L'été 2022 restera dans les annales du monde viticole avec des vendanges qui ont commencé très tôt en raison de la sécheresse et de la chaleur.
Pour résister à ces phénomènes à répétition, le secteur doit trouver des solutions.
La réhabilitation d’anciens cépages plus adaptés aux changements climatiques serait-elle la réponse ?

Trouver une solution n'est plus une option, mais une obligation. Car les exportations de vin pèsent 15 milliards et demi d'euros dans la balance commerciale française. Mais cette année, les vignes sont mises à mal. Un taux de sucre trop fort, un taux d'alcool trop élevé avec deux degrés en plus depuis une décennie. Tous les équilibres sont perturbés. Yannick ne s'attendait pas à remonter si tôt dans sa machine. "Il y a quinze jours d'avance cette année dus aux fortes chaleurs et à la sécheresse. La récolte s'annonce à moins 30%," annonce-t-il. Certains viticulteurs n'en reviennent toujours pas. Aujourd'hui, "les grains sont complètement cramés par le soleil et les baies sont complètement flétries : c'est comme du raisin sec", déplore Christophe Bou, l’un d’entre eux.

Alors, il faut agir et vite. L’institut français de la vigne et du vin se penche sur la réhabilitation de ces anciens cépages, plus résistants aux changements climatiques. En effet, ils pourraient être aujourd’hui plus adaptés, voire plus résistants aux fortes chaleurs.  "En France, nous avons 400 variétés qui font parties du patrimoine ampélographique, mais 40 d'entre elles représentent à peu près 95% de l'encépagement. Donc, il y a encore de la marge pour élargir la diversité cultivée", détaille Olivier Yobrégat de l’Institut français de la vigne et du vin. 

"Des variétés moins sujettes à des stress hydriques"

Dans le laboratoire de l'Institut français de la vigne et du vin, les raisins sont comme des cobayes, étudiés, décortiqués, analysés. "Cela nous permet de déterminer soit des techniques, soit des variétés qui sont moins sujettes à des stress hydriques," explique Olivier Yobrégat.  Après la théorie des livres, place à la pratique. À quelques centaines de mètres, Olivier a retrouvé et regroupé près de 300 variétés anciennes souvent abandonnées comme "le béquignol blanc, le malpé qui veut dire mauvais pied, le guillemot des Pyrénées." Sur un hectare, on observe des feuilles, des formes, des couleurs différentes. Un patrimoine viticole qui est sous haute surveillance, mais soumis à de nombreux tests. Notamment celui de la pression pour mesurer la qualité hydrique des feuilles. "Là, on observe lorsque la petite bulle du flux de sève va sortir, et à quelle pression." L’objectif est clair : "Il y a des variétés qui ont des caractères très intéressants qui vont permettre de fournir des solutions dans le cadre des évolutions climatiques."

Vinovalie, grosse coopérative du Sud Ouest, l'a bien compris. 20 millions de bouteilles sortent ici chaque année, pour Jean-Luc Constant, son directeur, diversifier les cépages est une excellente idée. Devant l'usine, il expérimente un cépage ancien et il est aux petits soins pour "sa pépite", le bouysselet "C'est un ancien cépage qui a été redécouvert en 2008." Un cépage oublié justement parce qu'à l'époque, il murissait trop tard. Mais aujourd’hui, il a un fort potentiel pour résister aux vagues de chaleur qui font grimper le taux d'alcool. 


La rédaction de TF1info | Reportage vidéo : Matthieu Dupont

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