VIDÉO - Face au harcèlement dans les transports, elles optent pour la "chemise de métro"

Publié le 26 mai 2023 à 17h19

Source : Quotidien

Depuis plusieurs semaines, des vidéos TikTok accompagnées du hashtag "SubwayShirt" ("chemise de métro") accumulent des millions de vues.
Dans ces contenus, des jeunes femmes expliquent qu'elles portent une chemise ample par-dessus leur tenue quand elles prennent le métro.
Le but : éviter les remarques sexistes, voire les agressions.

Avec l'arrivée des beaux jours, les femmes vont-elles devoir porter une tenue de camouflage au moment de prendre le métro ou le bus ? Si l'on en croit la tendance en train de s'amorcer sur le réseau social TikTok, cela se pourrait bien. En effet, depuis plusieurs semaines, des vidéos accompagnées du hashtag "SubwayShirt" - que l’on peut traduire par "chemise de métro" cumulent jusqu'à 4 millions de vues. On y voit des jeunes filles s'affubler d'un vêtement ample (chemise ou tee-shirt trop large) pour cacher une tenue moins couvrante lorsqu'elles doivent se déplacer dans les transports en commun. Et ce n'est pas un choix stylistique. Cette technique leur éviterait d’attirer les regards malveillants, les remarques sexistes, voire les tentatives de harcèlement ou d’agression. 

J'ai l'impression de revenir à un code vestimentaire du collège, mais à l'âge adulte
Claire Wenrick, une New-Yorkaise dans "The Guardian"

"N'oubliez pas votre chemise de métro. Une manière pour nous d'éviter les regards flippants", lance ainsi une TikTokeuse américaine, dans la vidéo en tête de cet article, tout en recouvrant son haut décolletée par une longue chemise blanche. Quand une autre reconnait à contrecœur : "On n'oublie pas sa chemise de métro. Ici à New-York où il fait 30°C, on a quand même besoin d'une chemise qui ne va pas avec notre tenue pour nous protéger des cinglés du métro !"

Il faut dire que ce phénomène prend de l'ampleur outre-Atlantique au moment où le mercure grimpe et où les tenues s'allègent, rapporte The Guardian. "C'est une façon de protéger ma sécurité en allant d'un point A à un point B", témoigne Claire Wenrick, une New-Yorkaise, auprès du quotidien britannique. "Je ne veux pas devenir une cible, aussi bizarre que cela puisse paraître", ajoute-t-elle, précisant : "J'aimerais ne pas avoir à en porter une, et être sûr de pouvoir porter ce que je veux. J'ai l'impression de revenir à un code vestimentaire du collège, mais à l'âge adulte".

Une autre habitante, Ajana Grove, 19 ans, l'assure : "Chaque fois que j'oublie ma chemise de métro, je le regrette instantanément et je pense à faire demi-tour." Et ce sentiment d'insécurité n'est pas propre aux États-Unis. Une influenceuse britannique, Sophie Milner, a récemment avoué sur ses réseaux sociaux avoir modifié sa manière de s'habiller dans les transports en commun, voire dans l’espace public en général. "Il y a tellement de tenues que je n’ai jamais portées, simplement parce que je savais que les gens me mettraient mal à l’aise si je les portais, que ce soit par des remarques ou des regards", regrette-t-elle.

Les Françaises ne font pas exception. En 2016 déjà, selon la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut), 48% des femmes, sur les 6200 usagères interrogées, reconnaissaient adapter leur tenue vestimentaire dans les transports en communs. Parmi elles, 87% affirmaient avoir été victimes de harcèlement dans les transports. C'est d'ailleurs ce qui a poussé, en novembre dernier, la RATP, la SNCF et la région Île-de-France à lancer une grande campagne de sensibilisation. Avec le message "Chaque alerte fait reculer le harcèlement dans les transports", elle visait à faire connaître les numéros d’urgence (3117 et SMS 31 177 ou l’application 3117).


Virginie FAUROUX

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