"Le masculin l'emporte sur le féminin" : la langue française est-elle encore misogyne ?

par Emma FORTON | Chronique : Christophe BEAUGRAND
Publié le 22 février 2024 à 10h36

Source : Bonjour !

Un papa a porté plainte contre l'État, car il estime que la grammaire française ne respecte pas sa fille.
Écriture inclusive, pronom "ielle" ou encore règle de proximité... De nombreuses propositions émergent pour intégrer davantage les femmes dans notre langue.
Dans Bonjour ! La Matinale TF1, Christophe Beaugrand revient sur cette problématique, qui révèle d'autres inégalités ancrées dans notre société.

Un papa porte plainte contre l'État parce qu'il estime que sa fille est discriminée. Par qui ? Ou plutôt par quoi ? Par la grammaire. Selon un article de 20 Minutes, le papa, lui-même enseignant, explique que la grammaire française est préjudiciable à sa fille. Il fustige notamment cette règle que "le masculin l'emporte sur le féminin". En effet, la jeune fille, âgée de 11 ans, se sent mise de côté et pas respectée. "Mon prof de sport avait dit "tous", j'avais répondu "touste" et il m'a engueulé", raconte-t-elle. Elle souhaite aussi la généralisation du pronom "iel" pour désigner les personnes qui se considèrent n'appartenir à aucun genre. 

Le papa, quant à lui, a adressé un recours pour excès de pouvoir contre la circulaire Blanquer qui interdisait le recours à l'écriture inclusive au sein des établissements scolaires. Pour rappel, l'écriture inclusive a pour objectif de lutter contre les inégalités de genre. Par exemple, avec le point médian : pour le mot "certains", au féminin pluriel, on écrirait "certain.e.s". Une technique qui fonctionne à l'écrit, mais qui est plus compliquée à mettre en pratique à l'oral. Car, c'est aussi la question de l'unité du pays qui se pose, selon Christophe Beaugrand dans Bonjour ! La Matinale TF1 : il faut que nous puissions tous maîtriser une langue et une grammaire communes. Difficile de se comprendre, donc, si chacun a sa propre grammaire. Le Conseil d'État devra plancher sur la question prochainement.

D'autres combats à mener

Est-ce que cela vous choque que le masculin l'emporte sur le féminin ? Réponse des Français dans la rue. "Notre génération, on a appris ça dans ce sens-là, donc ce n'est pas gênant", assure une dame. "Pour l'égalité, il y a bien plus de choses à faire à côté que de parler d'écriture", poursuit un jeune homme. D'autres, sont plus nuancés. "Ce n'est pas forcément choquant, tout dépend du contexte, mais ce qui est choquant, c'est que le masculin l'emporte à chaque fois", constate une jeune femme. 

"On pourrait faire autrement. Je crois qu'avant, il y avait la règle de proximité : "Tom et Lisa sont belles parce que Lisa, c'est le plus proche"", ajoute une autre. 

Il est important de se poser ces questions. Mais il y a également d'autres combats à mener. Les filles doivent être considérées et traitées de la même manière que les garçons. Il faut aussi s'éloigner de tous les stéréotypes : les filles ne doivent pas être cantonnées à la couture et les garçons au football par exemple. Égalité salariale, harcèlement de rue... les problèmes à résoudre sont encore nombreux. Selon les derniers chiffres, il y a un féminicide tous les trois jours en France. On estime qu'une femme sur deux a déjà subi des violences sexuelles.


Emma FORTON | Chronique : Christophe BEAUGRAND

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