La mobilisation des agriculteurs a franchi une nouvelle étape, ce jeudi.
Feux de paille, opérations coup-de-poing dans des hypermarchés, peinture sur des radars... De nombreuses villes ont été touchées par des actions radicales.
Des images compilées par le 20H de TF1.

Les agriculteurs ne lâchent pas et amplifient leur mobilisation. Partout en France, les actions se sont multipliées ce jeudi, parfois de manière plus radicale que ces derniers jours. À Bordeaux (Gironde), une soixantaine de tracteurs ont convergé jeudi soir vers le quartier des institutions, où des agriculteurs ont allumé des feux de paille et de palettes devant la préfecture et le conseil départemental. 

"On met beaucoup de pressions, et si ça ne suffit pas, on continuera et on ira jusqu'au bout", promet Hugo Lafon, un éleveur bovin présent sur les lieux. Un peu plus au nord, la préfecture de Poitiers (Vienne) a aussi été recouverte de purin, quand celle de Nantes (Loire-Atlantique), elle, avait été tapissée de foin ce matin, donnant lieu à des images impressionnantes, à retrouver dans le reportage du 20H visible en tête de cet article. 

Des fruits étrangers jetés sur le bord des routes

Dans le viseur des agriculteurs ? Les symboles de l'État et de la grande distribution. À Guingamp (Côtes-d'Armor), plusieurs dizaines de manifestants ont débarqué dans l'après-midi dans un hypermarché pour faire le ménage dans les rayons. Ils traquaient avant tout les produits étrangers. "On voit bien que certains rayons sont déjà vides, explique Pierre-Marie Henry, salarié agricole. Je pense qu'ils ont été prévenus en avance." Quelques mètres plus loin, certains se saisissent de paquets de fromage râpé "produits à l'étranger" alors qu'une "entreprise en fait" dans la région.

À 700 kilomètres de là, le même parfum de révolte se fait sentir à Agen (Lot-et-Garonne). Dans la ville, épicentre de la grogne agricole depuis quelques jours, une autre enseigne du groupe E. Leclerc est, elle aussi, visée. "Les actions chocs, il n'y a que ça [qui fonctionne] aujourd'hui, on le voit bien, estime José Pérez, responsable départemental de la Coordination rurale, un syndicat agricole. Il faut que ça marque, que ça parle, et là ça risquera de bouger." Les camions étrangers sont également visés. À Nîmes (Gard), des cagettes de clémentines espagnoles ont été saccagées. Tout comme des tonnes de tomates, à Malataverne (Drôme), brûlées au bord de l'autoroute A7.

Autre cible des agriculteurs : les radars, recouverts de plastique ou de peinture. Une action coup-de-poing illégale, mais ses initiateurs assument leurs objectifs. "Les automobilistes et les personnes hors du cadre agricole nous soutiennent", assure ainsi un manifestant. La contestation ne cesse de s'étendre : vendredi, deux syndicats agricoles ont appelé à bloquer les principaux axes menant à Paris. 


T.A. | Reportage Esther LEFEBVRE et les bureaux de TF1 en région

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