La flambée des prix de l'énergie

VIDÉO - Stations-services à sec : à quand le retour à la normale ?

TF1info | Reportage : Ignacio Bornacin et Antoine Bourdarias
Publié le 8 octobre 2022 à 10h45
JT Perso

Source : JT 20h WE

Près de 20 % des stations seraient touchées par des ruptures de carburant.
Dans certaines régions, faire le plein est même devenu un vrai calvaire.
Comment expliquer le ralentissement des livraisons, alors qu'il n'y a pas de pénurie ?

La nouvelle s'est répandue très vite. Cette station de la région parisienne a du carburant, seulement du diesel, mais cela a suffi à générer rapidement une file d'attente. En quelques minutes, tout le monde s'est précipité à la pompe, comme on le voit dans le reportage du 20H de TF1 ci-dessus. "Ça fait une semaine que j'attends de pouvoir remettre de l'essence dans la voiture", explique une jeune conductrice dans la longue file de véhicules. La peur d'une pénurie semble tarauder tous les conducteurs français : mais y a-t-il vraiment un risque ? La réponse est non. Avec ses 200 dépôts de carburants et huit raffineries, le pays a suffisamment de stock. 

Grève pour une hausse des salaires

Le vrai problème, c'est le ravitaillement. La moitié des raffineries, celles du groupe TotalEnergies, sont à l'arrêt à cause d'une grève, tout comme plusieurs dépôts. À Dunkerque par exemple, le carburant ne sort plus. Devant la raffinerie de Normandie, la principale revendication des grévistes est une hausse des salaires de 10 %, pour combattre l'inflation. "On est dans le cadre de superprofits réalisés par notre entreprise", nous explique sur place Germinal Lancelin, secrétaire général de la CGT Exxon Mobil Chimie, "on parle de plus de 400 millions pour le premier semestre (...), et le refus de l'entreprise de redistribuer ces bénéfices exceptionnels aux travailleurs, nous on ne comprend pas".

Ce qui me fait mal au cœur, c'est de l'afficher à ce prix-là

Véronique Gerbaud, gérante du Carrefour Market de Gerzat

Le bras de fer pourrait encore durer. En attendant, certains détaillants cherchent des solutions. À Gerzat par exemple, Véronique a ainsi fait le choix d'acheter le carburant pour ses pompes en Espagne, à plus de 500 km de sa station-service du Puy-de-Dôme. Conséquence, cela coûte deux euros le litre de gazole, soit 40 centimes plus chers qu'en temps normal pour ses clients. "Ce qui me fait mal au cœur, c'est de l'afficher à ce prix-là", déplore-t-elle, "parce qu'au vu de l'inflation, ils doivent se dire 'le Carrefour Market de Gerzat, ils en profitent'".

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La sortie de crise ne semble pas pour tout de suite, et les prix pourraient même augmenter. "Comme il va y avoir beaucoup plus de demande ponctuelle de pétrole", nous explique l'économiste Anne-Sophie Alsif, "à court terme, jusqu'à la fin de l'année, il pourrait y avoir des hausses". En attendant la réouverture des raffineries et des dépôts de carburant, la principale recommandation faite aux automobilistes est de ne pas se précipiter dans les stations-services, pour ne pas aggraver le phénomène.


TF1info | Reportage : Ignacio Bornacin et Antoine Bourdarias

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