Le 13H

VIDÉO - Autoroute Toulouse-Castres : l'imagination sans bornes des opposants au projet

Léa Tintillier | Reportage TF1 Perrine Mislanghe, Jean-Vincent Fournis
Publié le 29 novembre 2022 à 16h48
Les opposants à l'autoroute de Castres enterrent des vestiges du passé pour ralentir les fouilles archéologiques

Les opposants à l'autoroute de Castres enterrent des vestiges du passé pour ralentir les fouilles archéologiques

Source : TF1

Le chantier d’une autoroute reliant Toulouse à Castres devrait commencer d’ici trois à quatre mois.
Mais de nombreux riverains sont contre.
Enterrer des vestiges, organiser des bals… Les opposants ne manquent pas d’imagination.

Enterrer la vaisselle de grand-mère ou un vestige du passé. Avec humour, les opposants à l’autoroute de Castres débordent d’imagination. "Nous allons la mettre dans ce trou pour que, lors des fouilles qui vont continuer sur l’autoroute, elle puisse être découverte et peut-être arrêter ce projet qui est complètement absurde", explique une opposante. 

L’action est symbolique. Comme la loi les y oblige, avant toute nouvelle construction, des archéologues fouillent les sols à la recherche de traces historiques. Une mascarade selon ces militants. "Ce qu’on appelle la mascarade, c’est qu’effectivement, c’est obligatoire, donc on le fait, mais on le fait très rapidement, on creuse très peu profond et on rebouche très vite", affirme Aline Guérin, membre du collectif "La voie est libre". 

Une "aberration"

Actuellement, Toulouse est reliée à Castres par une nationale de 80 kilomètres, soit plus d’une heure de trajet. Les élus veulent désenclaver ce territoire au sud du Tarn et construire une autoroute privatisée. "Voilà l’aberration de ce projet. C’est une route en ligne droite et une autoroute à côté, à 17 euros l’aller-retour", déplore Geoffrey Tarroux, membre du collectif. 

Selon l’association, l’autoroute serait chère et superflue. "Là, on voit le trafic entre 6000 et 8000 véhicules par jour. Une autoroute est considérée comme saturée entre 40.000 et 60.000 véhicules par jour pour vous donner un ordre d’idée. Donc là, l’autoroute serait totalement inutile", poursuit Geoffrey Tarroux, dans le reportage du 13H de TF1 en tête de cet article. 

Une nationale très accidentogène

Mais cette nationale reste l’une des plus accidentogènes du département. Le projet d’autoroute, lui, existe depuis 40 ans. "Il y a 40 ans, on était encore dans le tout voiture. Maintenant, c’est terminé. L’avenir, c’est tout de même de créer des emplois proches des habitations, des commerces proches des habitations", reprend Aline Guérin. 

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Pour ne pas démobiliser la population, les actions originales s’enchaînent. Ambiance décontractée au bal des fouilles. "Nous, notre arme, c’est l’humour. Là, pour sensibiliser le grand public à tout ça, c’est le genre d’action qui nous paraissent les plus pertinentes", sourit un opposant. Une enquête publique vient de démarrer avant les premiers coups de pelle dans trois ou quatre mois. D’ici là, les militants promettent de nouvelles idées d'actions.


Léa Tintillier | Reportage TF1 Perrine Mislanghe, Jean-Vincent Fournis

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