La flambée des prix de l'énergie

Crise de l'énergie : les producteurs de fruits et légumes réclament un bouclier tarifaire

TF1 | Reportage Julien Roux, Tiphaine Leproux, Marine Derre
Publié le 11 novembre 2022 à 11h11
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Le gouvernement va-t-il devoir instaurer un bouclier tarifaire pour les producteurs de fruits et légumes ?
C'est ce que réclament certains d'entre eux pour faire face à l'explosion des tarifs de l'électricité.
Une équipe de TF1 est allée à la rencontre de professionnels très inquiets dans l'Essonne et dans l'Oise.

Vous adorez les dévorer, mais vous ne vous doutez pas qu'elles sont très gourmandes en électricité. Entre les machines de conditionnement et les frigos pour la conservation, en 2023, la facture énergétique de ce producteur de pomme devrait passer de 80.000 à 500.000 euros par an. 

"On veut juste vivre de notre travail et pour ça on a besoin d'un coup de pouce de l'Etat. Si rien n'est fait pour nous aider et que les charges restent aussi élevées, malheureusement on devra prendre les décisions qui s'imposent, peut-être arrêter l'activité", prévient Alexandre Prot, gérant de la production Les Vergers de Sennevières à Chèvreville (Oise).

Malgré cela, il est inenvisageable pour ce gérant d'augmenter les prix de ses fruits, vendus jusqu'à trois euros le kilo, en supermarché. "Il est très compliqué de répercuter la hausse des charges dans les prix parce qu'avec l'inflation, les Françaises et les Français font extrêmement attention à leurs dépenses", poursuit-il dans la vidéo en tête de cet article.

Pourquoi les professionnels absorberaient toute la hausse de l'électricité ?

Nicolas Hottin, producteur de pommes de terre

Eux aussi, cherchent des solutions pour sauver leurs exploitations. Ces agriculteurs ont récolté leurs pommes de terre cet été 2022. Pour éviter qu'elles ne germent, ils ont besoin de frigo d'une taille XXL, mesurant six mètres de haut sur 70 mètres de long, particulièrement énergivore. Avec la flambée des prix, leur facture d'électricité a été multipliée par cinq. Ils ne bénéficient d'aucune aide de l’État. 

"On a vu que les particuliers avaient eu le droit à un bouclier tarifaire, pourquoi les professionnels absorberaient toute la hausse de l'électricité, interpelle Nicolas Hottin, producteur de pommes de terre à Gironville-sur-Essonne. Les deux exploitants songent désormais à une solution radicale : passer aux céréales. "Aujourd'hui le cours des céréales est assez haut mais qui nous dit qu'il va se maintenir, s'inquiète le producteur. On ne sait plus quoi faire, on n'a pas la solution.".

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Face à cette situation intenable, la filière des fruits et légumes attend une aide supplémentaire de l’État. Des négociations sont en cours, mais aucune annonce n'a été faite.


TF1 | Reportage Julien Roux, Tiphaine Leproux, Marine Derre

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