Une route toute neuve est en train d'être détruite en Dordogne.
Des élus et des habitants ne décolèrent pas face à ce qu'ils considèrent comme une "aberration".
A titre de repère, le prix de la démolition est évalué entre 100.000 et 200.000 euros, soit près la moitié du prix de la construction de l'ouvrage.

Il y a quelques jours encore, elle était en parfait état. Une portion de route construite en 2019 est actuellement en train d'être détruite en Dordogne. Cette dernière, de quelques centaines de mètres, correspond à la première tranche de la déviation de Beynac. Contesté en justice, ce projet de déviation comprenait donc une route qui sécurisait l'accès aux 200.000 visiteurs annuels du château des Milandes et deux ponts. Or, début juillet, la cour administrative d'appel a tranché : le site doit être remis en état.

Pour les élus et les habitants, la situation est difficile à accepter. "C'est écœurant parce que c'est une route qui avait couté 400.000 euros", déplore dans le reportage en tête de cet article Angélique De Labarre, propriétaire du château des Milandes situé à Castelnaud-la-Chapelle. "On a autant d'argent que ça en France pour le dépenser comme ça ? Je ne comprends pas", s'offusque-t-elle.

"C'est de l'agent gaspillé"

"C'est une honte", abonde Daniel Dejean, le maire (Se) de la commune. "La route avait été faite aux normes : bassin de rétention, bassin à hydrocarbure.... toutes les autorisations avaient été faites, c'était une route très demandée", poursuit-il. "On va être obligé de détruire pour peut-être un jour avoir les autorisations de faire un nouveau projet et reconstruire", renchérit Serge Parre, maire(Se) de  Beynac-et-Cazenac.

Les habitants ne décolèrent pas non plus. "C'est de l'agent gaspillé, je trouve qu'il y a des aberrations", réagit une habitante. "C'est de l'argent dépensé pour rien", s'agace un autre. 

A titre de repère, la destruction de l'ouvrage devrait coûter entre 100.000 euros et 200.000 euros. En lançant la destruction des ouvrages, le département de la Dordogne espère de son côté suspendre le versement des astreintes imposées par la justice. Il a déjà payé près de 500 000 euros.


La rédaction de TF1 Reportage Erwan Braem, Domitie Bertaud

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