"La pénurie de carburant va s'intensifier", a prévenu ce lundi la Fédération nationale des industries chimiques de la CGT.
Plusieurs dépôts sont bloqués et des stations-service sont déjà en difficulté dans les Bouches-du-Rhône.
Le gouvernement "n'hésitera pas" à faire faire des réquisitions, selon Clément Beaune.

Si le printemps fait son arrivée ce lundi, c'est le spectre d'une crise comparable à celle de l'automne dernier que des syndicats agitent concernant l'essence.  La grève reconductible face à la réforme des retraites commence en effet à toucher les stations-service. Hors de question de revivre un nouveau blocage, a prévenu le gouvernement. Ce dernier "n'hésitera pas" à faire faire des réquisitions, selon Clément Beaune.

Dans certaines régions, des pompes sont d'ores et déjà à sec. La préfecture du Vaucluse a ainsi décidé lundi de limiter les ventes jusqu'à ce jeudi inclus, afin d'éviter des phénomènes "d'achats préventifs préjudiciables au bon fonctionnement" des stations. À Marseille, certaines stations sont d'ores et déjà fermées, faute de carburants, selon l'AFP.  Selon un relevé du Figaro, 25% des stations étaient à sec dimanche dans les Bouches-du-Rhône, 18,1% dans le Vaucluse et 16,2% dans le Gard. 

"Aucun produit ne sort d'aucune raffinerie aujourd'hui"

En cause ? Des phénomènes "d'achats préventifs", selon la préfecture du Vaucluse, à l'heure où des syndicalistes agitent la menace d'un blocage des raffineries. Au total, la France en compte sept. Si, depuis janvier, des suspensions des expéditions des carburants se sont multipliées sans conséquences notables dans les stations, le passage en force de la réforme au Parlement a changé la donne. La CGT a annoncé samedi la mise à l'arrêt de la plus grande raffinerie du pays, le site TotalEnergies de Gonfreville-L'Orcher (Seine-Maritime). Ailleurs, ce sont des actions qui immobilisent les lieux.

"Aucun produit ne sort d'aucune raffinerie aujourd'hui", a résumé sur franceinfo Emmanuel Lépine, secrétaire général de la Fédération nationale des industries chimiques de la CGT. Dans la raffinerie TotalEnergies de Feyzin en Auvergne-Rhône-Alpes, la production fonctionne, mais les expéditions devaient être suspendues ce lundi matin. Sur le site de Gravenchon, un "arrêt de la production par la grève" est également prévu. Même constat à la raffinerie de Petroineos à Lavéra, dans les Bouches-du-Rhône, où les salariés vont commencer la mise à l'arrêt de la production ce lundi après-midi.

Face à la fronde des syndicalistes, le gouvernement a bandé les muscles. "On ne va pas laisser 65 millions de Françaises et de Français et un pays bloqués par quelques dizaines d'individus. Donc, la grève, (...) c'est évidemment un droit inaliénable, mais le blocage de quelques individus d'un pays (...), ce n'est pas possible", a lâché dimanche Roland Lescure, ministre de l'Industrie. 

Ce lundi, c'est son collègue aux Transports Clément Beaune qui s'est montré rassurant, précisant que dans l'immédiat le gouvernement "prend des mesures d'anticipation" avec des stocks stratégiques "au plus haut niveau". Avant de prévenir : il "n'hésitera pas" à procéder à des réquisitions si des raffineries sont arrêtées.


T.G.

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