Depuis un an, les noms des lieux-dits n’existent plus, remplacés par de nouvelles appellations.
Des habitants et des villages refusent cette uniformisation.
C'est le cas en Bretagne, du côté du Plouégat-Guérand.

Connaissez-vous Kerannou ? Il s'agit d'un lieu-dit, peuplé de deux maisons seulement, situé dans la campagne bretonne. Depuis un an, ces noms des lieux-dits n’existent plus, rayés de la carte, remplacés par de nouvelles appellations. Une riveraine ne comprend pas du tout pourquoi son hameau devrait être rebaptisé : "Nous n'avons que deux boîtes aux lettres, la nôtre où il n'y a pas de numéro, et celle des voisins : le facteur s'y retrouve, il n'y a pas de problème", dit-elle dans le sujet en tête de cet article. "On met juste nos noms et cela marche bien".

Seulement voilà, désormais, mettre uniquement son nom sur la boite à lettre sera bientôt interdit par la loi. Cette obligation s'applique à toutes les communes de moins de 2000 habitants. Un crève-cœur pour l'habitante : "Je n'aimerais vraiment pas que cela change", dit-elle. "C'est un lieu-dit où mes parents et mes grands-parents ont vécu (...) c'est familial. Pour nous, c'est très important." À Plouégat-Guérand, la mairie a mandaté La Poste pour proposer de nouvelles adresses aux 140 lieux-dits du village. Rajouter "chemin" ou "route" aux lieux-dits est un non-sens pour le maire et son adjoint, de quoi en perdre son latin... ou plutôt son breton. "C'est dommage d'uniformiser tout", déplore le maire Raymond de Clermont-Tonnerre. "Laissons un peu de place à la poésie des locaux !"

2026, date limite pour les nouvelles adresses

La poésie n’exclut pas la numérotation des maisons. C'est nécessaire pour mieux aiguiller les services d’urgence ou de livraison, surtout en cas d’homonymie sur la commune. Noël, un habitant de Kerlosquet, connait bien le problème, ayant déjà eu une fois l'expérience d'"un camion de livraison qui allait à un autre Kerlosquet".

La mairie et La Poste ont finalement trouvé un terrain d’entente : numéroter chaque maison et distinguer les lieux-dits tout en conservant les noms bretons. Les communes ont jusqu’en 2026 pour livrer leurs nouvelles adresses.


RLV Julie Jeunemaitre, Médéric Pirckher et Aurélie Jenssaine

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