Dans la commune provençale de Solliès-Pont, une famille vit depuis plusieurs mois un "cauchemar".
Sa maison se situe au beau milieu d'un chantier qui devrait durer jusqu'à fin 2025 au plus tôt.
Elle s'est confiée face aux caméras de TF1.

"Il y a à peu près dix mètres de vide et la rambarde est à moins d'un mètre. Chaque fois, on frôle le mur pour monter ", déplore Renaud Di Meglio en empruntant, avec sa femme et leur fils Lucas, l'unique escalier qui mène à sa porte d'entrée. Chaque jour, lorsqu'ils rentrent chez eux, ces propriétaires sont pris d'une sensation de vertige. Depuis le lancement d'un chantier à la fin de l'année dernière, leur maison est entourée de tractopelles, grues et marteaux-piqueurs, ainsi que de toutes sortes de matériaux de construction. "C'est ça toute la journée, on n'en peut plus", lance Renaud en ouvrant une porte-fenêtre, laissant pénétrer un brouhaha dans sa demeure. 

"Un jour, on s'est retrouvé face à des ouvriers en train de travailler, en train de vérifier des micropieux à moins d'un mètre. Concrètement, on vit dans un chantier", se désole Renaud. Le couple, rêvant de campagne et de tranquillité, avait acheté cette maison en 2019 dans la commune varoise de Solliès-Pont. Rien ne laissait présager qu'un projet de 79 logements et d'un parking souterrain allait voir le jour. 

"En créant cette maison, on voulait apporter un petit cocon pour notre enfant, et c'est plutôt en train de tourner au cauchemar", confie le père de famille. "Il (l'enfant, NDLR) a manifesté des peurs à venir se réfugier dans nos bras. On est tout le temps sur son dos parce qu'on a peur qu'il soit en danger", renchérit sa compagne, Julia Battesti. 

Ne souhaitant pas répondre aux questions de TF1, le promoteur assure mettre tout en œuvre pour respecter les droits et la sécurité de la famille, proposant une enveloppe de 1000 euros pour la reloger durant les travaux de gros œuvre. Une offre refusée par le couple. "C'était une somme insuffisante pour un logement qui convient à une famille", commente Renaud. 

De son côté, André Garron, maire de Solliès-Pont, assure que le promoteur est dans son bon droit, car il est rigoureusement sur son terrain et respecte les horaires légaux. "C'est le droit commun qui met des limites aux travaux de 6h du matin à 20h du soir", réagit l'élu. 

Notion de "servitude de passage"

Le promoteur est en revanche censé maintenir les accès préexistants à la maison, même s'ils passent sur son terrain. C'est ce qu'on appelle les servitudes de passage. "Là, on va essayer d'ouvrir le garage, et vous voyez, je ne peux pas plus ouvrir la porte du garage parce qu'ils ont coulé une dalle en béton qui nous bloque la porte", indique Arnaud.

"Vous pouvez très bien obtenir un permis de construire qui sera parfaitement légal, mais qui néanmoins, d'un point de vue du droit privé, porte atteinte à un droit. C'est à vous, quand vous êtes propriétaire et que vous subissez un trouble de ce type-là, de le faire cesser dans un tribunal civil", détaille Maître Paul Szepetowski, avocat en droit de l'immobilier et de l'urbanisme.

Le promoteur a récemment été contraint par la justice à rétablir les servitudes de passage avant le 21 mai. Les travaux ne devraient pas être achevés, au mieux, avant fin 2025.


La rédaction de TF1 | Reportage Julien Garrel, Christine Guerard

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