Aide alimentaire : des bénéficiaires de plus en plus jeunes

par Sabine BOUCHOUL | Chronique : Maud DESCAMPS
Publié le 1 mars 2024 à 10h47, mis à jour le 1 mars 2024 à 11h32

Source : Bonjour !

2,4 millions de Français bénéficient de l'aide des banques alimentaires, soit trois fois plus qu'il y a dix ans.
En 2023, les Restos du Cœur ont distribué plus de 170 millions de repas.
Explications de Maud Descamps dans Bonjour ! La Matinale TF1.

Les Restos du cœur lancent, ce vendredi 1ᵉʳ mars, leur 39ᵉ campagne de collecte. Les dons alimentaires sont, aujourd’hui, plus que nécessaires puisque 2,4 millions de Français bénéficient de ces aides fournis par les banques alimentaires. C’est trois fois plus qu’il y a dix ans. C’est le chiffre du jour décrypté par Maud Descamps dans Bonjour ! La Matinale TF1.

Comment expliquer la hausse des bénéficiaires de l’aide alimentaire ?

Les Restos du Cœur ont distribué plus de 170 millions de repas en 2023, soit une hausse de 22% par rapport à l’année précédente. Cette augmentation s’explique notamment par l’inflation et la crise du pouvoir d’achat qui frappent les Français depuis quelques années. Une grande partie des bénéficiaires de ces aides alimentaires vivent en dessous du seuil de pauvreté, on compte aussi beaucoup de famille monoparentale, essentiellement des mères célibataires avec un ou plusieurs enfants, mais aussi des personnes âgées et de plus en plus de jeunes. Les associations avaient tiré la sonnette d’alarme sur ce phénomène de précarisation des étudiants pendant la pandémie de covid-19. Patrice Douret, le président des Restos du Cœur, déclare d’ailleurs dans Bonjour ! La Matinale de TF1 que la moitié des personnes accueillie, aujourd'hui, ont moins de 25 ans. Il ajoute : "un chiffre plus terrible, 126 000 bébés de moins de trois ans, c’est 16 000 de plus en quelques mois seulement".

Une baisse de la qualité des dons

On compte 79 banques alimentaires qui fournissent 6000 associations en France. Les dons alimentaires comprennent les colis, les distributions de repas, mais aussi les épiceries sociales qui proposent des produits à tout petit prix.  

Pour les bénéficiaires de l’aide alimentaire, ces dons sont l’occasion de manger au moins une fois dans la semaine de la viande ou du poisson. Toutefois, l’aide alimentaire connait un autre problème : l’inflation touchant de plein fouet tous les Français et la qualité des dons en pâtit. Moins de viande, ou alors à consommer le jour même, moins de produits frais, plus de gâteaux ou des aliments au Nutri-Score beaucoup trop élevés. Les associations ont constaté que même s’ils ont envie de continuer à aider, les Français (et les enseignes de la grande distribution) déposent des produits de moins bonne qualité, notamment au niveau des ingrédients ou des compositions. En décembre dernier, un bénévole de l’association Notre-Dame des Sans-Abri de Lyon a laissé exploser sa colère sur LinkedIn : "On a beau être pauvre, ce n’est pas pour autant qu’on mange de la salade sous plastique et du pain de mie à chaque repas". 


Sabine BOUCHOUL | Chronique : Maud DESCAMPS

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