VIDÉO - Les grèves reconductibles ravivent le spectre de la pénurie de carburants

par A.B.
Publié le 3 mars 2023 à 8h52

Source : TF1 Info

Les syndicats ont appelé à mettre "la France à l'arrêt" le 7 mars, pour la prochaine journée de mobilisation contre la réforme des retraites.
La CGT et Solidaires ont également évoqué la mise en place de grèves reconductibles dans plusieurs secteurs.
Et notamment dans les raffineries et les dépôts de pétrole, ravivant la crainte de pénuries de carburants pour les automobilistes.

Ils veulent faire du 7 mars une journée "massive", "inédite" et "inoubliable". Les syndicats, réunis jeudi dans la Loire, ont appelé à "casser la baraque" lors de la nouvelle journée de mobilisation contre la réforme des retraites, mardi, en mettant la France "à l'arrêt" par des mouvements de grève. Au sein de l'intersyndicale, certains, comme la CGT et Solidaires, appellent même à une grève reconductible.

Parmi les secteurs qui pourraient être concernés par ces mouvements : celui des raffineries et des dépôts de pétroles, dont les salariés s'étaient déjà mobilisés en février contre le texte du gouvernement, qui prévoit notamment de décaler l'âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans. Les dépôts de carburant de Flandres (Nord), de Donges (Loire-Atlantique), de Feyzin (Rhône) ou encore de Normandie avaient été largement perturbés, sans toutefois entraver l'approvisionnement des stations-essence en carburants. 

S'adapter pour ne pas manquer

Pour cette nouvelle mobilisation, la CGT Chimie a appelé à cesser le travail dès le 6 mars, envisageant une prolongation de la grève. Une situation qui ravive le spectre de la pénurie d'octobre - lors de laquelle près d'une station sur deux manquait de carburant - chez de nombreux automobilistes. Alors cette fois, beaucoup ont décidé d'anticiper. "J'ai été pris au dépourvu la dernière fois, je suis resté environ une semaine sans essence, là, je vais essayer de m'adapter pour ne pas en manquer", témoigne un jeune automobiliste dans le reportage de LCI en tête de cet article. 

Un autre se veut prévoyant : "Dès que je passe à côté d'une station, si je vois qu'il n'y a pas beaucoup de monde et qu'il y a de l'essence, je fais comme on avait essayé de faire lors de la dernière pénurie, c'est-à-dire rajouter 10, 15 ou 20 euros pour pouvoir aller bosser au moins tous les jours". Un troisième affirme quant à lui faire le plein dès qu'il en a la possibilité et "prévoir en avance", pour éviter de se retrouver bloqué. 

Une inquiétude qui ne semble pour le moment pas justifiée, puisqu'aucune station-service ne manque de carburant à l'heure actuelle en France. Et, si des grèves reconductibles sont envisagées, les stocks d'essence et de diesel sont pour l'heure assez hauts pour ne pas risquer de pénurie. "Dans les premières semaines de 2023, nous avons remonté le niveau des stocks aussi bien dans les raffineries que dans les dépôts et les stations-service. Ça veut dire que nous sommes actuellement à un niveau de stock maximal qui correspond peu ou prou à trois à quatre mois de consommation", rassure Olivier Gantois, président exécutif d'Ufip Énergies et Mobilités. 

"La généralisation des grèves et non la grève générale"

Lors des précédentes journées de mobilisation, la grève dans les raffineries et dépôts de carburant n'avait pas perturbé les livraisons dans les stations-service. Le 31 janvier, alors que la CGT recensait entre 75 et 100% de grévistes dans les sites TotalEnergies, l'approvisionnement en carburant n'avait pas souffert. Le 7 février, la mobilisation semblait même en baisse : la grève n'avait duré que deux jours au lieu des trois initialement prévu, là non plus, sans effet sur les livraisons en essence et diesel.

Pour la mobilisation du 7 mars, la décision de possibles grèves reconductibles sera prise "en fonction de ce qu'il se passera le 7 mars", a précisé la secrétaire générale adjointe de la CFDT, Marylise Léon. De son côté, la CGT a dit vouloir "la généralisation des grèves et non la grève générale" et son secrétaire général a appelé à ce qu'il y ait "un maximum de monde qui ne travaille pas le 7 mars" en enjoignant les "commerçants, les artisans, les petits patrons" à soutenir le mouvement. 


A.B.

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