EN DIRECT - Réforme des retraites : Élisabeth Borne assure ne pas être "indifférente" à la contestation

Publié le 6 avril 2023 à 6h00, mis à jour le 16 avril 2023 à 11h18

Source : TF1 Info

La Première ministre reconnaît ce samedi "un besoin d’apaisement" et la nécessité de "montrer qu’on a de la considération pour les gens", alors que la mobilisation contre la réforme des retraites se poursuit.
Une contestation à laquelle la cheffe du gouvernement assure ne pas être "indifférente".
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ÉLISABETH BORNE "PENSE ENCORE ÊTRE UTILE"


Dans une interview accordée jeudi au Parisien et dont les propos sont publiés ce samedi soir sur le site du journal, Élisabeth Borne réaffirme qu’elle entend bien rester en poste à Matignon, malgré les critiques dont elle est la cible, sur la réforme des retraites tout particulièrement. "Je pense encore être utile dans la crise que traverse le pays", indique la Première ministre, soulignant l’importance de "garder ses nerfs" dans "une période suspendue comme celle-là". 


Assurant ne pas être "indifférente" à la contestation sociale, la cheffe du gouvernement reconnaît "un besoin d’apaisement" et la nécessité de "montrer qu’on a de la considération pour les gens".

"LA FRANCE N'EST PAS LE PAYS DE L'OUTRANCE ET DES EXCÈS"


Dans le 13H de TF1, le leader du PCF Fabien Roussel est aussi revenu sur l'attitude des députés insoumis à l'Assemblée nationale, qui suscite des critiques au sein même de la Nupes. "La France n’est pas le pays de l’outrance et des excès, mais le pays de la mesure, du respect, il faut respecter les Français, nous devons tous nous respecter", a-t-il insisté. "À gauche, nous avons des manières différentes de faire de la politique", a poursuivi l'élu communiste.


Avant d'adoucir le ton : "nous avons aussi beaucoup en commun, de nombreuses propositions en commun", a-t-il souligné, "c’est tellement plus important".

F. ROUSSEL PLAIDE POUR "UNE NOUVELLE UNION" À GAUCHE


Alors que la Nupes est traversée depuis plusieurs jours par des tensions et des divisions, Fabien Roussel maintient son cap : invité dans le 13H de TF1, le secrétaire national du PCF a à nouveau appelé à élargir cette union de gauche. "Et si c’était une nouvelle union que nous étions en train de construire ?", a-t-il lancé, depuis Marseille. 


Face aux multiples crises, dont la bataille des retraites, "la gauche a besoin d'être rassemblée", a plaidé le député du Nord, en appelant à "créer un nouveau Front Populaire, le plus large possible" qu'il souhaite "construire avec toutes les formes de gauche", "pas seulement celles au sein de la Nupes". 


Le parti communiste "est libre, indépendant", a-t-il insisté. L'élu est aussi revenu sur son invective lancée à la France insoumise vendredi : "Mêlez-vous de vos affaires !", avait-il lâché en ouverture du congrès de son parti à Marseille. "J’ai remis les pendules à l’heure, ce n’est pas méchant", a-t-il réagi ce samedi.  

"UN TRAVAIL QUI RÉMUNÈRE"


"C'est dur pour beaucoup de Français, pour ceux qui travaillent dans des métiers très pénibles pour des salaires extrêmement bas", a regretté sur TF1, dans le 13H, le secrétaire national du PCF Fabien Roussel, interrogé depuis Marseille. "Vivre de son travail devient une galère, ce n'est pas acceptable", a-t-il cinglé, appelant à "mettre le travail au cœur de notre projet pour ce pays". 


"Nous proposons que tous les salaires augmentent au rythme de l'inflation", a ajouté le député du Nord. Quant aux seniors, il a fustigé des "plans de départs volontaires" dans de "grandes entreprises". "Nous voulons un travail qui rémunère, c'est ce combat-là que nous voulons mener", a insisté l'élu.

FABIEN ROUSSEL AU 13H


Le député du Nord et secrétaire national du PCF Fabien Roussel est l'invité du 13H dans quelques minutes. 

RAPPEL À L'ORDRE


Invectives, chahut, suspensions de séance… Les débats ont été agités ces dernières semaines à l'Assemblée nationale avec les débats autour de la réforme des retraites. À tel point que la présidente, Yaël Braun-Pivet, a tenu à adresser un courrier à l'ensemble des députés ce vendredi. Une façon de leur rappeler les règles au sein de l'hémicycle.

MANIFESTATION BLOQUÉE AU MONT-SAINT-MICHEL


Une centaine de manifestants protestant contre la réforme des retraites se sont rassemblés vendredi matin à proximité du Mont-Saint-Michel dont l'accès leur a été interdit par les forces de l'ordre, ont constaté des journalistes de l'AFP. 


Les manifestants ont été bloqués à quelques kilomètres du Mont vers lequel ils souhaitaient se rendre, sans même pouvoir accéder aux parkings d'où part la longue passerelle qui relie à la terre ferme le site inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco.

RAFFINERIES 


Suspension de la grève à Donges (Loire-Atlantique) et fin du blocage à la Mède (Bouches-du-Rhône) : le mouvement de protestation contre la réforme des retraites dans les raffineries marque le pas vendredi, à la veille du long week-end de Pâques.

LEVÉE DES BLOCAGES DE LA BIORAFFINERIE DE LA MÈDE


Les blocages de la bioraffinerie de La Mède, près de Marseille, et des terminaux pétroliers du Grand port maritime de Marseille-Fos, opérés par Fluxel, ont été levés, selon des sources syndicales et la direction de TotalEnergies. 


La Mède produit de petits volumes de biodiesel et autres biocarburants. TotalEnergies possède trois raffineries conventionnelles ailleurs dans le pays, à Gonfreville (Seine-Maritime), Donges (Loire-Atlantique) et Feyzin (Rhône). Jusqu'à vendredi, seule la troisième était en service.

ACCUEILLIE SOUS LES HUÉES


Environ 200 manifestants ont accueilli la Première ministre Élisabeth Borne sous les huées, devant l'hôpital de Rodez, en Aveyron, pour marquer leur opposition à la réforme des retraites.  


"Élisabeth Borne, par ta seule présence, l'Aveyron est souillé", "Macron démission", ont chanté en cœur les manifestants réunis à l'appel de l'intersyndicale, lorsque la Première ministre est arrivée, dans le cadre d'un déplacement sur la santé, aux alentours de midi en voiture, entourée d'un balai de véhicules de police.

PAS DE TENSIONS, SELON ELISABETH BORNE


Interrogée sur de potentielles tensions entre elle et Emmanuel Macron, Elisabeth Borne a démenti toute divergence, assurant partager avec le président "les mêmes objectifs".

"LE PRÉSIDENT FIXE LE CAP", AFFIRME ELISABETH BORNE


La Première ministre, en déplacement dans l'Aveyron, est revenue sur les propos qu'elle avait tenus notamment dans le Monde, assurant que la situation entre elle et Emmanuel Macron était très "claire". "Le président fixe le cap et pour ma part, je travaille sur la feuille de route qu'il m'a donné, c'est-à-dire, bâtir un programme de gouvernement, pour répondre aux préoccupations très concrètes des Français, y répondre rapidement et un agenda législatif en cherchant des majorités de projet", a-t-elle déclaré devant plusieurs journalistes.


Par conséquent, elle a assuré partager avec le Président "la même analyse", "les mêmes objectifs : apaiser le pays et apporter des réponses concrètes et rapides aux Français."

OPPOSITION ENTRE EMMANUEL MACRON ET LAURENT BERGER


Sur franceinfo, le secrétaire général de Renaissance, Stéphane Séjourné, a estimé qu'il n'y avait pas de "relations interpersonnelles compliquées, il y a un débat syndical et politique. Le président de la République est aussi dans son rôle à remettre des mots sur un contexte politique et social. Et la CFDT a été irréprochable dans cette mobilisation", récusant toute opposition personnelle entre Emmanuel Macron et Laurent Berger.


"Le président  a proposé un projet sur lequel il a été transparent pendant l'élection présidentielle et c'était à la légitimité du gouvernement de proposer ce projet au Parlement", déclare encore Stéphane Séjourné. Revenant sur la distance prise par la Première ministre avec la position d'Emmanuel Macron, Stéphane Séjourné a estimé qu'il n'y avait "du tout de problématique de ligne et d'objectifs entre la Première ministre et le président de la République. Il faut laisser ces concertations aller à son terme."

BILAN DE LA PRÉFECTURE CONCERNANT LA MANIFESTATION DU 6 AVRIL À PARIS


Selon Laurent Nunez, préfet de police de Paris, 100 membres des forces de l'ordre ont été blessés, dont 16 hospitalisations. Quelques blessés ont été recensés parmi la manifestation et 52 personnes ont été interpellées parmi les 57.000 personnes qui étaient présentes dans le cortège parisien pour manifester contre la réforme des retraites.


"La police a pris beaucoup de projectiles avant que nous lancions des bonds offensifs et je tiens à les saluer parce que nous avons beaucoup de blessés. Si on a beaucoup de blessés, c'est justement parce qu'on est résilient. Et si on fait des mouvements offensifs, c'est contre les casseurs, pas contre les manifestants", a souligné le préfet de police, sur France 2.

E. BORNE PREND SES DISTANCES AVEC E. MACRON


Selon la journaliste politique de TF1 Sehla Bougriou, l'exécutif a découvert les propos de la Première ministre qui prend ses distances avec la stratégie d'Emmanuel Macron, dans l'avion qui menait le chef de l'État de Pékin à Canton.

"DU RESPECT, DE LA FRANCHISE"


Le secrétaire général de la CFDT a réagi aux propos d'Elisabeth Borne qui tente de se démarquer d'Emmanuel Macron. Laurent Berger a assuré qu'il était d'accord, insistant sur la nécessité d'"apaisement" et de "respect". "Depuis le début, on a senti une Première ministre avec laquelle nous étions clairement en désaccord sur l'application et le contenu de cette réforme, mais dans la façon de débattre et de discuter, on a toujours eu du respect, de la franchise", a-t-il salué sur BFMTV. 


"Le message de ce matin était plus respectueux que celui qui nous était venu de Chine, ça, je ne peux pas dire l'inverse", a commenté Laurent Berger, faisant référence aux propos tenus dans l'entourage du président qui avait récusé l'existence d'une "crise démocratique". "La Première ministre a peut-être conscience qu'il y a une crise sociale, un problème démocratique au sens où c'est le ressenti des citoyens. À ce moment-là, il vaut mieux des paroles d'apaisement, qu'est l rôle de ceux qui dirigent le pays, que des paroles qui stigmatisent", a encore ajouté Laurent Berger, en visant Emmanuel Macron. 

QUEL "CAP" AU PAYS ?


Alors qu'Elisabeth Borne doit mener des concertations auprès des organisations syndicales et des groupes d'oppositions pour parvenir à une "feuille de route", comme le Président de la République lui a demandé, la Première ministre a confié qu'elle souhaiterait plutôt redonner "un cap" au pays. 


"Avant d’aller chercher des alliés pour voter les textes, c’est important que l’on dise où l’on veut aller. Il faut redonner du sens et du souffle à l’action. Je ne suis pas simplement là pour administrer le pays", a-t-elle dit au Monde notamment. Du côté de l'Élysée, on estime néanmoins que le cap a été donné par le Président lors de son interview du 13 h 00 sur France 2 et TF1. Durant celle-ci, Emmanuel Macron avait annoncé avoir demandé à sa cheffe de gouvernement de recevoir les syndicats et de travailler sur une feuille de route pour les mois à venir.

TAUX DE GRÉVISTES


Le nombre de fonctionnaires en grève contre la réforme des retraites est en légère baisse aujourd'hui par rapport à la précédente journée de mobilisation, le 28 mars, selon les chiffres du ministère de la Fonction publique. Seul le taux de grévistes dans la fonction publique territoriale (environ 2 millions d'agents) est en très légère hausse, à 5,2%, contre 5,1% le 28 mars.


Dans la fonction publique hospitalière (1,2 million d'agents), il recule à 7,2% contre 7,9% lors de la précédente journée de mobilisation. Et dans le plus gros versant du secteur public, la fonction publique d'Etat (2,5 millions d'agents), il atteint 6,6%, contre 6,9% le 28 mars.


Chez EDF, où environ un agent sur deux a fait grève lors des premières journées de mobilisation, la participation marquait le pas avec 24,9% de grévistes selon des chiffres relevés en fin de journée par la direction, après 27% le 28 mars selon la même source. Les grévistes ont revendiqué des baisses de charge atteignant 13.333 MW cumulés dans ses moyens de production électrique, dans l'hydraulique (4.484 MW de perte de puissance disponible), le thermique (4.699 MW) et le nucléaire (4.150 MW), a indiqué la CGT dans la soirée. Au total, la puissance cumulée d'environ 13 centrales nucléaires.


Le secteur de l'énergie, qui redoute la suppression du régime spécial de retraite des industries électriques et gazières, est parmi les plus remontés contre la réforme. Comme lors des dix précédentes journées de mobilisation contre cette réforme qui prévoit de décaler l'âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans, les huit syndicats représentatifs de la fonction publique ont appelé à manifester jeudi.


Mais la mobilisation reste nettement inférieure à celle de la première journée de grèves, le 19 janvier. Ce jour-là, selon les chiffres du ministère à la mi-journée, 28% des fonctionnaires d'État avaient battu le pavé, aux côtés de 11,3% des fonctionnaires territoriaux et de 9,9% des agents des hôpitaux.

PÂQUES


Alors que les grèves se poursuivent contre la réforme des retraites, certains Français s'inquiètent de manquer de carburant ou de ne pas trouver de transports en commun pour rentrer chez eux pour Pâques. Le 20H de TF1 est parti à leur rencontre. 

Carburants, transports : inquiétude pour PâquesSource : JT 20h Semaine

RÉCAP' EN VIDÉO


Le 20H de TF1 revient en image sur la 11e journée de mobilisation en France contre la réforme des retraites. Et dans l'ensemble, les Français étaient moins nombreux dans les rues aujourd'hui.

Grèves : la mobilisation faiblitSource : JT 20h Semaine

ON FAIT LE POINT


Les manifestants contre la réforme des retraites étaient moins nombreux ce jeudi 6 avril pour la 11e journée de mobilisation. En France, le ministère de l'Intérieur a comptabilisé 570.000 manifestants. Ils étaient "près de deux millions", selon l'intersyndicale. Une journée de mobilisation émaillée de quelques heurts à Paris, Nantes ou Lyon. Voici ce qu'il faut retenir de cette journée :

PATRONS


Plus de six dirigeants sur dix de très petites entreprises (TPE) voient d'un mauvais œil la réforme des retraites du gouvernement et se méfient de ses actions économiques, dans un contexte de pessimisme élevé, selon un sondage Fiducial-Ifop publié jeudi.


Réalisée auprès d'un millier de patrons d'entreprises de moins de vingt salariés, cette enquête a été dévoilée au terme d'une onzième journée de mobilisation contre la réforme des retraites, au lendemain d'une rencontre ayant tourné court entre la Première ministre Elisabeth Borne et l'intersyndicale.  


Cette réforme n'est pas seulement contestée dans la rue : 62% des dirigeants de TPE n'y sont pas favorables, dont 43% "pas du tout", alors que 36% s'y disent favorables, dont 10% qui la soutiennent fortement. "Ces scores sont particulièrement proches de la mesure réalisée sur l'ensemble des Français mi-mars", souligne l'enquête Fiducial-Ifop (68% pas favorables et 32% favorables). 

45 INTERPELLATIONS À PARIS


Selon un bilan mis à jour par la préfecture de Paris, à 20h45, 45 personnes avaient été interpellées dans la capitale.

VIOLENCES POLICIÈRES


La CGT du Bas-Rhin et deux députés de Strasbourg ont dénoncé des violences policières lors de la manifestation contre la réforme des retraites aujourd'hui. "Le service d'ordre intersyndical a été violemment et délibérément agressé par la police", a affirmé dans un communiqué Laurent Feisthauer, responsable de la  CGT 67.


"Alors que la manifestation était loin d'être finie, nous avons déroulé un cordon de service d'ordre pour éviter que la manif ne soit mise en danger. La police nous a alors chargé. Aspergé de lacrymogène. Puis grenade lacrymogène. Et nous a frappé à coup de matraque et de bouclier", a-t-il relaté.


"Le responsable du service d'ordre intersyndical a été personnellement gazé, directement dans les yeux, alors qu'il tentait de négocier avec un chef de la police", a-t-il ajouté, joignant à son communiqué photo et vidéo. Deux députés de Strasbourg, Emmanuel Fernandes (LFI) et Sandra Regol (écologiste), ont eux aussi dénoncé des violences policières dans une lettre envoyée jeudi à la préfète du Bas-Rhin, Josiane Chevalier.

POMPIERS


Une centaine de pompiers français et belges ont manifesté jeudi à Paris sous l'Arc de Triomphe contre la réforme des retraites avant de rejoindre le cortège qui a défilé dans les rues de la capitale, a-t-on appris auprès du syndicat Unsa.


"On voulait faire une action symbolique qui parle aux gens", a commenté auprès de l'AFP un des participants, Grégory Chaillou, membre de l'Unsa des Yvelines. Rassemblés en cercle sous l'Arc de Triomphe, les pompiers français et belges ont mis un genou à terre et enlever leurs casques pour "saluer les soldats morts pour le pays", a décrit le sapeur-pompier, âgé de 51 ans.


Une trentaine de pompiers belges ont fait le déplacement pour montrer "leur soutien plein et entier pour ce que vivent les collègues français", a déclaré à l'AFP l'un d'eux, Boris Dubié.

BLESSÉS


Sur Twitter, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a affirmé que selon un bilan provisoire, "154 blessés" étaient recensés "parmi les forces de l'ordre en marge des manifestations du jour". Il a également fait état de 111 interpellations en France.

BILAN


À 19h20, 31 personnes avaient été interpellées à Paris en marge de la manifestation. Selon un bilan provisoire, 77 membres des forces de l'ordre ont été blessées dont 13 ont été transportées à l'hôpital. De fortes tensions ont débuté entre manifestants et forces de l'ordre à partir de 15h30 avec quelques centaines d'éléments radicaux placés en pré-cortège. 


Dans les autres villes, à Lyon, 400 casseurs ont été recensés parmi les 13.000 manifestants et six personnes ont été interpellées. À Nantes, 23 interpellations ont eu lieu.

PRÈS DE DEUX MILLIONS DE MANIFESTANTS


Lors d'une conférence de presse, l'intersyndicale a réitéré son appel au retrait de la réforme des retraites. La secrétaire confédérale de Force ouvrière, Patricia Drevon, a assuré que les syndicats étaient toujours "déterminés à obtenir le retrait", dénonçant un "déni et mépris total du rejet massif" de la réforme de la part du gouvernement.


Selon elle, "près de deux millions de personnes" se sont mobilisées en France ce jeudi. Le ministère de l'Intérieur, lui, fait état de 570.000 personnes rassemblées à travers le pays.

DISPERSION TENDUE


À Paris, alors que le cortège est arrivé place d'Italie, la dispersion des manifestants se fait dans un climat tendu. Quelques feux ont été allumés et des heurts ont éclaté avec les forces de l'ordre.


Selon la préfecture de police de Paris, les forces de l'ordre procèdent à de nouvelles interpellations. À ce stade, on dénombre 77 blessés parmi les policiers et gendarmes déployés, dont 13 ont été transportés à l'hôpital, selon un bilan provisoire.

RENDEZ-VOUS


La prochaine journée de mobilisation contre la réforme des retraites se tiendra le jeudi 13 avril. C'est le lendemain, le 14 avril, que le Conseil constitutionnel donnera son avis sur le texte et décidera de le censurer ou non.

NANCY


Le porche de la succursale de la Banque de France à Nancy a été incendié jeudi en marge du défilé contre la réforme des retraites, a constaté un photographe de l'AFP. Les pompiers sont intervenus pour éteindre le sinistre après le départ des incendiaires, lors de la manifestation qui a réuni quelque 4.000 personnes dans la cité lorraine, d'après la préfecture de Meurthe-et-Moselle.


L'incendie a été provoqué par une poubelle qui a été poussée contre la porte puis incendiée. Les rues de Nancy ont été le théâtre d'affrontements entre les forces de l'ordre et des éléments radicaux ce jeudi comme au cours des deux précédentes journées d'action contre la réforme des retraites.


Les forces de l'ordre ont fait usage d'une grande quantité de gaz lacrymogènes pour tenter de disperser les éléments incontrôlés, mais les heurts dans le centre-ville se poursuivaient jeudi vers 18h30. Le 23 mars, des incendiaires ont mis le feu au porche de la mairie de Bordeaux en marge d'une autre journée d'action. Trois hommes ont été mis en examen samedi dans ce dossier.

Urgent

MOBILISATION EN FRANCE


La mobilisation a affiché une légère baisse ce jeudi 6 avril, pour la 11e journée de mobilisation contre la réforme des retraites, confirmant le reflux observé la semaine dernière, d'après les chiffres des autorités. Selon le ministère de l'Intérieur, 570.000 personnes ont défilé sur tout le territoire, un chiffre en baisse par rapport au 28 mars où le gouvernement avait recensé 740.000 personnes. 


Les chiffres des syndicats ne sont pas encore disponibles.

SOUTIEN ESPAGNOL


Le leader de l'UGT, un des deux principaux syndicats espagnols, Pepe Alvarez, a participé jeudi à Toulouse à la manifestation contre la réforme des retraites, se disant "admiratif de la capacité de mobilisation du peuple français". "Cette bataille (contre la réforme des retraites) ne concerne pas que la population française, elle est observée avec beaucoup d'attention en Espagne (...) et nous pensons qu'elle va être gagnée à coup sûr", selon Pepe Alvarez, également vice-président de la Confédération européenne des syndicats (CES).


Selon lui, on ne peut pas comparer comme on le fait souvent les âges minimum de départ à la retraite en France et en Espagne, où il sera de 67 ans en 2027, car, entre autres, la durée de cotisation exigée aux Espagnols est inférieure à celle des Français.


Les députés espagnols ont validé le mois dernier une réforme des retraites du gouvernement de gauche, prévoyant de faire davantage contribuer les hauts revenus à l'équilibre financier du système, sans donner lieu à des manifestations ou à des affrontements avec la police. Cette réforme ne touche cependant pas à l'âge légal de départ à la retraite qui doit passer progressivement à 67 ans en 2027, en vertu d'une réforme entérinée en 2011 sous un précédent gouvernement socialiste. Certaines personnes pourront toutefois continuer à partir à 65 ans si elles ont au moins cotisé 38 ans et six mois.

PANCARTES


Petit aperçu des pancartes présentes dans le cortège parisien aujourd'hui.

NANTES


La manifestation contre la réforme des retraites a rassemblé entre 15.000 personnes, selon la police, et 50.000 personnes, selon les syndicats, à Nantes où de violents heurts ont opposé des manifestants aux forces de l'ordre. Pendant plus de trois heures, des heurts ont eu lieu entre des manifestants jetant des projectiles et commettant des dégradations, et les forces de l'ordre mobilisées en nombre, qui ont tiré des gaz lacrymogènes, a constaté l'AFP.


Selon la préfecture de Loire-Atlantique, 23 personnes ont été interpellées à Nantes, et neuf à Saint-Nazaire, où la manifestation a rassemblé entre 10.000 (chiffre syndicats) et 7.000 personnes (chiffre police). 


À Nantes, des manifestants ont tagué sur les murs "gloire à la rue" et "vive les éboueurs", allumés plusieurs feux, et dégradé des panneaux publicitaires, une borne de vélos en libre-service, un arrêt de bus, la barrière d'un parking payant ou encore un feu tricolore, ont constaté des journalistes de l'AFP. La manifestation a été particulièrement tendue en fin de parcours, sur le quai de la Fosse en bord de Loire, où des manifestants ont déterré puis lancé des pavés pris sur les voies du tramway, et la police a répondu par d'importants tirs de gaz lacrymogènes.

MOBILISATION À PARIS


Selon les autorités, 57.000 personnes ont manifesté aujourd'hui à Paris, contre 93.000 le 28 mars. Un chiffre bien inférieur à celui annoncé un peu plus tôt par la CGT qui faisait état de 400.000 personnes présentes dans le défilé, contre 450.000 lors de la précédente journée de mobilisation.

ROTONDE


De nombreux jets de projectiles, bouteilles et pavés ont été envoyés sur La Rotonde, cette brasserie parisienne où Emmanuel Macron avait célébré son succès au premier tour de la présidentielle en 2017. L'auvent rouge a par ailleurs été incendié après un jet de fumigène.

Urgent

13 AVRIL


Selon les informations de TF1/LCI, la prochaine journée de mobilisation contre la réforme des retraites se tiendra le jeudi 13 avril prochain.

ENQUÊTE


Une enquête pénale a été ouverte après la plainte déposée par un homme de 22 ans fin mars qui a perdu un testicule à cause selon lui d'un tir de LBD lors d'une manifestation à Rennes, a-t-on appris jeudi de sources concordantes.


"Une enquête pénale a été ouverte à la suite de cette plainte", déposée le 28 mars. "L'orientation des investigations sera précisée à la suite de cet examen médico-légal", prévu vendredi, a indiqué à l'AFP le procureur de la République de Rennes Philippe Astruc. Joint par l'AFP, l'homme, habitant à Laval et en formation de chaudronnier soudeur, était toujours en convalescence au CHU de Rennes jeudi.


Le 23 mars, la manifestation contre la réforme des retraites avait donné lieu, en marge du cortège de l'intersyndicale, à de très nombreux heurts entre des jeunes militants radicaux et des forces de l'ordre dans le centre-ville de la capitale bretonne.

DÉFENSEURE DES DROITS


La Défenseure des droits Claire Hédon, dont les services ont été saisis de "90" signalements pour des violences policières depuis le début du mouvement de contestation, est présente aujourd'hui avec des juristes dans la salle de commandement de la préfecture de police, invitée par le préfet Laurent Nuñez.

HEURTS À PARIS


Après le début d'incendie à la Rotonde, d'autres heurts ont éclaté en marge de la manifestation à Paris. Sur le boulevard Raspail, un groupe de manifestants radicaux s'est attaqué à une agence bancaire après avoir retiré les plaques de protection.


Ces manifestants ont ensuite brisé les vitres puis "vider la banque de dossiers et claviers d'ordinateurs sous les applaudissements", obligeant les forces de l'ordre, cibles de nouveaux projectiles, d'user de gaz lacrymogène pour les disperser, a constaté l'AFP.

INTERPELLATIONS 


À 17h20, 20 personnes avaient été interpellées à Paris en marge de la manifestation. Des heurts ont éclaté dans l'après-midi dans la capitale, la préfecture de police déplorant "des blessés parmi les forces de l'ordre" précisant que "le bilan n'est pas consolidé à ce stade".

POLICIÈRE BLESSÉE


Selon une source policière, une commissaire membre des Brav (Brigade de répression de l'action violente) mais non motorisée, a été touchée par un pavé dans le secteur Vavin à Paris. Elle a reçu le projectile sur le casque et a perdu connaissance. Elle a été hospitalisée.

Urgent

BLESSÉS


Après les heurts qui ont éclaté à Paris, la préfecture de police a déploré "des blessés parmi les forces de l'ordre" précisant que "le bilan n'est pas consolidé à ce stade". Dans la capitale, "près de 500 gilets jaunes" étaient attendus par le renseignement, mais aussi "jusqu'à un millier d'éléments à risque".

CENSURE TOTALE


Des sénateurs de gauche ont été auditionnés jeudi par le Conseil constitutionnel, devant lequel ils ont plaidé pour une censure totale de la réforme controversée des retraites. "Aujourd'hui, le Conseil constitutionnel et l'ensemble des Sages ont tous les éléments pour pouvoir prendre leur décision", a déclaré à la sortie Guillaume Gontard, président du groupe écologiste au Sénat.


L'institution avait déjà accueilli mardi huit députés de l'alliance de gauche Nupes et deux du groupe centriste Liot (Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires) pour débattre du même sujet.


Depuis 2022, le règlement intérieur du Conseil prévoit que les parlementaires, qui saisissent l'institution sur l'inconstitutionnalité éventuelle d'un texte, peuvent demander à être auditionnés par les neuf membres.

QUELLE MOBILISATION PAR SECTEUR ?


Le nombre de fonctionnaires en grève contre la réforme des retraites est légèrement remonté aujourd'hui, le taux de grévistes dans les collectivités locales et les hôpitaux étant supérieur de 0,5 point à celui de la précédente journée de mobilisation, le 28 mars. Dans la fonction publique territoriale (environ 2 millions d'agents), il s'établit ainsi à 3,9%, contre 3,4% le 28 mars à la mi-journée, selon les chiffres du ministère de la Fonction publique.


Dans la fonction publique hospitalière (1,2 million d'agents), il remonte à 5,9% contre 5,4% lors de la précédente journée de mobilisation. En revanche, dans le plus gros versant du secteur public, la fonction publique d'État (2,5 millions d'agents), le taux de grévistes est identique à celui du 28 mars et atteint 6,5% à la mi-journée.


Chez EDF, où environ un agent sur deux a fait grève lors des premières journées de mobilisation, la participation marquait le pas avec 19,9% de grévistes selon des chiffres relevés à la mi-journée par la la direction, après 21,5% le 28 mars selon la même source. Le secteur de l'énergie, qui redoute la suppression du régime spécial de retraite des industries électriques et gazières, est parmi les plus remontés contre la réforme.

ON FAIT LE POINT


L'incendie qui a éclaté à La Rotonde (Paris) aux alentours de 16h a été rapidement circonscrit par les pompiers. Les heurts qui ont éclaté entre manifestants et force de l'ordre ont opposé un groupe en noir" qui a envoyé "des projectiles", dont des "bouteilles, pavés et pétards" sur les policiers et gendarmes placés devant la brasserie. La préfecture de police a évalué à plusieurs centaines le nombre de membres de ce groupe.

VIDÉO - Grève du 6 janvier : la devanture de la Rotonde incendiéeSource : TF1 Info

PARTICIPATION


Les manifestants contre la réforme des retraites étaient moins nombreux aujourd'hui dans de nombreuses villes pour la 11e journée de mobilisation, confirmant le reflux observé la semaine dernière, d'après les chiffres des syndicats comme ceux des autorités.


Depuis le sursaut provoqué par le 49.3, la participation s'étiole. Les chiffres ne sont "pas les plus importants depuis le début" du mouvement social, a reconnu le numéro un de la CFDT, Laurent Berger, depuis la tête du cortège parisien. À Rennes, habituelle place forte de la contestation, la préfecture n'a compté que 8.500 manifestants et les syndicats 20.000.


Même tendance à l'essoufflement dans d'autres métropoles de l'ouest, comme Nantes (15.000 à 50.000 personnes) et Brest (10.000 à 18.000), mais aussi dans le sud, à Nice (2.400 à 20.000) et Marseille (10.000 à 170.000), ou encore dans le centre à Clermont-Ferrand (7.500 à 20.000).


Quelques villes faisaient cependant de la résistance et affichaient une participation du même ordre que le 28 mars, en particulier à Lyon (13.000 à 30.000) et Perpignan (4.700 à 15.000).

BLOCAGE


Des dizaines de bateaux ont été empêchés de naviguer entre Marseille et Lyon depuis trois semaines suite au blocage de deux écluses du Rhône par des grévistes de la Compagnie nationale du Rhône (CNR), a-t-on appris jeudi auprès des syndicats et de la direction.


De nombreux salariés grévistes qui devaient assurer des travaux de maintenance sur les écluses de Reventin-Vaugris (Isère) et de Bollène (Vaucluse) à partir du 5 mars, notamment la remise en état des cuves de remplissage, sont en grève depuis, pour protester contre la réforme des retraites, empêchant la réouverture des ouvrages prévue le 16 mars. 


Selon la CGT, les taux de grévistes au sein des services opérationnels de la vallée du Rhône ont atteint jusqu'à 70% depuis le début du mouvement contre la réforme des retraites.

TENSIONS


Des tensions ont lieu au niveau de la tête de cortège à Paris, toujours à proximité du restaurant La Rotonde.

ÉTAT DE DROIT


Gérald Darmanin a estimé jeudi que "ce qui se jou(ait), c'é(tait) la conception que nous avons de l'État de droit", en défendant sa gestion du maintien de l'ordre lors des manifestations contre la réforme controversée des retraites ou contre les retenues d'eau. "Ce qui se joue, ce sont les institutions de la République (...). La police est le rempart aux attaques contre les lieux démocratiques", a ajouté le ministre de l'Intérieur, en clôture du congrès du syndicat de police Alliance, où il a reçu un accueil chaleureux.


Les sujets de conflits, comme la réforme des retraites ou "les mégabassines", "on peut en parler, mais on ne peut pas en découdre", a-t-il dit. "Si on pense, a poursuivi Gérald Darmanin, que c'est la force violente (...) qui doit faire gagner les causes (...), alors il n'y a plus de République, plus de démocratie. Et, c'est la loi du plus fort qui l'emporte". 


"Si les biens ne méritent pas qu'on les protège, si les symboles de la République ne méritent pas qu'on les protège, si les agriculteurs ne méritent pas qu'on protège leur outil de production et qu'il y a eu des décisions de justice (...) alors c'est plus la peine de voter aux élections, de faire des lois".

Urgent

400.000 MANIFESTANTS À PARIS (CGT)


Selon les chiffres de la CGT, près de 400.000 personnes sont présentes dans le défilé à Paris. Le 28 mars dernier, le syndicat avait affirmé que 450.000 manifestants avaient participé à la mobilisation dans la capitale. La préfecture de police, elle, en avait comptabilisé 93.000.

VIDÉO | LA ROTONDE PRISE POUR CIBLE


Aux alentours de 16h à Paris, le restaurant a été la cible de plusieurs individus. La bâche s'est enflammée et les forces de l'ordre ont dû s'interposer entre le bâtiment et les manifestants les plus hostiles. 

VIDÉO - Grève du 6 janvier : la devanture de la Rotonde incendiéeSource : TF1 Info

Urgent

FEU À LA ROTONDE


Les images des incidents autour de la Rotonde, boulevard de Montparnasse. L'établissement avait déjà été vandalisé lors d'une manifestation de gilets jaunes en 2020. Emmanuel Macron y avait célébré en 2017 son score au premier tour de l'élection présidentielle.

Le restaurant La Rotonde, rue Vavin à Paris, pris pour cible par des manifestants, le 6 avril.
Le restaurant La Rotonde, rue Vavin à Paris, pris pour cible par des manifestants, le 6 avril. - CAPTF1

LA ROTONDE PRISE POUR CIBLE


La bâche du restaurant la Rotonde dans le 14e arrondissement de Paris a pris feu en milieu d'après-midi, alors que les heurts se poursuivent entre les manifestants et les forces de l'ordre.

INCIDENTS À PARIS


Les premiers incidents ont éclaté à Paris en marge de la manifestation contre la réforme des retraites, notamment autour du restaurant de la Rotonde. Au niveau de ce restaurant où Emmanuel Macron avait fêté sa qualification pour le 2nd tour de la présidentielle, les forces de l'ordre subissent des jets de projectile.

DEVANT L'ASSEMBLÉE


Des manifestants passent, à l'occasion de leur défilé, devant le palais Bourbon... la musique  et les insultes fusent.

PREMIERS HEURTS DANS LES CORTÈGES


Des tensions ont lieu entre les manifestants et les forces de l'ordre dans plusieurs villes. C'est le cas à Lyon et Nantes notamment. À Albertville, en pays de Savoie, deux policiers ont été blessés et un d'eux a été hospitalisé, rapporte Le Dauphiné Libéré

J-L. MÉLENCHON PARLE DE "CRISE DE RÉGIME"


Présent jeudi au sein du cortège à Paris, Jean-Luc Mélenchon a dénoncé "l'obstination du pouvoir", "obtus et radicalisé" du gouvernement. "Monsieur Macron ne propose rien, Madame Borne non plus", a-t-il poursuivi, se disant en accord les propos de Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, sur "l'émergence d'une crise démocratique". "Cela peut prendre la tournure d'une crise de régime. Les gens se disent que quelque chose ne tourne pas rond et commencent à interroger la nature des institutions, de cette Ve République qui rend possible un blocage pareil."

UN CORTÈGE SOUS LA PLUIE


À Paris, le cortège s'élance et la pluie s'est invitée... Le parcours doit relier les Invalides pour rejoindre la place d'Italie.