Mardi soir, le ministre de l'Intérieur a appelé la maire de Paris à réquisitionner des éboueurs pour ramasser les déchets qui s'accumulent à Paris.
Anne Hidalgo a répondu qu'elle n'en avait pas le pouvoir.

Le ministre de l'Intérieur avait mis la pression mardi, et ça n'a visiblement pas fonctionné. Anne Hidalgo "n'a pas le pouvoir" de réquisitionner les éboueurs en grève contre la réforme des retraites et "ne compte pas demander" à l'État d'agir en ce sens, répond-elle ce mercredi au gouvernement alors que les poubelles jonchent les trottoirs de nombreux arrondissements de la capitale. 

"Gérald Darmanin a informé la maire de son intention de lever les blocages et de réquisitionner les grévistes, sachant que la ville n'a pas le pouvoir de le faire", répond ce mercredi matin l'entourage de l'élue socialiste à l'AFP. Soutien du mouvement social, Anne Hidalgo "lui a dit qu'elle ne comptait pas lui demander de le faire et lui a conseillé de privilégier le dialogue plutôt que de passer en force", ajoute la même source. 

Mardi soir, au neuvième jour de la grève reconductible, Gérald Darmanin a donné instruction au préfet de police de Paris de 

demander à la mairie de "réquisitionner" des moyens pour évacuer les quelque 7000 tonnes d'ordures jonchant les trottoirs de la capitale. Si la mairie "ne donne pas suite à la réquisition, l'État se substituera" pour évacuer les poubelles, a-t-on ajouté dans l'entourage de Gérald Darmanin. 

23.000 tonnes ramassées depuis le 6 mars

Dans un courrier mardi, la préfecture de police souligne pourtant, se basant sur le Code général des collectivités territoriales, que "la mairie détient la police de la salubrité sur la voie publique""A ce titre, il est de sa compétence de requérir une entreprise privée ou de réquisitionner les agents pour l'exécution de la mission d'enlèvement des poubelles et ordures", ajoute la préfecture qui peut "dans un second temps" mettre en demeure la Ville de le faire.  

Si cette procédure "reste infructueuse, le préfet de police peut se substituer" à la mairie, "en cas d'urgence lorsque l'atteinte constatée ou prévisible au bon ordre, à la salubrité, à la sécurité publiques l'exige", ajoute la préfecture.  

De son côté, la ville de Paris affirme n'avoir pas reçu de demande formelle de réquisition ce mercredi à la mi-journée. La municipalité affirme avoir mutualisé "tous les moyens dont elle dispose" pour limiter l'accumulation de déchets. "Si rien n'avait été ramassé, nous aurions 30.000 tonnes sur les trottoirs", contre 7000 tonnes actuellement, soit 23.000 tonnes ramassées depuis le début du mouvement, affirme-t-on auprès de TF1 et LCI. En temps normal, 3000 tonnes de déchets sont collectées chaque jour dans la capitale. 


Antoine LLORCA avec l'AFP

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