La France face à une 3e vague d'ampleur

Saint-Etienne : une fête d'anniversaire dégénère en "catastrophe sanitaire"

La rédaction de LCI
Publié le 8 octobre 2020 à 14h00, mis à jour le 12 octobre 2020 à 17h42
JT Perso

Source : Sujet Digital LCI

L'essentiel

CORONAVIRUS - Une enquête a été ouverte à Saint-Étienne après qu'une fête privée a dégénéré, réunissant au final plus de cent jeunes dans un appartement et les parties communes d'un immeuble. Le procureur-adjoint de la ville évoque une "véritable catastrophe en termes sanitaires". Une enquête pour "mise en danger de la vie d'autrui" a été ouverte.

C'est l'histoire d'une simple soirée, devant réunir une dizaine de personnes, qui vire à la "catastrophe en termes sanitaires", selon les mots du procureur-adjoint de Saint-Etienne auprès de nos confrères de France Bleu. La semaine dernière, un jeune homme avait organisé une fête d'anniversaire pour son colocataire : 15 personnes maximum, masques obligatoires, gel hydroalcoolique à disposition... Les précautions semblaient avoir été prises. Selon l'antenne locale de France Bleu, l'organisateur avait même prévu de rester sobre afin de contrôler au maximum le respect des gestes barrières. Mais au final, la gueule de bois est sévère : ce qui ne devait être qu'une petite fiesta se solde par l'ouverture d'une enquête pour "mise en danger de la vie d'autrui".

Plus d'une centaine de personnes s'incrustent

Car avec la fuite d'images et le bouche-à-oreille des réseaux sociaux, à la fin de soirée, ce sont pas moins de 150 personnes qui n'avaient pas été invitées initialement qui se sont retrouvées à danser et boire dans l'appartement de 60m², ainsi que dans les parties communes de l'immeuble, selon la préfecture. 

Alertés par le bruit, les voisins ont appelé la police, qui est venue constater la présence de ces dizaines de fêtards. Le parquet a été saisi et une enquête a été ouverte. Selon Le Progès, l'établissement auquel appartiennent certains des participants, le campus stéphanois de l’EM Lyon, "est fermé pour 15 jours à la suite de plusieurs cas de Covid-19 parmi les étudiants". Les cours se feront à distance. 

Dans l'école voisine, cette fête est considérée comme "pas fameuse" par l'un des étudiants. Un autre relativise en expliquant que c'est la période des soirées : "C'est compréhensible, mais quand même assez dangereux vu le contexte". Une Stéphanoise rencontrée n'est guère étonnée de la tournure des événements : "On a tellement entendu que les jeunes ne craignaient rien qu'ils ont fait ce qu'ils avaient à faire. L'épidémie s'est étendue et on en revient au point de départ...". "Faut bien que jeunesse se fasse, certes, mais la prudence est de mise. Il faut penser à soi, et puis aux autres, parce qu’en faisant des fêtes comme ça, ça va s’amplifier et on ne va pas s’en sortir", considère une autre.

 Lors du conseil métropolitain qui s'est tenu le 5 octobre dernier, la préfète de la Loire, Catherine Seguin, a évoqué une "dégradation de la situation" dans la région. A propos de cette soirée, elle  a évoqué une fête qui s'est déroulée "au mépris absolu des règles sanitaires". Il y a une semaine, Saint-Etienne faisait partie des cinq métropoles (avec Lille, Lyon, Grenoble et Toulouse) qu'Olivier Véran avait pointé comme connaissant une évolution "très préoccupante", le ministre de la Santé brandissant la menace d'un durcissement des mesures prises pour freiner l'avancée du virus. Selon plusieurs médias, Saint-Etienne pourrait basculer en zone d'alerte maximale dans les prochaines heures : dans la région, le taux d'incidence explose chez les 18-24 ans.