, un éleveur du Tarn qui travaille surtout avec le groupe Lactalis, interrogé dans le JT de TF1. Au bout, il faut que nous, on puisse répercuter tout ça à sa juste valeur." Beaucoup d'éleveurs reprochent à l'entreprise laitière l'écart important entre le prix à l'achat du lait et son prix à la revente en magasin. 

Quotas d'irrigation et revenus en baisse

Jeudi, les éleveurs laitiers se sont réunis devant cinq sites différents de Lactalis en Mayenne, où le géant laitier est très implanté. Eux aussi reprochent les tarifs à l'achat exercés par l'entreprise laitière. Dans une vidéo publiée sur X, le président de la section du syndicat agricole FDSEA 53 Samuel Gouel a reproché un prix qui "ne tient pas compte du tout de la loi Egalim", votée en 2018 et prévoyant "la négociation et l'intégration des coûts de production du lait sorti de nos fermes". 

Mais au-delà de la question des tarifs du lait, les raisons de ces mobilisations sont multifactorielles. Concurrence jugée déloyale venue d'autres pays européens, maladies qui déciment le bétail, problématique des restrictions d'irrigation, revenus en baisse, normes difficiles à respecter au quotidien... De nombreuses revendications sont avancées. Un mouvement agricole qui inquiète jusqu'au plus haut niveau de l'État. "Les transitions [qui touchent les agriculteurs] nourrissent de l'inquiétude, développait Emmanuel Macron lors de sa conférence de presse mardi soir. Si nous n'y prenons pas garde, elles sont injustes : elles frappent encore plus ceux qui sont déjà la difficulté."

Avec cette mobilisation, l'Élysée redoute l'amorce de la formation d'un nouveau mouvement social tel que celui des "gilets jaunes", en 2018. Des manifestations d'agriculteurs ont aussi lieu depuis plusieurs jours en Allemagne, où ces derniers dénoncent un projet de hausse de taxes souhaité par le gouvernement d'Olaf Scholz, mais aussi en Pologne ou en Roumanie.

Preuve de l'importance accordée par l'exécutif à ce sujet brulant : selon les informations de TF1/LCI, le Président de la République a demandé au ministre de l’Intérieur de donner instruction aux préfets pour aller dès ce week-end à la rencontre des agriculteurs et de leurs organisations représentatives. Emmanuel Macron souhaite qu’ils échangent directement sur les problématiques qu’ils expriment, au plus près du terrain, comme le ministre de l’Agriculture le fera samedi, a fait savoir une source à l'Elysée.


T.A.

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