Le 20h

Coût, gestion... la vétusté de l'éclairage public épinglée par la Cour des comptes

LT
Publié le 19 mars 2021 à 13h29, mis à jour le 19 mars 2021 à 13h35

Source : JT 20h Semaine

FINANCES PUBLIQUES - Un rapport de la Cour des comptes publié ce jeudi met en lumière l’incroyable vétusté de notre éclairage public. Le moderniser permet pourtant aux collectivités de réaliser des économies d'énergie.

L’éclairage public est "largement vétuste" sur l'ensemble du territoire national. C’est ce qu’indique le rapport annuel de la Cour des comptes publié ce jeudi. L’ancienneté des ampoules entraîne des coûts économiques et environnementaux importants. En France, quatre millions de lampes ont plus de 25 ans sur les 9,5 millions qu'on dénombre au total. Freinées par le coût important que représente le changement des ampoules, les communes n’investissent en effet pas assez pour mettre aux normes leur éclairage.

La Cour suggère donc d’augmenter les moyens des communes en matière d’éclairage pour faciliter son entretien et réduire ainsi les coûts. Ceux-ci sont aujourd’hui estimés "à près de deux milliards d’euros, dont 800 millions d’euros de dépenses d’électricité", indique le rapport.

Les LED pour économiser sur la facture d'électricité

Utiliser des LED pourrait considérablement faire baisser la facture des communes. C’est ce que fait la commune de la Côte-Saint-André, en Isère. Depuis quatre ans, elle remplace tous ses points lumineux. Ce projet, qui coûte 450.000 euros, prend du temps."On a mis presque cinq ans entre le diagnostic et la négociation parce que nous sommes un site patrimonial remarquable. C’est-à-dire que nous devons discuter avec les architectes des bâtiments de France pour choisir le bon lampadaire, le bon coloris", explique le maire de la commune. 

La Cour s’est appuyée sur une enquête réalisée auprès de douze collectivités territoriales en région Auvergne Rhône-Alpes et le bilan est sans appel. Les ampoules doivent être changées rapidement. Parmi les communes étudiées, "certaines ne rénovent pas leur parc par manque de moyens ou d’intérêt, d’autres limitent leurs interventions à la maintenance des installations existantes et ne cherchent pas à améliorer la performance des équipements", souligne le rapport,  qui précise que le dossier est mal géré par les pouvoirs publics locaux. 

600.000 euros économisés par an pour une ville comme Alès

À Alès, la mairie a changé toutes ses ampoules en 2018. "C’est plus de 600.000 euros, pour une ville comme Alès, économisés par an donc c’est l’économie in fine pour le contribuable. C’est plus de 16 euros par an et par habitant économisés donc c’est de l’argent qui pourrait être utilisé à autre chose", affirme le maire d’Alès. Le problème est que les communes ne concertent pas toujours leurs voisines. La Cour des comptes pointe du doigt ce manque d’harmonisation. Elle suggère de confier la gestion de l’éclairage à un syndicat départemental d’énergie.  

Selon le rapport, les communes "vérifient peu leurs factures d’électricité". Pourtant, cette vérification leur permettrait de réduire leurs dépenses. Il pointe aussi le fait que la pollution lumineuse n'est pas prise en compte et évoque "un bilan environnemental en demi-teinte".  "La réduction de la pollution lumineuse nécessite d’agir sur plusieurs paramètres, notamment l’orientation des sources, la puissance émise, le spectre lumineux, la temporalité et la durée de l’éclairage", indique le rapport. La Cour demande aux communes de faire des efforts en matière environnementale mais aussi économique et leur recommande de "développer des projets d’investissements cohérents, d’améliorer la connaissance de leurs installations d’éclairage public et de planifier leur renouvellement et enfin d’intégrer l’éclairage public dans les plans climat-air-énergie territoriaux".


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