Le gouvernement veut signer la fin de "l'intérim mercenaire" chez les médecins.
Le ministre de la Santé, François Braun, a annoncé une revalorisation de près de 20% de la rémunération maximale des médecins intérimaires à l'hôpital public.
À partir du 3 avril, conformément à la loi Rist, les hôpitaux publics ne pourront plus les payer au-dessus du nouveau tarif.

Le plafond de rémunération des médecins intérimaires à l'hôpital sera revalorisé de 20%, a annoncé lundi le ministre de la Santé, face aux craintes de certains établissements de devoir fermer des services en raison de leur manque d'attractivité. Les médecins intérimaires seront désormais payés 1390 euros brut maximum pour 24 heures de travail, contre 1170 euros précédemment (depuis 2016), a indiqué François Braun lors d'un déplacement dans l'Orne.

Il s'agit d'une "remise à niveau par rapport aux revalorisations qui ont eu lieu pour les médecins hospitaliers sur la période", a-t-on précisé au ministère.

69 établissements menacés

À partir du 3 avril, conformément à la loi Rist, les hôpitaux publics ne pourront plus payer les médecins intérimaires au-dessus du tarif maximum, sous peine de poursuites judiciaires. Le gouvernement veut empêcher ce qu'il appelle l'intérim "mercenaire", où des médecins sont payés bien plus que le plafond légal par des directeurs d'établissements acculés par le manque de praticiens. Selon le ministère, le recours à l'intérim représenterait un surcoût de 1,5 milliard d'euros pour les hôpitaux publics. 

La Fédération hospitalière de France, qui regroupe les hôpitaux publics, soutient la démarche du gouvernement. Mais de nombreux établissements craignent de voir les intérimaires les bouder à partir du 3 avril, et devoir fermer des services-clé comme les urgences ou les blocs opératoires. Le Syndicat national des médecins intérimaires hospitaliers (SNMRH) a publié sur son site Internet une liste de 69 établissements à travers la France qui pourraient être amenés selon lui à fermer des services. "C'est toute la survie de nos structures hospitalières publiques, partout en France, petites et moyennes de proximité" qui est en jeu, a affirmé lundi le syndicat dans une lettre ouverte aux élus.

Le montant des primes de solidarité territoriale sera fixé par l'Agence régionale de santé (ARS). Mais au total, le médecin intérimaire venu d'un hôpital de la même région pourrait recevoir "jusqu'à 2200 euros brut" s'il vient travailler 24 heures le week-end, et "1700 euros brut" s'il vient travailler 24 heures pendant la semaine


Romain LE VERN

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