Comment faire pour préserver les campagnes de la bétonisation ?
Elle sera bientôt encadrée pour en finir avec ce qu'on appelle "l'artificialisation des sols".
Dans ces conditions, comment répondre à la demande de logements lorsque la population augmente ? Exemple à Bourgbarré (Ille-et-Villaine)

Il y a encore quelques années, il n'y avait que des champs et des terres agricoles, à Bourgbarré (Ille-et-Vilaine). En un demi-siècle, sa population a été multipliée par cinq, avec à la clef, des transports, un centre de santé et des aires de jeux. Mais ce sont à chaque fois des tonnes de béton qui recouvrent les anciennes terres agricoles. "Dans les années 60, on était 130 agriculteurs, aujourd'hui on en à peine une dizaine", s'inquiète Sabrina Jouanolle, gérante de l'exploitation agricole SARL Jouanolle.

On préfère effectivement vivre avec des vers de terre plutôt que du béton.
Sabrina Jouanolle, gérante de l'exploitation agricole SARL Jouanolle.

Focus sur Bourgbarré, où comment la campagne s'est convertie en ville à la vitesse grand V. Désormais cette gérante d'exploitation céréalière n'est plus toute seule au milieu des champs. "On aime la terre, on préfère effectivement vivre avec des vers de terre plutôt que du béton. Même si on comprend qu'on est maintenant sur l'agglomération rennaise, il faut des logements (...) mais il ne faut pas nous oublier", alerte Sabrina Jouanolle dans la vidéo du 20H de TF1 en tête de cet article. 

Si l'agricultrice s'inquiète, c'est qu'elle a vu le village de sa ville se métamorphoser en une vingtaine d'années. Bourgbarré, au début des années 2000, est un petit village au milieu des champs. Aujourd'hui, le bâti a dévoré les terres agricoles. Pour les habitants de la première heure, il faut arrêter. "Ça s'étend beaucoup trop, la circulation est compliquée",  déplore une passante.

Pourquoi un tel engouement ? Parce que Rennes est à moins de 20 minutes en bus. Une proximité qui attire des familles et des entreprises. L'extension de cette zone économique devrait générer, à terme, près de 1000 emplois.

Côté pile, la ville compte aujourd'hui un centre de santé flambant neuf. Un nouveau groupe scolaire de 550 élèves sera prêt d'ici à 2025. Mais côté face, toutes ces activités génèrent des tonnes de béton qui ont grignoté tous les terrains disponibles. Lorsque Franck Morvan devient maire en 2020, il est déjà trop tard. "On aurait dû laisser plus de vert sauf que la prise de conscience pour ne plus exploiter de terres agricoles est venu plus tard. Il y a maintenant une autre prise de conscience", estime l'élu dans la vidéo du 10H de TF1 en tête de cet article. 

La ZAN, la loi Zéro Artificialisation Nette des sols, a pour but entre autres d'interdire des nouvelles constructions sur des terres agricoles. Une loi difficile à appliquer, à l'heure où les Français occupent toujours plus d'espace. Chaque année, 57.000 hectares de nature disparaissent.


La rédaction de TF1 | Reportage Christohe Jouanneau, Cléa Abel

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