VIDÉO - Des revendications différentes, mais une même colère : les agriculteurs défient Bruxelles en France et en Europe

par La rédaction de TF1info | TF1 Reportage : Sylvie Pinatel, Perrine Mislanghe
Publié le 21 janvier 2024 à 9h41, mis à jour le 21 janvier 2024 à 12h51

Source : JT 20h WE

La colère monte depuis plusieurs semaines dans le monde agricole, que ce soit en France ou dans d'autres pays européens.
En cause notamment : la politique de Bruxelles et les mesures prises pour assurer les transitions écologique et énergétique.
Dans plusieurs pays, les manifestations se multiplient, avec des motifs d'inquiétude parfois très différents.

La portion de l'autoroute 64 entre Tarbes et Toulouse, en Occitanie, est devenue en quelques heures l'épicentre de la colère du monde agricole. Un barrage d'une cinquantaine de tracteurs où les professionnels se relaient pour bloquer l'axe routier. Des agriculteurs déterminés à se faire entendre et qui n'ont plus rien à perdre. "On n'ouvrira pas l'A64 tant que nos revendications ne seront pas entendues", prévient Cédric Baron, éleveur bovin et céréalier à Montoussin (Haute-Garonne). Car ces professionnels ne parviennent plus à vivre décemment de leur activité. 

La fin des aides sur le gazole, les restrictions en eau et la propagation de la maladie hémorragique épizootique au sein des troupeaux de vaches dans le sud de la France ont largement mis à mal le monde agricole. Des contraintes, des aléas et des coûts qui rendent leur vie impossible. "Il faut que les gens comprennent bien qu'un agriculteur, chaque année, il rejoue 100% de son revenu. Donc, il met de l'argent sur la table, et il ne sait pas si ça va lui rapporter à la fin", assure Bertrand Loup, éleveur bovin à Larroque (Tarn).

Samedi après-midi, le préfet de la région a reçu les manifestants pendant trois heures. Mais à l'issue, la colère est toujours là : "C'est juste des paroles, encore une fois. Nous, on veut du concret maintenant", réclame Jérôme Bayle, éleveur bovin, qui assure que les blocages vont continuer. "Tant qu'on aura à manger, on ne bougera pas", lance-t-il devant les journalistes. Une colère qui ne touche plus seulement l'Occitanie, mais se répand dans d'autres régions. 

À Limoges, ces derniers jours, des agriculteurs ont versé du fumier pour protester contre la réglementation européenne et le manque de soutien de l’État. Et les agriculteurs français ne sont pas les seuls en colère. Lundi à Berlin, des milliers de professionnels allemands ont appelé  à la démission du gouvernement après sa décision de baisser les aides sur le diesel agricole. Même chose en Roumanie, où les agriculteurs craignent l'impact de la mise sur le marché commun de l'Union européenne des produits agricoles ukrainiens. 

Si les agriculteurs européens n'ont pas tous les mêmes problèmes, la colère, elle, est la même. Car tous se sentent victimes de la politique de Bruxelles pour soutenir les transitions énergétique et écologique, pourtant indispensable pour tenter de limiter le changement climatique dû aux activités humaines, et l'effort de guerre ukrainien. 


La rédaction de TF1info | TF1 Reportage : Sylvie Pinatel, Perrine Mislanghe

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