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Enfants victimes d'inceste : une nouvelle méthode d'audition testée par des gendarmes

V. F
Publié le 8 juin 2021 à 16h14
JT Perso

Source : JT 13h WE

PAROLE DES ENFANTS - La justice est souvent confrontée à la délicate question des témoignages de mineurs victimes de violences sexuelles. Des gendarmes français sont actuellement formés à une nouvelle technique venue du Canada.

Elle porte le nom d'une muse qui en grec veut dire "belle voix". Calliope, c'est son nom, est  une nouvelle technique venue du Québec qui vise à mettre en confiance les mineurs victimes ou témoins de violences sexuelles, afin de les préparer à être entendus par un gendarme, un policier ou un juge. 

Souvent perturbés, impressionnés, ces enfants éludent la plupart du temps les questions gênantes ou manquent de précision, ce qui ne facilite pas les investigations. Alors, au fil de cinq entretiens, on leur apprend avec cette méthode à être sûrs d'eux, sans jamais évoquer ce qu'ils ont subi. Il s'agit par exemple de choisir les bons mots. "Est-ce que tu fais bien la différence entre 'je ne sais pas' et 'je ne me souviens pas' ?" demande-t-on ainsi à une petite fille dans le reportage de TF1 en tête de cet article. 

Une audition plus courte

C'est une association de protection de l'enfance, "Alexis Danan de Bretagne", qui a découvert Calliope et qui, grâce à un partenariat avec le Canada, l'a expérimentée sur plus d'une cinquantaine d'enfants. "On va lui parler uniquement de choses positives pendant les entretiens. Il va apprendre à les décrire, il va apprendre à dire 'je n’ai pas compris', 'je ne sais pas'. Et donc le jour où il va être auditionné, il va être en confiance et on va chercher la vérité. Mais quelle vérité ? La sienne, avec ses mots à lui", explique Laurence Brunet-Jambu, la présidente de l'association bretonne.

Aujourd'hui, cette structure forme des gendarmes. Leur souhait est de faire en sorte qu'avec cette préparation, l'enfant victime soit moins impressionné lors des auditions qu'il vivra lors de la procédure judiciaire, et ainsi obtenir une audition plus courte, souvent difficile pour lui. "Dire, c'est revivre, donc c'est ce qu'on évite aussi. Moins l'enfant reste avec nous, moins ça le raccroche à ce qu'il a vécu. Ça sera un gain de temps. Le lien de confiance étant déjà là, on va chercher la véracité sur ce qui s'est passé", souligne le maréchal des logis chef Cécile Peronnet.

Questionnaire, marionnette, jeu de rôle et même exercice de relaxation sont les outils utilisés lors de ces entretiens de préparation. Face à des enquêteurs ou des juges, avec Calliope l'enfant se sentira plus fort pour décrire au mieux ce qu'il a vécu.


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