Le 13H

Pièges anti-moustiques : comment marchent les bornes qui imitent la respiration humaine ?

Léa Tintillier | Reportage TF1 Emilie Spertino, Sylvain Rolland, Henri-Paul Amar
Publié le 9 juin 2022 à 10h00
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

L'arsenal anti-moustiques dispose d'une nouvelle arme : des bornes développées par une entreprise des Bouches-du-Rhône.
Ces pièges n’attirent que les moustiques femelles, et non les mâles et les autres espèces.

Ils sont le cauchemar de vos étés. Les moustiques sont déjà de retour. Alors Jacques Guillaume, le gérant du camping Les jardins de la Pascalinette, dans le Var, a décidé d’investir dans une trentaine de bornes anti-moustiques. "L’équipement, c’est un peu comme un château fort. On commence par mettre une enceinte de bornes et puis on se rapproche des zones sensibles avec différents points à l’intérieur du camping", explique-t-il. 

Jacques Guillaume a ainsi investi 70.000 euros pour équiper son camping, mais les employés et les campeurs voient une nette différence avec les étés précédents. "Ça nous est arrivé de remettre des pantalons par exemple, et de ne pas travailler en short pour ne pas se faire dévorer au niveau des jambes. Là, on peut rester en short toute la journée", se réjouit Franck Rey, responsable de la maintenance du camping. 

Ces bornes sont produites dans l’usine Qista, à Sénas (Bouches-du-Rhône), avec l’idée de proposer une alternative aux insecticides. "La borne anti-moustique va simuler la respiration de l’être humain en expirant des molécules de dioxyde de carbone et d’autres acides que l’être humain produit naturellement et la femelle finira par être aspirée", explique Pierre Bellagambi, le PDG de Qista, dans le reportage de TF1 en tête de cet article. 

Les moustiques mâles et les autres espèces ne sont pas attirés

Dans le but de préserver et de protéger la biodiversité, seules les femelles moustiques, qui ont besoin de piquer pour pondre, sont attirées aux abords des zones à protéger. Ainsi, cela les empêche de pondre près de 200 œufs toutes les 48 heures. Et qui dit moins d’œufs, dit moins de moustiques et donc moins de piqûres. Les moustiques mâles, quant à eux, et les autres espèces d’insectes, comme les abeilles, les papillons ou les coccinelles, ne sont pas attirés dans le piège et restent disponibles comme proies pour la faune locale. 

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Une borne coûte entre 1000 euros (pour les particuliers) à 2000 euros (pour les collectivités). Un investissement que la commune de Hyères (Var) a choisi de faire en 2018 pour préserver le tourisme. "Les clients partaient parce qu’il y avait trop de moustiques, que c’était compliqué, qu’il y avait beaucoup de piqûres… Aujourd’hui, ce n’est plus le cas", affirme Fabrice Werber, directeur général des services adjoint à la mairie de Hyères. 

400 bornes quadrillent désormais la ville. En moyenne, à Hyères, deux à trois millions de moustiques sont capturés chaque année par ces bornes. De quoi enfin profiter de l’été. 


Léa Tintillier | Reportage TF1 Emilie Spertino, Sylvain Rolland, Henri-Paul Amar

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