Le 13H

Déserts médicaux : le coup de gueule retentissant d'un maire de Vendée

M.D. | Reportage vidéo TF1 Nicolas Hesse et Killian Moreau
Publié le 1 décembre 2022 à 15h08
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

Le maire d'une petite commune de Vendée a caché le mot "égalité" sur la façade de sa mairie pour alerter sur les difficultés d’accès aux soins.
Un geste symbolique qui n'a pas été du goût du préfet.
Une équipe de TF1 s'est rendue place.

Un geste symbolique pour frapper les esprits et alerter sur la situation dans laquelle se trouve sa commune, nichée en plein cœur d’un désert médical en Vendée. Ce jeudi matin, le maire (SE) de Grues, Gilles Wattiau, a finalement consenti à retirer le morceau d’adhésif qui cachait le mot "Égalité" de la devise de la République Française "Liberté, Égalité, Fraternité" du fronton de sa mairie, qu'il avait lui-même posé quelques jours plus tôt. 

Mardi soir, l’édile a été rappelé à l’ordre par le préfet dans un communiqué relayé par France-Bleu. "Il ne vous est pas possible, en votre qualité de maire, de mobiliser vos pouvoirs de police ou la symbolique républicaine pour porter un discours intentionnellement polémique", lui a-t-il écrit, invoquant "le respect de neutralité des services publics". Gilles Wattiau s’est exécuté, mais il dit ne rien regretter. 

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"J’étais loin de me douter que cela ferait autant de bruit", se réjouit l’édile auprès de TF1 dans la vidéo en tête de cet article. "S’attaquer à un symbole de la République, ça fait parler. Le message a été entendu au-delà de mes espérances. Le but a été atteint". En avril dernier, Gilles Wattiau avait déjà fait parler de lui en signant un arrêté interdisant de naître ou être malade sur le territoire de sa commune, toujours dans le but d'alerter sur la problématique des déserts médicaux.

La population n’a pas les mêmes droits pour l’accès à la santé. Or, ce principe inscrit dans la Constitution

Le maire de Grues, Gilles Wattiau

Il y a encore cinq ans, les habitants de Grues et des communes alentours pouvaient compter sur sept médecins généralistes. Aujourd’hui, il n’en reste plus que deux. Et les délais pour obtenir un rendez-vous chez les spécialistes s’allongent. Une situation intenable pour Gilles Wattiau, qui a travaillé en tant qu’infirmier pendant longtemps. 

"On se retrouve dans un territoire un peu délaissé, où la population n’a pas les mêmes droits pour l’accès à la santé. Or, ce principe inscrit dans la Constitution", rappelle-t-il. Les habitants de sa commune, même s'ils disposent d'un cabinet d'infirmiers, doivent donc se débrouiller pour trouver des solutions. "Pour les yeux, il faut aller à La Rochelle (à 45 km de là, ndlr). Des dentistes, il y en a sur Luçon (environ 15km) mais ils ne prennent plus de clients", explique une habitante.

 

Un réseau citoyen d’entraide a été mis en place.  Au volant de sa voiture, Josiane Briswalter conduit les habitants qui ne peuvent pas se déplacer par eux-mêmes à leurs rendez-vous médicaux. "Les gens sont obligés de faire des kilomètres pour trouver un médecin traitant. Certains n’en ont pas actuellement", déplore-t-elle.  Le maire de Grues espère que son action permettra de contribuer à réduire cette inégalité de soins. Il assure en tout cas avoir déjà reçu de nombreux soutiens. 


M.D. | Reportage vidéo TF1 Nicolas Hesse et Killian Moreau

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