Recrutements, masques FFP2, report d'évaluation… la réponse de Jean-Michel Blanquer à la colère de l'école

Laetitia Asgarali Dumot
Publié le 14 janvier 2022 à 6h06, mis à jour le 14 janvier 2022 à 8h11

Source : TF1 Info

LE RÉCAP - À l'issue d'une journée de grève à l'école et d'une réunion avec les syndicats jeudi soir, Jean-Michel Blanquer a annoncé plusieurs mesures pour tenter de faire face à la colère des enseignants.

Alors que près de 77.500 personnes, selon l'Intérieur, étaient dans la rue ce jeudi 13 janvier pour manifester l'exaspération des personnels face à la valse des protocoles sanitaires liés au Covid-19, le ministre de l'Éducation, Jean-Michel Blanquer a assuré avoir "compris les tenants et aboutissants de cette forte mobilisation" et a annoncé plusieurs mesures en fin de journée.

5 millions de masques FFP2 pour certains personnels

Suite à une réunion avec les syndicats, le Premier ministre Jean Castex et le ministre de la Santé Olivier Véran, Jean-Michel Blanquer a annoncé la mise à disposition de "5 millions de masques FFP2", notamment sur demande pour les enseignants de maternelle.

"Nous avons entendu l'attente en matière de masques FFP2. Nous avons rappelé que le Haut conseil de sécurité publique ne préconisait pas spécialement leur développement, mais nous avons souhaité avec le Premier ministre que ce soit possible quand même, particulièrement pour certains personnels. Je pense aux professeurs en maternelle, qui ont des enfants sans masques face à eux, aux professeurs qui interviennent devant les élèves en situation de handicap, à ceux que nous appelons les AESH [ndlr : Accompagnants d'élèves en situation de handicap].", a indiqué le ministre de l'Éducation nationale.

"Même si le principe n'est pas une généralisation pour tous tout le temps, ce n'est pas forcément souhaitable en soit, néanmoins, c'est 5 millions de masques FFP2 qui seront ainsi diffusés dans le système scolaire pour répondre aux besoins", a ajouté Jean-Michel Blanquer. Le gouvernement a également indiqué que des masques chirurgicaux seraient distribués à partir du début de la semaine prochaine pour les personnels de l'éducation.

Sur le cas des "capteurs de CO2", réclamés depuis des mois, le ministre a rappelé que les collectivités territoriales, compétentes en la matière, peuvent solliciter le fond mis en place par l’État pour se les procurer.

3300 contractuels en plus pour les remplacements

Pour remplacer les enseignants absents, le ministre a promis "plusieurs milliers" de remplaçants "pour faire face à la crise". "Il est exact que le Covid créé des absences de professeurs, de personnels administratifs et qu’il faut pourvoir à ces remplacements", a-t-il reconnu. Jean-Michel Blanquer a déclaré prévoir le recrutement de "3300 contractuels de plus" et le recours aux listes complémentaires, c'est-à-dire aux candidats qui ont eu le concours, mais n'ont pas été recrutés.

"J'ai annoncé que nous recruterions 3300 contractuels de plus, que nous allons avoir recours aux listes complémentaires, c'est-à-dire donc à des personnes qui sont sur des listes de concours et qui rentrent ainsi dans la fonction, notamment à l'école primaire", a-t-il dit, répondant à une demande formulée par les syndicats. "Nous allons aussi recruter ce que l'on appelle des assistants d'éducation (AED, ndlr) et des personnels d'appui éducatif pour les directeurs d'école", a ajouté le ministre de l'Éducation.

Les évaluations de CP reportées, celles du bac en consultation

Face aux perturbations engendrées par la crise sanitaire, les évaluations de "mi-CP", qui devaient commencer la semaine prochaine, seront, elles, "reportées à un délai qui reste à définir"

Concernant les épreuves de spécialités du bac, qui normalement ont lieu en mars dans le cadre de la nouvelle réforme, le ministre a indiqué qu'il allait "faire une analyse là encore avec les organisations représentatives" pour "voir s'il est opportun d'avoir un report de ces épreuves de mars vers le mois de juin".

Blanquer a également déclaré que des concertations régulières seront désormais organisées avec les syndicats."Il y a une fatigue par rapport à tous les enjeux de la crise sanitaire, chacun le comprend. Ça a été aussi un moment d'explications. Il a d'ailleurs été décidé qu'il y aurait désormais une réunion bi-mensuel avec les organisations syndicales, le ministère de la Santé et bien sûr le ministère de l'Éducation nationale, ce qui permettra de comprendre pourquoi parfois des décisions doivent subir des adaptations parfois très rapides", a-t-il précisé, demandant le "retour d’un climat de confiance".


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