La Gironde a été touchée cet été par deux incendies majeurs proches des appellations bordelaises des Graves, Pessac-Léognan, Sauternes, Barsac et Loupiac.
Les viticulteurs étaient donc inquiets pour le goût de leurs raisins.
Qu'en est-il vraiment ?

Près de Landiras (Gironde), le feu s'est parfois arrêté juste à côté des vignes, comme sur l'exploitation Château de Sauvage de Vincent Dubourg. "Il était à peine à 200-300 mètres au sud. Derrière cette ligne de pins, ça montait avec la forme d'un champignon atomique", raconte-t-il dans la vidéo du JT de TF1 en tête de cet article. Pendant deux matinées, ses parcelles étaient en plein milieu de la fumée. Mais le vent a rapidement tourné dans la direction opposée. Les œnologues qui travaillent avec le viticulteur l'ont donc rassuré : son vin ne sera pas affecté. 

"Ce n'est pas avec deux matinées qu'on attrape le goût de fumée, explique-t-il. On l'a échappé belle parce que le vent se serait inversé, déjà, on aurait eu la fumée et ensuite, on aurait eu vraisemblablement le feu qui serait arrivé jusqu'aux vignes, et les vignes auraient servi à ce moment-là de pare-feu. On va dire qu'on a eu beaucoup de chance dans notre malheur"

Des tests en laboratoire

Un peu plus loin, dans une autre propriété, c'est aussi le début des vendanges. Aujourd'hui, le raisin est gorgé de sucre, mais au moment des incendies, les grains n'étaient pas encore matures, ils étaient donc protégés de la fumée. "Cela veut dire qu'il y a peu de sucre à ce moment-là dans le raisin et s'il y a peu de sucre, forcément, la molécule n'a pas de quoi se fixer. Si on avait eu un incendie dans les derniers jours, là, on pourrait se poser la question", souligne Olivier Bernardet, viticulteur et responsable technique du Château Jouvente.

Pour ne laisser aucune place aux doutes sur ce millésime 2022, les raisins de 400 parcelles différentes ont été testés en laboratoire. Résultat : aucune molécule de fumée n'a été détectée. "Toutes les analyses qui ont été effectuées jusqu'à présent montre aucune présence de ces molécules dans les raisins. Mais on n'en sera sûr que dans peut-être six mois ou un an sur les vins finis", précise Barbara Bourbigot, œnologue.

En Australie ou en Californie, où les mégafeux sont fréquents, des récoltes ont été partiellement gâchées par ce goût de fumée. Mais là-bas, les feux étaient en plein milieu des vignes, à seulement quelques jours des vendanges.


V. Fauroux | Reportage vidéo : Yael Chambon et Nicolas Forestier

Tout
TF1 Info