Changer de nom devient plus facile : qui sont les Français qui le font ?

M.G
Publié le 30 juin 2022 à 18h52, mis à jour le 30 juin 2022 à 23h02
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

À partir de ce vendredi 1er juillet, la procédure pour changer son nom de famille va être largement simplifiée.
Les personnes qui le souhaitent vont pouvoir effectuer la modification via une simple déclaration à l'état-civil.
Qui sont les Français, jusqu'ici parfois découragés par la longueur des démarches, à qui cela va bénéficier ?

Un ouf de soulagement pour certains. Dès ce vendredi 1er juillet, la loi du 2 mars 2022 relative au choix du nom issu de la filiation entre en vigueur. Le texte simplifie radicalement la procédure de modification du nom de famille. Chacun pourra, une fois dans sa vie, choisir le sien pour garder celui de sa mère, de son père ou les deux, dans le sens qu'il souhaite. Le tout en effectuant une déclaration auprès de l'état-civil. Une fois confirmé, le changement s’étendra automatiquement aux enfants du demandeur lorsqu’ils ont moins de 13 ans, et avec leur consentement au-dessus de cet âge. Une disposition a également été introduite en faveur des mineurs, dans certains cas particuliers. 

En 2020, près de 4300 demandes de changement de nom ont été enregistrées par l'état-civil en France (contre 2900 en 2019 et 2500 en 2017). Plus de 40% ont été rejetées. Ce régime modernisé va donc faciliter la vie de milliers de personnes. Ce n'est même que la face cachée de l'iceberg, de nombreuses personnes n'osant précédemment pas sauter le pas du fait des lourdeurs juridiques. 

1 Français sur 5 a la volonté de changer de nom de famille

Ainsi, dans une étude de l'Ifop publiée en février dernier, 22% des Français disaient qu'ils souhaiteraient changer de nom de famille si cela leur était rendu possible par les pouvoirs publics. Ce qui va donc être le cas. À noter que ce chiffre varie en fonction de différents facteurs. De l'âge d'abord. En effet, si seulement 14% des plus de 65 ans déclarent vouloir changer leur patronyme, ils sont 37% chez les moins de 35 ans et même 47% chez les plus jeunes (18-24 ans). Du sexe ensuite, 17% des hommes envisageant un changement contre 26% des femmes. En revanche, aucune différence notable en la matière n'est à signaler en fonction des métiers. 

Pour ce qui est des motivations, plusieurs tendances ressortent, quand bien même elles sont souvent plus complexes et propres à chaque individu. Déjà, de nombreuses personnes souhaitent se débarrasser de leur nom du fait de leur caractère ridicule. C'est dans cette optique que s'était renseignée Gladys Gros-désir, qui témoigne dans le reportage du 20H de TF1 en tête de cet article (diffusé en novembre dernier), avant de renoncer à aller au bout. "Quand j’envoie un mail ou même que je me présente au téléphone, on ricane. Certains collaborateurs ne me prennent pas au sérieux à cause de mon nom de famille. Ils l’associent facilement à quelque chose de pornographique", confiait la femme de 28 ans. 

Changer pour des raisons religieuses ou professionnelles

Des raisons davantage d'ordre culturel - liées à la religion ou dans une volonté d'intégration (francisation) sont également avancées. Une telle volonté de changement peut aussi découler du désir d’être connu sous un autre nom. S'inventer d'autres personnalités, se fabriquer un visage. De même, certaines célébrités élaborent leur propre stratégie en la matière. Sophie a ainsi choisi Marceau plutôt que Maupu, et Jean-Pierre a opté pour Cassel plutôt que Crochon. 

Dans d'autres métiers, certains choisissent de faire la démarche pour des raisons professionnelles. "Depuis toujours, je préfère le nom de ma mère, Decroix. Il a une histoire de famille importante à mes yeux que je souhaite faire perdurer. [...] Entre une société qui s’appellerait Vigier et une société qui s’appellerait Decroix, les gens accrocheraient plus avec Decroix, qui est moins basique", confiait en janvier dernier Charlotte Vigier, jeune femme de 19 ans voulant devenir vitrailliste, au magazine Neonmag

Je dois préciser que je suis la maman parce que sinon mon nom ne fait écho à personne

Marianne Joly

Changer de nom sera bientôt plus facileSource : JT 13h Semaine
JT Perso

Souvent, les causes d'un changement de nom découlent d'un passé douloureux ou d'un enchaînement d'événements qui rend un statu quo impossible. Les personnes qui souhaitent se lancer dans une telle démarche, pour elles ou pour leurs enfants, après un divorce ou une séparation, sont ainsi particulièrement nombreuses. Marianne Joly, que TF1 rencontrait en janvier dernier dans le reportage ci-dessus, est dans cette situation. "Sur le cahier d'école de mes deux enfants, par exemple, il y a juste le nom du papa qui est écrit, son adresse, son numéro de téléphone. Que ce soit quand on part en voyage ou à l'école, quand je me présente, je dois préciser que je suis la maman parce que sinon mon nom ne fait écho à personne, et ça, c'est compliqué", racontait cette mère divorcée. 

Se détacher absolument de l'un de ses deux parents

En outre, "quand on porte le nom d'un bourreau, de quelqu'un qui a maltraité l'autre parent, qui nous a abandonné ou tout simplement parce qu'il est source de dispute, de harcèlement, il faut qu'on puisse permettre à ces personnes-là de changer de nom", plaidait dans le même reportage Marine Gatineau Dupré, membre du collectif, "Porte Mon Nom". 

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Fils d'un père violent qui ne l’a pas élevé, André Mancini a opté pour le nom de sa mère. "Depuis que j’ai deux ans, tout le monde me connaît sous le nom de ma mère", affirme-t-il dans la vidéo en tête de cet article. Pour autant, tout n'a pas facile pour parvenir à ses fins. "Ils (les officiers de l'état-civil, ndlr) m’ont dit que le motif affectif ne suffisait pas à caractériser l’intérêt légitime. Limite, j’aurai préféré avoir un nom à consonance ridicule. Ça aurait été beaucoup plus facile". Des difficultés qui ne devraient plus survenir avec la nouvelle loi. 


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