Après Shanghai, la capitale Pékin va-t-elle à son tour être confinée ?
Ce n'est pas encore le cas, mais les dernières mesures prises par les autorités sont extrêmement coercitives.

Midi sonne à Pékin, mais en terrasse, aucun client n'apparaît à l'horizon. "Normalement, le restaurant devrait être complètement plein, à l'intérieur comme à l'extérieur. Parfois, des gens font même la queue", regrette dans le reportage du 20H de TF1 en tête de cet article le gérant de Bistro 108, un restaurant français situé au cœur de la capitale chinoise. Banquettes et tablées sont désormais totalement vides. Depuis quatre jours, ces établissements ainsi que les bars ne sont plus autorisés à accueillir du public. "La perte grimpe aux alentours de 90%", pointe le restaurateur.

Largement épargnée depuis deux ans par le virus, la Chine affronte ces dernières semaines sa pire flambée épidémique depuis le printemps 2020, qui a mis à mal sa stratégie du zéro Covid. Shanghai, la plus grande ville du pays avec 25 millions d'habitants, concentre la plupart des cas et a déjà basculé dans le confinement il y a plus d'un mois. L'étau se resserre désormais sur Pékin, même si la capitale 21 millions d'habitants ne recense que quelques dizaines de cas quotidiens, dont 51 nouvelles contaminations mercredi. 

Protocole sanitaire renforcé à l'entrée des lieux publics

Des vidéos montrent déjà des fonctionnaires qui cadenassent les portes de logements pourtant habités, situés en bordure de la ville, dans des résidences où des cas ont été recensés et qui sont depuis soumises à la quarantaine. Ils installent aussi des tiges en métal, enfoncées dans le sol au seuil des entrées, pour empêcher les habitants de sortir. Sans compter les écoles fermées, des zones piétonnes et une soixantaine de stations de métro bouclées mercredi dans la ville. Des libertés sacrifiées au nom de la guerre contre le virus. 

Les tests Covid sous les tentes de dépistage sont un passage devenu indispensable, même pour accéder à un lieu en extérieur. Les files d'attente s'étirent sur plusieurs dizaines de mètres et sont tenues sous haute surveillance par des agents vêtus de combinaisons de protection. "Deux mètres entre vous, reculez", lance l'un d'eux. À l'entrée du parc, le code de santé, le passeport sanitaire chinois, est à présenter, mais aussi désormais un test PCR de moins de 48 heures. Le protocole s'applique à tous les lieux publics et les bureaux.  

Ce lot de restrictions survient en plein milieu des vacances nationales. Faute de pouvoir voyager, les Pékinois tentent de se détendre comme ils le peuvent dans ces parcs qui constituent un dernier espace de liberté, malgré les consignes incessantes crachées par les hauts-parleurs, qui rappellent l'obligation du port du masque.

Une incertitude oppressante

Mais gare à ceux qui se relaxent un peu trop : "Une jeune dame avec un brassard rouge s'est approchée pour nous expliquer qu'il était interdit de s'allonger, que l'on pouvait seulement rester assis", raconte une Française, installée sur une serviette étendue sur la pelouse, au bord d'un étang. Dans les rues, des agents en combinaison de la tête aux pieds désinfectent les trottoirs avec une lance qui projette des panaches de fumée. Pour l'heure, il est impossible de savoir quand ces restrictions seront levées. 

Une incertitude particulièrement pesante pour les plus jeunes, comme Gabriel, un élève de Première du lycée français, qui a dû fermer ses portes pour une durée indéterminée. L'adolescent doit pourtant passer le bac dans un peu plus d'un mois. "Il y a beaucoup d'inquiétude : si le lycée est fermé, si les déplacements sont impossibles, ils ne pourront évidemment pas passer l'épreuve", pointe son père, Franck Pajot, un expatrié français résidant à Pékin. 

Le porte-parole du gouvernement municipal, Xu Hejian, a déclaré mercredi aux journalistes que la capitale allait "prolonger temporairement" les restrictions, y compris l’interdiction des restaurants et la fermeture des lieux de divertissement et des clubs de sport. Toujours plongés dans l'attente, tous les habitants se préparent au pire. Les autorités viennent de rouvrir un hôpital de fortune de 1200 lits, comme une réminiscence du pire de la crise du Covid-19. 


M.L | Reportage TF1 Justine Jankowski et Yanne June-Rou

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