Que contient le projet de loi pour la "souveraineté agricole" présenté ce mercredi ?

par V. F | Reportage TF1 : Valentin Dépret, Tara Lagoutte et Julien Denniel
Publié le 3 avril 2024 à 7h30

Source : TF1 Info

La mobilisation agricole pour réclamer moins de normes et une meilleure rémunération ne faiblit pas.
Pour répondre à cette colère, Gabriel Attal avait promis en janvier une nouvelle loi qui sera présentée ce mercredi en conseil des ministres.
Mais pourra-t-elle satisfaire les agriculteurs ?

Alors que le projet de loi d'orientation sur l'agriculture est présentée ce mercredi en conseil des ministres, les agriculteurs se sont remobilisés ce mardi après-midi dans les Côtes-d'Armor, où des dizaines de tracteurs ont bloqué un rond-point à Plourivo, près de Guingamp. "À l'image du temps de ce jour, le brin de soleil n'est toujours pas arrivé. On attend toujours une réelle ambition, des mesures concrètes", réagit l'un d'eux dans le reportage de TF1 ci-dessus.

Attirer les jeunes

Des mesures concrètes, il y en a quelques-unes, notamment dans le premier volet de cette loi dont le but est de renforcer l'attractivité du secteur. Puisqu'un agriculteur sur deux partira à la retraite d'ici à 2030, le gouvernement veut attirer les jeunes avec plus de stages agricoles dans les collèges et les lycées et la création d'un "Bachelor agro", un nouveau diplôme de niveau bac+3, plus exigeant et donc plus valorisé. Enfin, l'État souhaite créer une nouvelle structure nommée "France Services Agriculture" pour accompagner ceux qui souhaitent lancer leur activité. 

Insuffisant selon David Labbé, éleveur de volailles. Pour lui, l'État aurait dû se focaliser sur la rémunération. "Aujourd'hui, le souci, c'est le revenu. Un jeune ne veut pas s'installer s'il voit ses parents qui ont trop trimé et qui n'y arrivent pas. Demain, je ne pense pas avoir de repreneur après moi", déplore-t-il.

Le deuxième grand chantier, c'est la simplification des règles. Le gouvernement compte bel et bien s'y attaquer. David, justement, croule sous les papiers et les normes. Dans son exploitation, il a des dizaines de paramètres à surveiller en permanence. "On a des capteurs de température, on a des capteurs d'hygrométrie, intérieure, extérieure. Il faut chauffer, ventiler", détaille-t-il. Et sans aide de l'état, cela lui coûte cher. "L'électricité, j'étais à 13 000 euros par an, je suis passé à 26 000, donc j'ai doublé", précise-t-il.

Le gouvernement assouplit aussi les sanctions pour "atteinte à l'environnement". Élagage des haies, pollution des eaux… L'État veut privilégier la pédagogie. En revanche, c'était attendu, mais aucune mesure ne concerne l'utilisation des produits phytosanitaires. Ce projet de loi d'orientation agricole passera ensuite devant le Parlement pour une adoption espérée avant l'été.  


V. F | Reportage TF1 : Valentin Dépret, Tara Lagoutte et Julien Denniel

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