ENQUÊTE - Dons aux associations : les coulisses de la collecte de rue

TF1 | Reportage Maud Gatineau, Florian Le Goïc
Publié le 22 décembre 2022 à 14h00, mis à jour le 22 décembre 2022 à 15h17

Source : JT 20h Semaine

En faisant vos courses de Noël, vous avez peut-être croisé des jeunes vous incitant à faire un don à des associations.
Contrairement aux apparences, ce ne sont pas des bénévoles, mais des salariés embauchés par différents prestataires.
Une enquête du 20H de TF1 révèle les coulisses de ces collectes.

Ce matin-là, près de la gare Saint-Lazare, ils sont une petite dizaine à battre le pavé avec l'objectif de collecter des fonds pour l'ONG Solidarités International. Ni bénévoles, ni militants, ils sont tous des professionnels. Ce sont des recruteurs de donateur. Ils essaient de convaincre les gens pour qu'ils communiquent leurs coordonnées bancaireset soient ainsi prélevés chaque mois de la somme de leur choix. Pour cela, tous les moyens sont bons. En moyenne, une recruteuse comme Julie, que TF1 suit dans la vidéo en tête de cet article, salue 900 personnes par jour. Mais sur ce nombre, peu acceptent d'engager une discussion : trois, seulement, finissent par donner.

Aucun de ces recruteurs ne travaille directement pour l'ONG. Ils sont embauchés par un prestataire qui plaide la cause d'une vingtaine d'associations différentes. La plupart sont en CDD avec un salaire fixe. "Douze euros brut de l'heure, plus prime de précarité, congé payé et avec des avantages sociaux, comme des tickets restaurant à hauteur de 10 euros par exemple. Il n'y a pas du tout de part variable dans la rémunération. S'ils trouvent des donateurs ou s'ils n'en trouvent pas, ils sont rémunérés exactement à la même façon", indique Julien Bosch, fondateur, président-directeur général de Cause à Effet.

Des collectes dans 500 villes françaises

La plupart des ONG et fondations sous-traitent donc cette activité. "C'est un des canaux de recrutement les plus efficaces (...), cela demande une logistique très importante, des compétences que nous n'avons pas en interne", explique à TF1 Guillaume Cotillard, directeur du développement et de la communication au sein de Solidarité International.   

Ces collectes, dites en face-à-face, se sont multipliées depuis 25 ans. Car elles ont un avantage. Elles permettent de trouver des donateurs particulièrement fidèles. Greenpeace l'a remarqué. L'ONG était la première en 1998 à envoyer ces équipes dans la rue. Actuellement, cela lui rapporte 8 millions d'euros par an, 30% de ses revenus.

Près de 500 villes en France accueillent en ce moment des collectes de rue. Il y en a tellement qu'il existe même une coordination internationale. Elle vérifie les plannings pour éviter par exemple que deux associations se retrouvent sur le même trottoir le même jour. Elle veille aussi au respect des bonnes pratiques. 

Les arnaques sont rares, et tout est fait pour les éviter. "Une équipe est composée de plusieurs recruteurs de donateurs. Ils sont aux couleurs de l'association défendue, avec un badge d'identification. Et ils sont encadrés par un chef d'équipe qui possède, le plus souvent, un document officiel", assure Anne Barjot, déléguée générale de la Coordination nationale du face à face (CNFF). Les nouveaux donateurs ont aussi un droit de rétractation et peuvent suspendre les prélèvements automatiques à tout moment.


TF1 | Reportage Maud Gatineau, Florian Le Goïc

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